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ACCESSOIRES DU MICROSCOPE

Lorsqu'on veut faire des expériences microscopiques, il faut d'abord monter son laboratoire. Qu'on ne s'alarme pas toutefois ; pour nous, ce mystérieux réduit, n'est autre chose que le tiroir qui renferme l'instrument. Des compartimens , des casiers superposés , reçoivent tous les appareils nécessaires aux expériences. Certains auteurs ont prétendu qu'on devait avoir un cabinet exclusivement réservé au microscope; nous serons moins ambitieux et tout en reconnaissant que ce laboratoire peut être fort utile aux personnes qui consacrent tous leurs instans à des recherches microscopiques, nous n'exigerons qu'une armoire ou une cage en verre pour mettre l'appareil à l'abri de la poussière et de l'humidité.

La table qui supporte le microscope doit être solide et à l'abri de toutes secousses ; quelques observateurs évitent même d'y appuyer leur poitrine dont les mouvemens joints aux battemens du cœur pourraient déterminer une légère agitation. Il ne nous paraît pas nécessaire de pousser les précautions aussi loin. La hauteur de la table ou du siège sera réglée d'après la taille de l'observateur, en un mot, il faut que l'oculaire se présente naturellement à l'œil, quelle que soit la position de l'appareil.

Parmi les accessoires du microscope, nous avons déjà parlé

des verres colorés qui se vissent au dessus des lentilles, des micromètres, des chambres claires, des prismes de Nicol pour la polarisation. Il nous reste encore à décrire plusieurs instrumens indispensables. En première ligne, nous placerons nos objectifs variables et notre prisme redresseur.

Lorsqu'on s'occupe de dissections microscopiques, l'instrument composé est parfois trop puissant ou plutôt, le champ de vue n'est pas assez étendu et il n'y a pas assez d'espace entre les lentilles objectives et la platine; les mêmes inconvéniens se présentent si l'on fait usage du microscope simple. Notre objectif variable devient alors indispensable. Il se compose de deux tubes en cuivre glissant l'un dans l'autre et mus par une crémaillère ; à l'extrémité de chaque tube, se trouve une lentille achromatique à long foyer. L'appareil s'adapte au microscope à la place de l'objectif. Au moyen de la crémaillère , on peut éloigner ou rapprocher les deux verres et obtenir un grossissement plus ou moins fort sans avoir besoin de changer les lentilles ; le champ du microscope est vaste et l'espace suffisant pour faire mouvoir des instrumens assez volumineux. Un anatomiste distingué, le docteur Bourgery, fait un usage fréquent de ce nouvel objectif adapté à l'un de nos grands microscopes. Quelquefois nous plaçons cet appareil sous la platine et nous obtenons ainsi un condensateur variable qui peut devenir fort utile dans certaines circonstances. Depuis plusieurs années, nous avons appliqué cette combinaison à nos lunettes achromatiques et les résultats obtenus, nous ont engagés à adopter ce nouveau système.

Lafig. 16, pi. 2, représente l'objectif.

T tube extérieur.

t tube intérieur glissant dans le premier.

V verre supérieur.

V verre inférieur.

B bouton à pignon qui fait mouvoir le tube t.

On a dessiné, fig. 16 bis, un objectif plus puissant et dépourvu de crémaillère.

Le prisme redresseur est une pièce absolument indispensable à l'anatomiste. Toutes les personnes qui ont l'habitude du microscope, savent combien il est difficile de conduire avec exactitude les pointes, scalpels, etc., sur la platine. Les rayons en se croisant, donnent une image renversée de l'objet que l'on examine, et conséquemment, lorsqu'on fait mouvoir un scalpel sur le côté gauche il paraît agir sur la partie droite de l'objet, si on le pousse vers la droite, il semble se diriger du côté gauche et ainsi de suite. La difficulté augmente encore, si l'on dissèque un très petit objet sous un fort grossissement.

Notre appareil est tout simplement un prisme rectangle fixé dans un tube en cuivre qui se place sur l'oculaire du microscope. Les bases du prisme correspondent aux parois du tube. Avec cet instrument, on peut à volonté rendre à l'objet sa véritable position et même le faire tourner dans tous les sens. En quittant l'oculaire, les rayons sont forcés de traverser le prisme , mais son action réunie à celle du prisme de l'appareil, imprime aux rayons une réflexion croisée qui détruit complètement l'inversion produite par le premier entrecroisement.

