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DE L ÉCLAIRAGE

Parmi les opérations délicates , qu'exige l'exploration de la nature , l'observation microscopique occupe à juste titre , une des premières places. Il suffît d'avoir fait quelques recherches avec le microscope, pour être convaincu de cette vérité.

Long-temps on a pensé que les découvertes microscopiques n'étaient qu'illusion ; n'a-t-on pas vu les savans les plus distingués , nier la circulation du sang , celle de la sève , l'existence des animalcules spermatiques et de l'acarus scabiei si bien connus maintenant ?

D'un autre côté , de patiens et habiles observateurs , fesaient chaque jour des découvertes et attestaient l'utilité et la précision de l'instrument. Toutes ces opinions si diverses pouvaient être fondées. Aujourd'hui que la science microscopique est parvenue à un si haut degré de perfection , on sait que l'exactitude des observations , dépend entièrement de trois conditions fondamentales. 1° Un bon instrument, 2° la préparation des objets, 3° un éclairage convenable. C'est dans l'inobservation de ces règles , qu'il faut chercher les principales sources d'erreur.

Dans presque toutes les micrographies , on trouve un chapitre spécial consacré à l'éclairage. Les auteurs ne se sont pas bornés à donner des conseils sur la manière de distribuer la lumière , ils ont encore indiqué des procédés particuliers et les physiciens

les plus habiles ont payé leur tribut à cette question importante qui s'agite encore aujourd'hui.

Nous suivrons l'exemple de nos prédécesseurs. Guidés par leurs travaux , sans négliger notre propre expérience , nous espérons donner une histoire exacte de l'éclairage primitif, des modifications qu'il a subies et des différens procédés proposés par nos contemporains.

Pour arriver à bien diriger la lumière , il faut connaître ses propriétés ainsi que les modifications qu'on peut lui faire éprouver ; aussi , nous conseillons de lire attentivement les notions d'optique placées en tête de cet ouvrage.

La nature différente des objets soumis au microscope , exigera nécessairement des changemens dans la lumière. Nous examinerons successivement l'éclairage des corps transparens et celui des corps opaques. Ces deux grandes divisions si importantes à notre sujet, nous permettront d'éviter toute confusion.

Il est inutile de séparer l'éclairage du microscope simple, de celui du microscope composé ; les procédés applicables à l'un de ces instrumens, conviennent également à l'autre et s'il existe quelques exceptions , le lecteur comprendra facilement ce dont il s'agit, car nous chercherons toujours à donner à nos descriptions, toute l'exactitude nécessaire,

De l'éclairage des objets transparens.

La transparence des différens corps soumis à l'examen microscopique , est excessivement variable. Quelques uns, sont complètement diaphanes , d'autres sont presque opaques. On rencontre sur les mêmes corps, des parties d'une transparence parfaite et d'autres qui le sont beaucoup moins; enfin pour abréger, tous

les degrés de translucidité imaginables, peuvent exister dans ces corps.

Mais, on n'ignore pas que les objets les plus opaques, peuvent devenir transparens après avoir été soumis à certaines préparations. L'or, par exemple, est loin d'être translucide, cependant , réduit en feuilles excessivement minces , il permet à la lumière de le traverser ; les pierres , les bois, etc., se trouvent dans le même cas ; certains corps peu transparens , acquièrent cette propriété lorsqu'ils sont plongés dans certains liquides. L'explorateur intelligent peut retirer les plus grands avantages de ces espèces de transformations.

Néanmoins , nous suivrons notre première division , en observant toutefois , que parmi les corps transparens , nous distinguerons ceux qui jouissent au plus haut degré de cette propriété , de ceux qui présentent certaines parties opaques ou qui semblent se rapprocher davantage de cette dernière catégorie.

