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CHAPITRE IV

MICROSCOPE CATADIOPTIIIQUE.

Les imperfections du microscope dioptrique composé , durent nécessairement frapper les premiers observateurs, qui tout en poursuivant leurs recherches, avaient fini par se servir presque exclusivement, du microscope simple. Cependant, nous le répétons, la puissance de l'appareil composé, son vaste champ, avaient séduit ces ardens investigateurs, ils en avaient assez vu, pour diriger tous leurs efforts vers le perfectionnement d'un pareil moyen d'analyse. Durant une de ces périodes stationnaires que nous avons signalées dans nos recherches historiques, on vit tout à coup surgir l'idée d'une combinaison nouvelle; ne pouvant vaincre la difficulté, on avait changé le système. On prétend, que c'est à Newton qu'appartient l'invention du microscope catadioptrique. D'après le docteur Brewster, le célèbre philosophe communiqua son plan à Oldembourg en 1679. Tout en admettant la vérité du fait, nous pensons que ces microscopes ne furent construits et employés qu'après les télescopes réflecteurs et l'on sait que le premier de ces appareils, fut l'œuvre de J. Hadley qui présenta en 1723 à la société royale de Londres, un télescope réflecteur établi d'après les principes de Newton négligés depuis cinquante ans.

Le docteur Robert Baker, paraît être le premier constructeur du microscope de réflexion; après lui vint en 1738 le docteur

Smith qui modifia son appareil. Il paraît aussi que William Herschell, fit à Bath, vers 1774, plusieurs microscopes réflecteurs à la manière de Smith.

Depuis plusieurs années, le microscope réflecteur est tout à fait abandonné, aussi, n'abuserons-nous pas de la patience du lecteur en lui présentant une histoire détaillée des différentes combinaisons de l'appareil. Nous dirons seulement, que MM. Potter, Amici, Tulley, Goring, Cuthbert, Brewster, etc. firent à différentes époques, des expériences dont il résulta plusieurs instrumens; mais c'est surtout entre les mains du professeur Amici et du docteur Goring, que le microscope catadioptrique parvint à son apogée.

La fig. 8, pi. 2, représente la marche des rayons dans l'appareil catadioptrique d' Amici.

m, m, miroir réflecteur elliptique en métal , fixé à l'extrémité du tube.

b,b second réflecteur métallique plan (1), dont la surface plane inclinée à 45 degrés, est tournée vers le miroir précédent.

c d oculaire.

Les rayons partis de l'objet placé en r, sont réfléchis par le miroir b,b, vers le réflecteur concave m9m, qui les réfléchit à son tour, en les fesant converger et s'entre-eroiser derrière le petit miroir b,b, enfin ils parviennent à l'oculaire. — Il est inutile de donner la suite de la théorie qui est entièrement semblable à celle du microscope dioptrique.

Voilà pour la partie optique; nous ne donnerons pas la description de la partie mécanique de l'instrument ; quoique fort ingénieuse, nous pensons qu'elle serait remplacée avec avantage

(1) M. Hadley employa d'après les préceptes de Newton, des réflecteurs en verre pour ses premiers télescopes , mais il s'aperçut bientôt, que la double réflexion, déterminée par les deux surfaces du verre , troublait la netteté des images et se décida à faire des réflecteurs métalliques.

par celle de notre appareil universel. Fig. 8. pi. 4, représente notre microscope converti en microscope catadioptrique d'Amici, perfectionné par Goring. Il suffit de placer à l'extrémité du corps R, la pièce 1,1', qui contient les deux miroirs.

2, réflecteur pour l'éclairage des objets opaques.

3,3. tube destiné à rapprocher le porte-objet de l'ouverture objective du microscope.

Ce microscope devrait être parfait, car suivant la théorie, les aberrations sphériques et de réfrangibilité , doivent disparaître complètement. Néanmoins, l'expérience a prouvé qu'il est excessivement difficile de bien travailler les réflecteurs ; tantôt, c'est la surface plane, tantôt, la courbe qui présentent des irrégularités et enfin lorsqu'on est parvenu comme M. Amici, à construire un bon instrument, il survient un nouvel obstacle qui pose une limite à sa puissance amplifiante. Avec son appareil, on ne peut augmenter le grossissement qu'au moyen des oculaires et ce procédé entraîne une grande déperdition de lumière, surtout dans les cas où l'on veut agir avec les plus forts amplificateurs.

M. Amici avait sans doute été frappé de ces défauts, car il abandonna complètement le microscope réflecteur, aussitôt que l'on fut parvenu à perfectionner les lentilles du microscope dioptrique.

Le docteur Goring fit avec l'instrument d'Amici, de nombreuses expériences et reconnut de graves imperfections. Le foyer du miroir concave était trop long, le réflecteur plan trop large, absorbait une grande partie de la lumière avant de la réfléchir sur le miroir concave , ses grandes dimensions avaient en outre, l'inconvénient d'intercepter une trop grande quantité des rayons réfléchis vers la rétine et il formait ainsi un point nébuleux au centre des images, enfin la disposition de la monture était un nouvel obstacle qui entravait souvent l'observation.

M. Goring se mit donc à l'œuvre avec M. Cuthbert et parvint

à construire l'appareil qu'il nomme : « Horizontal Ackromatic and Amician reflecting engiscope. »

Le nouvel instrument avait six séries de réflecteurs objectifs, la monture et les accessoires étaient modifiés, en un mot, les effets de ce microscope étaient vraiment remarquables et cependant il n'est plus employé même par ses inventeurs.

La raison en est toute simple.

A l'époque où l'on désespérait de pouvoir jamais achromatiser les petites lentilles objectives, on s'attacha avec avidité au microscope catadioptrique et nous le dirons en passant, ce fut principalement cet enthousiasme qui retarda les progrès de l'instrument dioptrique. Mais, aussitôt que ce dernier eut repris son empire, on put s'apercevoir qu'il le conserverait long-temps et le zèle que l'on avait montré pour le microscope catadioptrique, on le montra de même pour son antagoniste, seulement, cette fois on ne changea plus.

L'instrument catadioptrique naquit de l'impuissance et du découragement, le microscope dioptrique tel qu'il est aujourd'hui, prouve évidemment que le courage est revenu et que l'art semble avoir puisé de nouvelles forces dans cet instant de repos.

En résumé nous ajouterons à ce que nous avons déjà dit , que le microscope catadioptrique est très difficile à construire , la meilleure preuve qu'on puisse en donner, c'est que M. Cuthbert qui passe pour l'artiste le plus habile en ce genre, a construit fort peu de ces instrument et que sur six séries de réflecteurs , il ne peut plus construire que les trois ou quatre premières, car sa vue s'est affaiblie et il n'ose espérer en ses élèves. Cet appareil est difficile à gouverner, les objets sont trop rapprochés du tube et avec les forts grossissemens, on est obligé de les placer dans l'ouverture même. Le microscope dioptrique est de beaucoup supérieur pour l'étude des corps opaques, enfin les réflecteurs sont très sujets à s'oxider; lorsqu'on a lu ce qu'en écrit M. Goring

lui-même , on osera à peine passer un pinceau sur la poussière qui les recouvre; s'il devient indispensable de les démonter, j'avoue qu'il faut un grand courage et surtout, que l'instrument soit en bien mauvais état. On a complètement abandonné les télescopes réflecteurs, le microscope catadiop trique ne pouvait espérer un meilleur sort*

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