Il est quelquefois très difficile de suivre les mouvemens des animalcules qui changent de place à tout moment. Avec le prisme redresseur, on n'est pas exposé à pousser le porte-objet dans un sens lorsqu'il est nécessaire de lui faire suivre une autre direction pour retrouver l'infusoire.

On obtient un excellent microscope pour les recherches et dissections anatomîques, en appliquant à l'instrument ce prisme et l'objectif variable dont nous avons déjà parlé.

Fig. 17, pi. 2. ABCD tube en cuivre.

P prisme redresseur.

0 ouverture à laquelle on applique l'œil.

E, le tube vu de face.

Il arrive souvent que la mobilité de certains objets devient un obstacle pour l'observateur le plus patient, d'autres fois on veut examiner les modifications que peut déterminer un changement de forme, vérifier si les corps contiennent un fluide ou résistent à la pression.

On a imaginé pour exercer sur les objets une pression graduée et méthodique, plusieurs instrumens auxquels on a donné le nom de compr essor ium ou compresseur.

Nous croyons, sans toutefois l'affirmer, que le premier compresseur fut inventé par MM. Purkinje et Valentin. Il se composait d'un petit tambour présentant à l'extérieur un pas de vis et garni intérieurement d'un disque de verre sur lequel on plaçait l'objet. Un petit chapeau fileté à l'intérieur et dont l'ouverture supérieure était fermée par un verre très mince , se vissait sur le tambour et lorsque les deux pièces étaient entièrement réunies, le verre du chapeau se trouvait en contact avec le disque du tambour. Ce petit appareil était fixé sur un plateau en cuivre qui servait à le maintenir sur la platine du microscope.

Pour examiner un objet, on le plaçait sur le disque du petit tambour, au moyen du pas de vis on abaissait graduellement le verre du chapeau et le corps se trouvait bientôt comprimé avec plus ou moins de force. Mais en vissant le chapeau, on imprimait nécessairement au verre supérieur, un mouvement de rotation suffisant pour détruire ou déchirer l'objet.

M. Cornélius Yarley de Londres décrivit cet appareil dans un mémoire publié en 1832.

M. Solly m'a fait cadeau d'un compresseur à peu près semblable, mais heureusement modifié. Les différentes pièces de cet instrument diffèrent peu des précédentes, mais le chapeau ne tourne pas, c'est une virole filetée qui lui communique le mouvement. J'avais déjà construit plusieurs de ces compressorium, lorsque le doc-

leur Glugeme fit voir un nouvel appareil construit par M. Schiek de Berlin. J'en donnerai la description, car il est aujourd'hui généralement employé par les observateurs.

AB, fig. 18, pi. 2, règle en cuivre percée à son centre d'une ouverture circulaire C.

D pièce mobile dans le sens horizontal sur le pivot E, et terminée à l'une de ses extrémités par les montans F.

G levier mobile sur le pivot qui traverse les montans F.

H demi-cercle pivotant en P sur l'extrémité du levier; ce demicercle reçoit le cercle I mobile sur les pivots LL.

A l'autre bout du levier, est ajustée une vis à tête mollettée K dont l'extrémité porte dans une rainure pratiquée sur la pièce D. Si Ion desserre la vis K, un petit ressort placé entre D et G, force le bras G du levier à s'abaisser et soulève le bras opposé qui supporte l'anneau.

L'ouverture C et l'anneau I sont garnis de verres plans , celui de l'anneau doit être très mince.

Quand on veut taire usage de l'instrument, on fait tourner la pièce D sur le pivot E, après avoir eu soin de desserrer lavis K. On place alors un objet sur le verre de l'ouverture G et ramenant l'anneau ï sur ce verre , on tourne doucement la vis ; lorsque les deux plaques sont presque en contact, on pose l'appareil sur la platine du microscope et l'on aperçoit parfaitement les objets qu'on peut alors comprimer plus ou moins au moyen de la vis K. Il faut avoir soin de régler de temps en temps le microscope, ear la compression exercée sur les objets, les déprime, les place nécessairement sur un plan de plus en plus bas et les fait sortir du foyer.

