‹ Des méthodes dans les sciences de raisonnement (volume 5)Chapitre 9 sur 219 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

DONNÉES EXPÉRIMENTALES ET PROPOSITIONS GÉNÉRALES RELATIVES A L ÉQUlLIBilE DES FORCES.

9. Les propositions que nous allons établir ne devront pas être présentées toutes immédiatement aux commençants : trop de généralité dès le début produit presque toujours du vague et de l'obscurité, et l'on ne se rend pas assez <ouqjte de ce que l'on admet sur des choses que l'on n'a |)as encore pratiquées.

Mais dans un Ouvrage comme celui-ci, qui n'est pas destiné à ceux qui n'ont encore aucune notion sur les matières qui y sont ti'aitées, il nous a paru convenable de présenter dans leur ensemble les principes qui sont la base de la science, et qu'on applique à chaque instant dans les circonstances les plus vaiiées. Il peut être sage, dans un premier enseignement, de n'introduire chacun d'eux qu'au momenl où il est devenu indispensable; mais, quand on a suffisamment étudié les détails, il est bon de réfléchir sur leur enchaînement, et de se rendre compte de l'ensemble des données premières, et des principes qui ont guidé dans les déductions.

10. Premier principe. — Lorsqu'un système de jioints est en équilibre^ on ne détruit pas cet état en fixant un ou

plusieius fie ces points, ou en établissant entre eux des liaisons nouvelles.

En elTel, on nintroduit ainsi aucune force; on donne seuleinenl des moyens de détruire certaines forces nouvelles que Ton introduirait dans le système.

Nous admettrons encore, soit comme évident de soimêmC; soit comme résultat de l'expérience, que lorsqu'un système de points est en équilibre, cet état subsisterait encore si l'on ajoutait de nouveaux points, ou qu'on en supprimât, pourvu que toutes les liaisons primitives ne fussent pas altérées. Ainsi, en supposarit le système entièrement rigide, ce que nous désignerons quelquefois sous le nom do corps solide, on pourra y lier ou en retrancher une quantité (le matière quelconque, pourvu que les points auxquels sont appliquées les forces ne puissent changer leurs distances mutuelles, et qu'aucune force nouvelle ne soit introduite; et l'équilibre ne sera pas troublé : de sorte qu'on n'a à s'occuper que du système des points d'application et de leurs liaisons extérieures, indépendamment de la matière (]ui compose le corps, et de la forme qu'on lui donne.

11. Deuxième principe. — Si divers systèmes de forces appliquées à un système de points liés entre eux et au système invariable d'une manière quelconque, y sont séparément en équilibre, et que les liaisons soient susceptibles de produire des résistances indéfinies, ils seront en équilibre quand ils y seront appliqués simultanément.

Ainsi, dans un système sur lequel certaines forces sont en équilibre, on peut, sans le rompre, introduire de nouvelles forces qui seraient en équilibre sur ce système, si elles y étaient seules.

On peut aussi évidemment suj^jirimcr des forces (jui sont détruites par les efforts qu'elles font naître dans ce svstème nialériel. Mais il ne suffirait pas de s'assurer qu'elles

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