‹ Des methodes generales d'operation de la cataracte et en particulier de l'extraction lineaire composeeChapitre 5 sur 13 · CONSIDÉRATIONS HISTORIQUES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS HISTORIQUES

Les premiers essais accomplis dans le commencement de ce siècle, principalement par Gibson (1) et par Travers (2), pour appliquer l'extraction linéaires aux cataractes dures, réservées jusqu'alors à la méthode à lambeau, ne tardèrent pas à démontrer les dangers auxquels on s'expose lorsqu'on veut forcer l'expulsion du cristallin à travers un passage trop étroit. L'inégalité entre la grandeur de la cataracte et l'exiguité de l'ouverture de la cornée déterminait une contusion violente de l'iris et des bords de la plaie, et par suite compromettait gravement la guérison. Pour éviter ces inconvénients, on eut la pensée d'agrandir l'incision et de faciliter l'issue de la lentille par l'emploi d'instruments à traction .

En 1859, M. de Grsefe (3) proposa de combiner à l'opération l'excision d'une partie de l'iris, pour soustraire cette membrane aux dangers de la contusion et rendre plus facile l'introduction d'une curette assez semblable à la curette de

(1) Pradical Observations on the formation of an artificial pupil in several deranged states of the eye, to wich are annexed Remarks on the extraction ofthe soft cataract, and thèse of the membraneous kind, through apuncture of the cornea. Illustrated by plates. London, 1811.

(2) Medico-chirurgical Transactions of London, 1814.

(3) Archiv fûr Opthalmologie; 1859, V, I, p . 158.

Daviel, mais plus large et moins creuse, qui devait servir à attirer le cristallin au dehors. C'est de ce moment que date l'application véritable de l'extraction linéaire au traitement des cataractes séniles. Cependant M. de Grœfe voulait réserver ce procédé à certaines variétés de cataracte, dont le noyau est de grandeur moyenne et la substance corticale ramollie, et particulièrement lorsque l'extraction en lambeau est contre-indiquée par des raisons de santé générale.

M. Waldau (ScbLuft) (l) entreprit de généraliser la méthode, en comprenant dans ses indications toutes les cataractes dures. Il fit usage d'une curette plus volumineuse que celle de M. de Graefe, qui permettait d'embrasser le noyau dans sa totalité, et de l'amener plus facilement au dehors à travers l'incision linéaire pratiquée au bord externe de la cornée. Mais l'introduction de cet instrument en arrière de la lentille exposait à luxer la cataracte et à contusionner l'iris.

Le procédé linéaire, essayé par bon nombre d'opérateurs distingués, menaçait donc de tomber dans un complet discrédit, lorsque M. Critchett, chirurgien du Royal London oplithalmic Ilospital (Moorfields), publia un mémoire sur les modifications qu'il avait apportées à l'extraction par curette de Waldau, et et qui changeaient complètement la physionomie de l'opération (2). Il faisait une incision plus longue, au moyen d'un large couteau lancéolaire coudé, et il la pratiquait au bord supérieur de la cornée, pour que la déformation de la pupille par l'iridectomie se trouvât cachée sous la paupière supérieure. En outre, il remplaçait la curette de "Waldau par une autre curette bien moins épaisse, et n'ayant de rebord qu'à son extrémité inférieure. Peu de temps après, M. Bowman (3)

(1) Die Auslôfflung des Staares, ein Neues Verfahren. Berlin, 1860.

(2) Annales d'oculistique, t. LIT, p. 115, sept.-oct. 1864.

(3) Ophthalmic Hospital Reports, vol. 14, p. 332. 1865.

imagina une autre forme de cuiller très-mince à son extrémité et un peu recourbée sur les côtés, qui lui parut offrir au plus haut point l'avantage d'une introduction facile et sûre.

Malgré ces modifications importantes, qui distinguent le procédé anglais {spoon extraction) du procédé primitif, l'extraction par curette ne pouvait pas prétendre à remplacer d'une manière complète l'extraction à lambeau. Elle exige, à la vérité, un traitement consécutif plus court et plus simple, mais le nombre des yeux entièrement ou presque entièrement perdus est à peu près le même qu'après l'opération de Daviel, et le nombre des guérisons imparfaites est beaucoup plus considérable qu'à la suite de cette dernière. Tandis que, dans la méthode à lambeau, 10 p. "/o seulement des cas réclament des opérations consécutives pour rendre aux malades une bonne force visuelle, l'extraction par curette les rendrait nécessaires dans 24 p. °/o des cas (1).

Les choses en étaient là lorsque M. de Graefe (2), par des études continuelles, et en mettant à profit les recherches des éminents chirurgiens de Londres et les idées de M. Jacobson sur les avantages des plaies périphériques, fut amené à proposer son procédé d'extraction linéaire des cataractes séniles. Avant de le décrire, j'entrerai dans quelques détails sur les dénominations qu'il a reçues, et sur celle qu'il me paraît plus convenable de lui imposer.

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