La forme et les dimensions d'un objet, peuvent encore exiger des modifications dans le procédé opératoire. Une surface qui paraît parfaitement plane à l'œil nu , semble se transformer sous le microscope et présente mille accidens, d'innombrables aspérités qui projetteront des ombres, formeront des points opaques et ne deviendront visibles , qu'autant qu'on modifiera la lumière.

Il faut donc examiner successivement un même, objet en variant l'éclairage, car, dit le docteur Hooke, il est difficile dans certains corps, de distinguer une éminence d'un enfoncement, une ombre d'un point noir ; quelquefois , une partie peut paraître blanche et ne devoir cette apparence qu'à un jeu de la lumière. Il faut aussi remarquer, que certains objets se perdent, sont inondés par une quantité de lumière à peine suffisante pour en éclairer d'autres.

À l'époque actuelle , nous employons trois procédés pour éclairer les corps transparens.

1° Lumière directe.

2° Lumière réfractée.

3° Lumière réfléchie.

Les premiers observateurs ne pouvaient commander à la lumière , privés qu'ils étaient des connaissances que nous possédons aujourd'hui. L'éclairage direct était exclusivement employé. On dirigeait l'instrument vers un point plus ou moins lumineux et l'on procédait aux recherches. Wilson ajustait à son microscope de poche , un verre convexe destiné à concentrer les rayons lumineux sur l'objet. Nous remarquerons aussi qu'il appliquait sur ce condensateur , des plaques percées d'ouvertures variables pour modérer la lumière, en un mot, de véritables diaphragmes. Une modification importante apportée à la construction de ce microscope , fut l'introduction d'un réflecteur concave placé au dessous du verre convexe pour éclairer les corps transparens.

Voilà en peu de mots , un exemple des trois espèces d'éclairage.

Mais on n'emploie pas seulement la lumière naturelle , souvent on fait usage de la lumière artificielle fournie par une lampe ou une bougie ; cette dernière, donne une flamme vacillante qui fatiguerait trop l'observateur et nuirait à l'exploration. Quelques micrographes préfèrent cette lumière et dans plusieurs cas , elle offre certainement de grands avantages. Nous verrons plus loin, les essais qu'on a tentés pour modifier la lumière artificielle. Actuellement, exposons les diverses manières de disposer l'éclairage dans nos appareils. Nous commencerons par la lumière réfléchie, qui est employée le plus généralement.

La chambre dans laquelle on fait ses observations , doit autant que possible , n'être éclairée que par une seule croisée ; s'il y en avait deux et surtout, qu'elles fussent opposées l'une à l'autre, il faudrait en fermer une au moyen de volets ou d'un store épais. La table qui supporte l'instrument sera placée dans la partie la

plus obscure de la pièce et le miroir dirigé vers la fenêtre. Toutes ces précautions ont paru nécessaires pour éviter l'arrivée de la lumière latérale sur les objets, le miroir ou l'œil de l'observateur. On a prétendu que dans la plupart des cas, on ne devait pas employer la lumière réfractée ou réfléchie directement par les nuages, mais autant que possible, les rayons réfléchis secondairement par un mur blanc situé en face de la croisée. Nous n'adoptons pas entièrement ce principe; nous verrons même , que la lumière du soleil peut être quelquefois très utile , quoi qu'en disent tous les auteurs qui la rejettent absolument.

Dans le but de n'admettre sur le miroir réflecteur, que la quantité de lumière nécessaire , on a encore proposé avec raison , de fermer complètement le volet de la fenêtre en y ménageant une ouverture arrondie, pour donner passage aux rayons. On peut obtenir un effet à peu près semblable en entourant le microscope d'une espèce d'écran ou de paravent percé vis à vis du miroir. On voit qu'il s'agit de n'admettre sur le réflecteur que les rayons directs. En effet, si on laisse arriver des rayons de tous côtés, l'image sera moins nette et la vision parfaite impossible.

Si l'on emploie la lumière artificielle , il convient d'entourer la lampe, d'un réflecteur parabolique qui dirige les rayons sur le miroir et s'oppose à ce qu'ils ne se portent sur d'autres points.

