‹ Des méthods dans les sciences de raisonnementChapitre 137 sur 198 · QUELQUES MOTS SUR DEUX IMPORTANTES QUESTIONS DE MOUVEMENT · texte numérisé non relu

QUELQUES MOTS SUR DEUX IMPORTANTES QUESTIONS DE MOUVEMENT

293. L'objet que nous nous sommes proposé dans cet Ouvrage a été de montrer comment la jC(e«ce des forces a pu devenir ce que nous avons nommé une science de raisonnement. Pour cela, nous avons d'abord établi, au moyen de l'expérience, les données fondamentales et les principes auxquels nous avons attribue un caraclère de généraiiié absolue. Nous n'avons pas dissimulé que celte généralité a quelque cbose d'hypothétique, et n'est qu'une grande probabilité, suffisante pour servir de point de départ, mais qu'il est bon de conlîrmer, quand cela se peut, par l'accord de ses conséquences avec les faits observés.

En admettant ces données comme certaines, nous sommes parvenu par un enchaînement de propositions évidentes à ramener toutes les questions dépendant de l'action des forces, à de pures questions de géométrie et de calcul : eu d'autres termes, la science des forces a été ramenée aux deux sciences précédemment étudiées, celles des nombres et de l'étendue. JVous pouvions donc regarder notre objet comme entièrement rempli; mais nous avons cru utile de déduire, de la formule qui renfermait la science entière, certaines propositions générales, intéressantes par elles-mêmes et utiles dans la solution de beaucoup de questions importantes. Toutefois nous n'avons pasjugé à propos d'entrer dans le détail de problèmes particuliers, si utiles cependant pour l'intelligence parfaite des tbéorîes gêné-

raies, mars pour lesquels nous avons cru devoir renvoyer aux Traités spéciaux.

Néanmoins, parmi toutes les questions auxquelles la théorie générale pouvait être appliquée, il en est deux dont nous ne pouvons nous dispenser de dire au moins quelques mots.

La première se rapporte au niouvemenl d'un système rigide composé d'un nombre flni ou inflni de points, et formant ce qu'on appelle un corps solide.

La seconde se rapporte au contraire à un système de points libres, sans aucune liaison entre eux, mais exerçant les uns sur les autres des actions mutuelles égales et de sens contraire, dirigées suivant la droite qui les joint.

Cette dernière question est celle du mouvement relatif des planètes, considérées comme réduites à de simples points matériels, ce qui esl suffisamment approché,

La première se rapportera au mouvement réel de chaque planète, en ayant égard à sa forme et à ses dimensions.

Nous ne nous proposons que d'indiquer Irès-succinclement la marche suivie pour la solution de ces deux questions générales, notre but n'étant toujours que de faire connaître l'enchaînement des principes et des propositions qui constituent les éléments de chaque science. Nous nous occuperons d'abord du mouvement d'un corps solide sollicité par des forces quelconques, et nous le considérerons dans trois conditions différentes : nous supposerons en premier lieu, que deux de ses points sont fixes, de sorte qu'il ne puisse que tourner autour de la droite qui les renferme; nous supposerons ensuite qu'un seul de ses points est fixe, et enfin qu'il est entièrement libre.

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