DE CE QU'ON APPELLE CHATIMENT DE DIEU
67. Lorsque de grands malheurs arrivent à un homme qui a commis de mauvaises actions que la justice humaine n'a pu atteindre, on les regarde généralement comme infligés par la justice de Dieu^ on les appelle des punitions du ciel.
Il en est de même pour un peuple. Lorsqu'il cesse de marcher dans la voie providentielle, que la corruption des chefs a gagné peu à peu tous les degrés de la société, que l'égoïsme a étouffé tous les sentiments généreux, que le dévouement à la patrie est éteint et remplacé par la servilité et la flatterie envers le pouvoir, on peut prédire avec assurance que ce peuple marche à une catastrophe quelconque , et, lorsqu'elle sera arrivée, on l'appellera généralement un châtiment de Dieu .
Cette opinion est-elle fondée, et dans quel sens doit-elle être entendue?
Le vulgaire des croyants pense que Dieu s'occupe continuellement des pensées et des actes les plus minutieux de tous les hommes, que tantôt il les préserve de dangers, tantôt les laisse y succomber, quelquefois leur inspire des pensées salutaires, d'autres fois les laisse succomber à la tentation du crime , et qu'enfin, lorsque les fautes d'un individu ou d'un peuple ont mérité sa colère, il leur inflige un sévère châtiment pour les corriger ou les perdre.
Nous ne partageons pas cette croyance 5 nous admettons le châtiment de Dieu , mais voici comment nous l'entendons.
Le Créateur a donné à l'homme l'instinct qui le porte