Il s'agit maintenant de régler la position du miroir.

Lorsque la lumière arrive directement, le réflecteur doit former avec elle un angle d'environ 45° et n'être incliné ni à droite ni à gauche, à moins de circonstances particulières que nous expliquerons. On applique alors l'œil contre l'oculaire de l'instrument et après quelques essais , on parvient à [diriger le miroir de manière à ce qu'il condense tous les rayons sur l'objet.

Quelques personnes, ne sauraient tenir un œil fermé , sans éprouver une grande fatigue et d'ailleurs, il arrive que dans la

position horizontale de l'instrument, le jour qui se trouve directement en face, fait encore impression sur la rétine à travers le tissu des paupières. On a conseillé l'usage d'une paire de lunettes garnie d'un seul verre noir qui se place sur l'œil qu'on doit tenir fermé. Ce moyen peut être employé, mais nous pensons, que lorsqu'on n'a pas l'habitude de porter lunettes, on préférera le disque de M. Amici; ce disque est en carton noirci, percé dans son centre d'une ouverture qui donne passage à l'oculaire sur lequel on le fixe. On a le double avantage d'éviter l'impression de la lumière sur les deux yeux.

11 nous paraît important d'observer, que lorsqu'on emploie la lumière artificielle^ la distance de la lampe au miroir, doit être égale à celle de ce dernier à l'objet; nous avons toujours reconnu que ce moyen rendait l'éclairage plus parfait. On ne peut observer ce précepte quand on fait usage de la lumière naturelle.

Nous voici donc arrivés à condenser les rayons sur l'objet. C'est alors qu'il importe de bien disposer toutes les pièces de l'appareil illuminant.

Si l'objet est très transparent, une trop grande abondance de lumière, loin de l'éclairer davantage, le rendra presque invisible , surtout s'il a peu d'étendue. C'est au moyen des diaphragmes variables, fig. 44 et 45, pi. lre, que l'on parvient à modérer la lumière. En fesant passer successivement toutes les ouvertures sous l'objet, on trouvera bientôt celle qu'il faut préférer. 11 est nécessaire en même temps , de faire mouvoir la platine , car le foyer des lentilles éprouve une petite variation proportionnée au plus ou moins d'éclairage. Si l'objet est très transparent et présente une grande surface, il faut baisser on supprimer la pièce qui porte le diaphragme, de manière à laisser un large passage à la lumière; quelquefois , on pose sur le miroir, un disque de carton blanc ou de plâtre de mouleur qui réfléchit sur l'objet, une lumière beaucoup plus douce.

On peut également couvrir le réflecteur d'un morceau de papier huilé.

A une époque plus éloignée, on posait sur le miroir, des cercles en papier ou en métal dont les ouvertures étaient plus ou moins grandes, mais aujourd'hui, les diaphragmes variables dispensent de l'emploi d'un pareil moyen.

Nos miroirs sont doubles; sur la face opposée au réflecteur concave , nous plaçons une glace plane qui , dans le cas où une clarté trop vive est nuisible, envoie sur l'objet des rayons parallèles ou divergens et donne cependant une lumière plus forte que le carton blanc. Nous verrons plus loin que ce miroir plan combiné avec des lentilles convenablement disposées, fournit un nouveau moyen d'éclairage.

Si l'objet présente des parties plus ou moins épaisses, des éminences, etc.* etc., il convient d'augmenter l'intensité de l'éclairage.

S'agit-il de distinguer des stries saillantes, des cils, des mamelons ; on y parvient en inclinant un peu le miroir à droite ou à gauche, pour réfléchir sur l'objet une lumière oblique et produire des ombres qui trahiront les plus faibles saillies.