Ce compressorlum l'emporte sur tous les autres ; le mouvement de compression est régulier, la vis est placée sur le côté de l'appareil et l'on n'est plus obligé comme autrefois de porter la main au centre de la platine pour tourner le chapeau ou la virole ; le

contact des deux verres est parfait au moyen des pivots L et P qui permettent à l'anneau 1 de s'abaisser en conservant toujours une direction parallèle à la règle AB , enfin le pivot E facilite la préparation des objets , puisqu'on peut mettre de côté la partie supérieure de l'appareil pendant qu'on dispose ces préparations sur le verre de l'ouverture C.

Le conducteur électrique, fig. 19, pi. 2, nous a été envoyé par M. Ploëssel de Vienne. Nous en donnerons une description succincte, la figure fera comprendre le reste.

ÀB règle en cuivre.

C virole fixée au centre de cette règle et garnie du verre D.

EE petits tubes qui reçoivent les tiges des pièces FF. Ces deux canons ou tubes sont fendus , pour que la pression exercée sur les tiges soit plus exacte.

GG tubes qui basculent sur les charnières FF et reçoivent les tubes capillaires en verre aa,aa. b,b, fils de platine introduits dans les petits tubes. Une de leurs extrémités est contournée en anneau, l'autre vient se placer sur la plaque D.

La manière de se servir de ce petit instrument est excessivement simple. On fixe les fils conducteurs d'une pile ou d'une machine électrique aux anneaux b,b, des fils de platine et on place en regard, les extrémités libres de ces fils. On comprend que l'on peut de cette manière soumettre des liquides ou des solides à l'action électrique et observer avec le microscope les phénomènes qui se développent.

La platine à chariot est un accessoire très important.

Il est très difficile de suivre exactement la marche et les divers mouvemens des infusoires sans l'assistance du chariot. Lorsque les animalcules sont placés sur une lame de verre, on ne peut avec la main, imprimer des mouvemens assez réguliers à cette dernière et l'on perd souvent beaucoup de temps à la recherche du même individu, souvent, on ne réussit pas à le rencontrer. Le méca-

nisme de la platine mobile est combiné de manière à conduire la plaque supérieure dans toutes les directions.

L'appareil est formé de trois lames superposées. L'inférieure fixée au microscope , est immobile ; les deux autres glissent dans des coulisseaux en suivant deux directions opposées, lune d'avant en arrière, l'autre latéralement.

Si l'on fait mouvoir simultanément ces deux plaques, leurs mouvemens combinés auront pour résultat une marche oblique ou

diagonale.

Les trois plaques sont percées d'ouvertures circulaires de mêmes diamètres et sont mues par une vis et un pignon à têtes molletées placées sur les parties latérales de la platine.

Le chariot que nous venons de décrire, est celui de Turrel, pi. 2, fîg. 20. Nous adaptons à nos grands microscopes, une platine à peu près semblable quant à l'effet, mais construite de manière à donner une marche moins rapide pour les forts grossissemens et tout à fait exempte de saccades; sur la plaque supérieure, s'ajuste une lame de verre noir. Elle est fort utile pour éviter l'action des substances chimiques qui pourraient se répandre sur le cuivre.

Le chariot est un accessoire important pour les dissections microscopiques et les recherches micrométriques.

Le duc de Chaulnes fit dessiner plusieurs de ces inslrumens dans la description de son microscope, et depuis M, Àmici qui avait adapté une platine mobile à son appareil, on a reproduit le chariot sous plusieurs formes. Le docteur Poiseuille a fait construire un porte-objet pneumatique pour étudier les corps organisés vivans, soumis à différentes pressions atmosphériques.

En Angleterre et en Allemagne on employait les vis à tête divisée du chariot, pour les opérations micrométriques. M. Amici luimême avait adopté ce procédé, car il n'avait pas apprécié à sa juste valeur, la puissance de la chambre claire qu'il a si heureusement modifiée.

Nous appellerons spécialement l'attention des observateurs sur nos boîtes translucides à surfaces planes. Long-temps on fit usage de tubes ou fioles pour observer certains corps immergés dans un liquide. Il n'y a pas encore bien long-temps que plusieurs observateurs et opticiens distingués employaient ce procédé en Angleterre et l'on peut voir la représentation de leurs appareils dans les derniers traités sur le microscope. Cette méthode est mauvaise, car les surfaces courbes du verre plein d'eau, ne peuvent se présenter en même temps au foyer des lentilles et les rayons partis de l'objet éprouveront différentes réfractions qui nuiront à la netteté de l'instrument.

