DE LA FORCE DES CHOSES
39. Il y a des gens qui appellent yb/ce des choses une sorte de fatalité aveugle qui conduit les événements indépendamment de tous les eilbrts des homnies, et contre laquelle il est inutile de lutter. D'autres disent : La force des choses n'est que la force des hommes, ce sont les hommes qui font marcher la société dans le sens où ils dirigent leurs eflbrts j il suffit donc de connaître l'avenir par l'étude du passé et de se réunir pour pousser l'humanité dans cette voie.
Qu'y a-t-il de vrai ou de faux dans ces différentes opinions? Essayons de le préciser.
40. Nous avons admis que les hommes, en cherchant à améliorer leur position et à satisfaire leurs goûts, en suivant, à l'égard de leurs semblables, les indications de leur conscience, faisaient marcher la société vers le but qui lui a été assigné \ que néanmoins tous les actes particuliers ne concouraient pas à ce but, parce que la liberté de chaque homme pouvait l'écarter de ses intérêts véritables et le faire agir suivant ses passions ou ses caprices. En d'autres termes, nous avons admis qu'il y a dans tous les hommes une tendance à produire le plus souvent des actes conformes aux desseins de la Providence, mais à en produire aussi, en bien moindre nombre, de contraires à ces desseins.
Cela posé, cherchons à apprécier l'effet de cette ten-