Nous avons souvent assisté aux recherches de M. Schultz. Cet habile observateur nous surprit grandement par sa manière de faire manœuvrer le miroir. Il l'agitait souvent et dans tous les sens. Nous avions peine à comprendre que cette mobilité pût lui permettre de voir distinctement les objets , mais il nous fut bientôt démontré , que ces variations imprimées à la lumière , facilitaient considérablement l'exploration en fesant naître des réfractions variées dans l'intérieur des objets transparens, ou des ombres successives sur tous les points du champ et les diverses faces du corps soumis au microscope.

D'après ce que nous venons de dire, on concevra, que toutes les fois que des objets auront des propriétés opposées, il faudra mettre la même différence dans l'éclairage.

Nous pouvons déjà poser comme règle générale ; que plus un objet est transparent, moins il faut de lumière.

Les objets qui réfléchissent la lumière blanche ou qui ont une grande force réfléchissante, sont dans le même cas.

Ceci nous conduit naturellement à parler de la lumière solaire.

Lorsqu'on veut, étudier des corps infiniment petits, ou les détails d'un objet dont on connaît l'ensemble, on est forcé d'employer des grossissemens plus énergiques. Mais l'intensité de la lumière est toujours en raison inverse de la puissance amplifiante ; la quantité de lumière indispensable pour éclairer les objets sous un grossissement de 200 fois, ne sera pas suffisante pour les mêmes objets soumis à un grossissement de mille fois ou plus.

Il est évident, que dans une telle occurrence, on aura souvent besoin de la lumière la plus vive, c'est-à-dire des rayons solaires. Si les auteurs ont repoussé ce genre de lumière, c'est qu'ils n'avaient pas considéré la question sous le même point de vue , c'est qu'ils n'avaient pas réfléchi, qu'il est toujours possible de modérer la lumière la plus intense, de manière à lui conserver cependant une énergie suffisante pour rendre distincts les plus petits corps.

La lumière solaire pourra remplacer tous les procédés d'éclairage destinés à augmenter la clarté, lorsqu'on fait usage des plus fortes lentilles ; mais ces rayons éclatans fatiguent bientôt l'organe de la vue et de pareilles observations ne tarderaient pas à en altérer la puissance. Au moyen d'une pièce garnie de verres colorés , qui se visse à volonté au dessus des lentilles , nous avons obtenu les plus beaux effets, tout en évitant les dangers qui pouvaient résulter de l'emploi des rayons solaires. L'expérience apprendra combien il était peu rationnel de se priver d'un moyen d'investigation aussi important.

On peut visser plusieurs de ces verres colorés au dessus des

lentilles et tempérer ou augmenter l'éclairage en variant leur nombre ou leur coloration.

Les précautions indiquées pour la lumière naturelle s'appliquent également à la lumière artificielle. Quant à l'éclairage au moyen de la lumière directe et réfléchie , il n'y a de différence que dans la manière de recevoir les rayons.

Pour la lumière directe, on dirige vers la croisée l'extrémité objective de l'instrument et la platine, les rayons lumineux tombent alors directement sur l'objet. Si Ton se sert de la lampe, il faut l'approcher de la platine autant qu'il sera possible. On peut l'employer pour examiner des objets renfermés dans nos boîtes en verre et toutes les fois qu'il n'est pas besoin d'une très vive lumière.

Si on voulait augmenter son intensité, il faudrait recourir à l'éclairage par réfraction, et remplacer le miroir concave, par une loupe ou un système de lentilles qui réfracterait les rayons et les réunirait sur l'objet. Les verres colorés dont nous avons déjà parlé, peuvent encore trouver ici des applications.

Mais l'éclairage par réflexion est le plus habituellement employé; c'est surtout à cette méthode que s'appliquent toutes les modifications , toutes les inventions plus ou moins avantageuses qu'on a proposées à différentes époques.

La première tentative importante pour modifier l'éclairage, appartient au docteur Brewster, elle fut faite en 1820.