S'il devient nécessaire d'exercer une compression sur l'objet, elle ne pourra être égale sur tous les points , à moins toutefois que le compresseur ne présente une courbure semblable à celle des parois du vase et alors si l'objet est un être animé, il pourra se glisser sur les parties latérales et s'échapper par les intervalles. Nous pourrions ajouter qu'il fallait un appareil spécial pour maintenir les fioles.

Depuis plusieurs années, nous construisons des boîtes en verre composées de quatre lames réunies au moyen d'un mastic particulier. Toutes les surfaces sont planes et l'on fixe ces boîtes sur la platine en les serrant entre les tenons en cuivre. Elles sont indispensables pour le microscope solaire.

Une lame de verre également plane et dont les bords sont en contact avec les parois extrêmes de la boîte, glisse d'avant en arrière et sert à augmenter ou à diminuer sa capacité. Cette plaque est fort utile lorsqu'on veut, comme M. C. Yarley, examiner de jeunes char as qu'on a fait croître dans le même vase où on les examine ; on amène très facilement la petite plante contre la paroi de notre boîte ; on agira de même, si on veut maintenir ou comprimer des êtres animés.

La cuiller à filet devient nécessaire lorsqu'on veut choisir un

it)3 individu dans un vase qui en contient plusieurs. On peut construire soi-même ce petit instrument avec un morceau de fil métallique dont on contourne une des extrémités en anneau sur lequel on tend un petit morceau de gaze. Lorsqu'on veut faire un choix on glisse doucement la cuiller sous un ou plusieurs individus et on la retire en ayant bien soin de ne pas trop agiter le liquide. On remplace quelquefois ce filet par un tube dont une des extrémités est légèrement effilée. On ferme avec le doigt, le bout supérieur du tube et on le plonge dans le liquide en le conduisant sur le point où sont rassemblés les animalcules. Alors, si on retire le doigt, l'eau remonte dans le tube en vertu des lois de l'équilibre, et les corps qu'elle tient en suspension suivent forcément la même route. Il suffit de replacer le doigt sur l'orifice du tube et de porter le liquide qu'il contient sur une lame de verre ou dans une petite auge à parois planes. Cette manière de pêcher les animalcules est très avantageuse et facilite les recherches (1), le liquide n'est plus troublé par les détritus d'infusion qui encombrent le grand vase. M. C. Varley a fait usage d'un tube semblable pour nettoyer le fond de ses infusions et désinfecter le liquide en y portant quelques gouttes d'eau légèrement acidulée avec l'acide nitrique. Nous reviendrons sur ces procédés. La fig. 21, pi. 2, donnera une idée du manuel opératoire.

Les caissons de la boîte devront aussi contenir une paire de presselles pour saisir les petits objets, un pinceau pour nettoyer les verres, des ciseaux à long manche et à ressort, de petits scalpels ou lancettes , des pointes emmanchées ou plutôt un assortiment d'aiguilles droites et recourbées de diverses grosseurs. On les fixe à volonté dans un petit porte-pointe à coulisse que nous ne saurions mieux comparer qu'aux porte-crayons dont on fait usage

(1) Ledermuller employait fréquemment ce tube. (Voy. Amusemens microscopiques. )

pour le dessin ; à défaut de porte-pointe , on peut fixer les aiguilles dans un petit manche en bois tendre. Une petite fîol© contenant du vernis ou du baume du Canada, un emporte-pièce , des bandes de glace et un choix de test-objects bien préparés * compléteront le petit arsenal de l'observateur.

J'attache une grande importance aux petits carrés ou disques de verre mince. Le mica dont on fesait usage autrefois , se brisait trop facilement, et ne jouissait pas d'une transparence parfaite. Ces lamelles étaient traversées presque en tout sens, par des stries que l'amplification rendait fort apparentes. Le moindre frottement en augmentait encore le nombre. En 1825 je préparai des verres assez minces pour être employés avec les plus forts grossissemens et depuis cette époque, je puis à peine satisfaire aux nombreuses demandes qui me sont adressées par les observateurs.

Nous ne mentionnerons les verres de montre que pour en repousser complètement l'usage. Il faut rejeter également tous les récipiens à surfaces convexes ou concaves.

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