Il posa d'abord en principe , que toutes les fois qu'on pourrait obtenir une vive lumière, il conviendrait d'employer des rayons homogènes et pour y parvenir, il indiqua deux procédés ; la décomposition prismatique et les verres colorés.

A la même époque, ce savant docteur décrivit un nouveau mode d éclairage appliqué aux microscopes solaire et lucernal.

« Les grands défauts , dit-il , qui existent encore dans ces microscopes, prennent leur source dans l'éclairage imparfait. Le

procédé indiqué par iEpinus et presque généralement usité parles opticiens, est bon, jusqu'à un certain point. Il consiste à concentrer au moyen d'une lentille, les rayons réfléchis par une glace plane. Mais comme la lumière n'arrive que dans une seule direction, la surface de l'objet éclairé est couverte d'ombres épaisses et l'intensité de l'éclairage complètement insuffisante lorsqu'on emploie de fortes amplifications. »

Sir D. Brewster proposa en conséquence, de faire arriver sur l'objet, la lumière du soleil ou d'une lampe à travers quatre ouvertures garnies d'autant de lentilles, de manière à obtenir quatre cônes lumineux qui éclaireraient l'objet par quatre points différens; on pouvait aussi, fermer à volonté une ou plusieurs ouvertures pour modérer l'éclairage, etc. Gomme ce procédé n'a pas été généralement adopté et que nous n'avons pu en apprécier les avantages, nous laisserons écouler dix années, pour arriver à l'œuvre de Wollaston dont la puissante imagination brille toujours dans la voie des perfectionnemens .

Dans son mémoire sur le doublet microscopique (Phîl. trans., 1829) cet infatigable philosophe écrivait

« Pour l'éclairage des objets microscopiques, toute lumière

concentrée et dirigée vers l'œil, à l'exception de celle qu'exigent indispensablement les lentilles objectives, empêche plutôt la vision distincte, qu'elle ne vient à son aide. »

a J'ai cherché à réunir en un foyer correspondant au plan de l'objet, autant de lumière qu'il était possible de le faire par des moyens simples. Dans cette intention , je me suis servi avec succès d'un miroir plan pour diriger la lumière, et pour la condenser, d'une lentille piano-convexe dont le côté plan était tourné vers l'objet qu'on voulait illuminer. »

Vient ensuite la description de l'appareil, auquel s'adaptait le doublet dont nous avons parlé dans le chapitre microscope simple.

« T.U.B.E, pi. lre, ftg- 44>, est un tube d'environ six pouces

de long et d'un diamètre suffisant pour exclure toute réflexion de fausse lumière produite par ses parois ; la meilleure manière de parer à cet inconvénient, est de noircir l'intérieur du tube. Au sommet ou à l'intérieur de ce conduit, en un point peu éloigné du sommet, se trouve une lentille piano-convexe E,ï, ou une lentille composée de manière à présenter le moins d'aberration possible ; son foyer sera d'environ 3/4 de pouce et son côté plan dirigé vers l'objet. A la partie inférieure du tube, est une ouverture circulaire A, d'un diamètre d'environ 3/10es de pouce, destinée à limiter la lumière réfléchie par le miroir plan R qui donnera en un foyer a, une image nette de [ouverture A., environ à 8/1 0es de pouce de la lentille ET et dans le plan de Cobjet. »

« On peut varier quelque peu la longueur du tube et la distance de la lentille convexe à l'ouverture. La longueur de six pouces que je donne ici, est celle qui m'a paru convenir le mieux à la hauteur de l'œil placé au dessus de la table. L'image de l'ouverture A ne doit pas excéder l/20e de pouce, excepté dans les cas où l'on emploierait de plus faibles grossissemens. »

« L'intensité de l'éclairage dépendra du diamètre de la lentille illuminante et du rapport de l'image à l'ouverture ; l'observateur pourra la régler à son gré. »

« La lentille E,T, ou l'ouverture A, seront disposées de

manière à ce qu'on puisse varier la distance qui les sépare et amener ainsi l'image de l'ouverture dans le même plan que l'objet. Le soir, une lanterne ordinaire à œil de bœuf, présente de grands avantages »

Nous terminerons par un dernier mot de Wollaston: les véritables amateurs nous pardonneront ces longueurs qu'ils jugeront indispensables à notre sujet.

« Supposons , dit Wollaston, que la lentille piano-convexe soit placée à distance convenable du porte-objet; on amène facilement l'image de l'ouverture dans le plan de l'objet, en fixant tem~

porairement avec de la cire, un petit fil métallique en travers de l'ouverture ; on regarde alors, un objet placé sur la platine en variant la distance de l'ouverture à la lentille, jusqu'à ce qu'on voie à la fois et nettement, l'objet et le fil métallique. »

Cette nouvelle méthode produisit une vive sensation ; le docteur Goringdansses Microscopic illustrations, Exord. , p. 1. Londres 1830., la place au rang des inventions qui ouvrirent une voie nouvelle au microscope et dit positivement ; qu'aucune modification de l'éclairage par la lumière naturelle * n'est supérieure à celle du docteur Wo Hast on.

Le docteur Brewster publia en 1831, un article (Edimburgh^ Journal of 'Science, new séries, n. 11, p. 83) dans lequel il signalait des erreurs commises par Wollaston. Mais le savant physicien anglais basait sa critique sur une figure défectueuse gravée dans les Transactions philosophiques. Il suffit de lire attentivement le mémoire de Wollaston pour se convaincre de l'inexactitude de la planche. Aussi donnons-nous la figure telle que nous la trouvons dans l'optiquedu docteur Brewster. (Cabinet cyclopœdia.) MM. Potier, Pritchard et le docteur Goring, firent aussi des expériences sur le même sujet.

Occupons-nous maintenant de l'appareil que fit construire le docteur Brewster d'après les principes de Wollaston.

Soit m, n, la surface plane sur laquelle se place l'objet, soit P, Q,R,S,T, un tube d'un pouce et demi à deux pouces de long, complètement tapissé de velours noir. S,T, est une ouverture pratiquée dans le tube qui doit être mobile dans tous les sens de manière à ce qu'on puisse varier son inclinaison relativement à la surface m, n, depuis 90° ou sa position ordinaire, jusqu'à 60° et moins suivant les circonstances. A,B,G,D, est un doublet qu'on appelle en Angleterre, sans aberrations, dont le foyer est à peu près d'un demi pouce à un pouce ; au moyen d'une crémaillère qui le fait mouvoir, on amène le foyer des rayons parallèles F ou le foyer

conjugué des rayons divergeas , en un point situé sur le plan m, n. Un peu plus bas, se trouve le miroir métallique planM,L,N, qui réfléchit sur le doublet A,B,C,D, les rayons parallèles ou divergens qui pénètrent par l'ouverture S,T ; on remplace quelquefois ce miroir par un bon prisme rectangulaire. La flamme est placée en S'. Aussi près que possible de la lumière, est un pied qui supporte un écran percé d'ouvertures de différentes grandeurs. Si l'on a besoin d'une lumière plus vive, on condense les rayons S'A', S'B\ et on les rend parallèles au moyen d'un autre doublet sans aberration A'B'C'D'.

M. Brewster ajoute qu'il faut avec cet appareil, employer une lumière homogène. Si toutefois on se sert de la lumière ordinaire, il est nécessaire, dit-il , « que les doublets ABCD, A'B'C'D', soient achromatiques. »

11 paraît que les doublets dits sans aberrations, ne jouissent pas de cette propriété.

Pour éviter qu'on ne voie d'autres parties du champ que celles occupées par l'objet, M. Brewster engage les observateurs à placer sous m, n, des diaphragmes qui varieront suivant les circonstances.

Nous n'expliquerons pas la manière de se servir de l'appareil ; il suffit de comprendre le mémoire de Wollaston et de savoir que la mobilité du tube PQRS, permet d'envoyer sur le plan m, ?i, un éclairage plus ou moins oblique.

Il est encore inutile de parler de la lumière monochromatique proposée par le docteur Brewster ; ce procédé qui paraît affaiblir l'intensité de la lumière, était principalement applicable aux microscopes non achromatiques et ne rentre aucunement dans notre sujet. Nous ne mentionnerons que la modification apportée à l'appareil de Wollaston par M. Goring.

Il établit d'abord ( Microscopic cabinet, page 169), que pour se servir avantageusement de cet éclairage, il faut employer des

rayons divergens et que si l'objet présente des stries, il doit être placé un peu hors de l'axe et conséquemment, recevoir des rayons obliques. Pour cela, il suffit d'élever le support de manière à placer l'objet au dessus du foyer de la lentille.

M. Pritchard conseille d'ajouter un diaphragme sur l'ouverture supérieure.

Lafig. 48, pi. lre, représente, l'instrument du docteur Goring.

C,D est un tube, I une lentille et S un diaphragme d'environ 1/10 de pouce, placé au foyer de la lentille.

M. Pritchard met quelquefois en D, un second diaphragme qu'il considère comme fort utile lorsqu'on examine des objets délicats.

Le 17 septembre 1838, M. Dujardin présenta à l'Académie des Sciences , un appareil pour éclairer les objets vus par transparence. M. Dujardin est parti du même principe que Wollaston et Brewster ; le but de sa combinaison est de faire tomber le foyer des rayons lumineux exactement sur l'objet. La lumière réfléchie par le miroir est bien suffisante pour les microscopes que Ton construit aujourd'hui. En étudiant les corps les plus difficiles que l'on a nommés test-objects, on est souvent forcé de faire naître des ombres pour bien distinguer tous les détails. Au surplus, on obtient un éclairage très intense en employant la lumière du soleil modérée plus ou moins , par nos verres colorés. Le jour où l'on parviendra à augmenter la puissance du microscope , il deviendra sans doute indispensable d'augmenter également la puissance de l'éclairage; mais jusqu'à présent, nous préférons le procédé ordinaire.

Ces vives lueurs ont des résultats funestes et nous pourrions citer tel observateur qui dut se condamner à une longue inaction pour avoir abusé de ces moyens destructeurs de l'organe de la vue.

Dans un mémoire sur les organismes inférieurs publié en avril 1836, M. Dujardin écrivait : « Pour prévenir toute objection fondée sur la préférence accordée par M. Ehrenberg aux microscopes de

l'opticien allemand M. Pistor, sur ceux que M.Charles Chevalier perfectionne de jour en jour, et pour attester la bonté de l'instrument dont je me sers, j'avais cru aussi devoir signaler un long filament fïagelliforme, aperçu par moi chez beaucoup d'infusoires, où il ne l'avait pas soupçonné; cela prouve suffisamment en effet, que ma dénégation formelle au sujet de l'intestin, n'est pas fondée sur l'imperfection de mes moyens d'investigation »

Et plus loin, à propos du même filament :

« C'est avec un grossissement de 300 que je l'ai vu le plus

nettement dans un microscope récent de M. Ch. Chevalier »

A part les éloges dont nous remercions sincèrement M. Du jardin, nous remarquerons que ce naturaliste distingué n'eut pas besoin d'un éclairage particulier pour voir bien nettement le filament fïagelliforme des infusoires considéré , avec raison , comme un objet difficile, puisqu'il demeura inaperçu jusqu'au moment où l'on construisit de véritables microscopes.

D'ailleurs, nous le répétons, ce sont les objets déliés et les détails d'une grande finesse, qui exigent le plus souvent un éclairage modéré; quant aux objets plus volumineux, ils reçoivent suffisamment de lumière, puisque les lentilles qu'on emploie pour les étudier sont moins puissantes et ont une large ouverture.

§ ri.

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