‹ Des modifications du foie consécutives aux altérations rénales: étudeChapitre 4 sur 12 · CHAPITRE II TECHNIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE II TECHNIQUE

§ 1 . — Teehnlqae opératoire.

Nous avons choisi, comme animaux d'expériences, le lapin et le cobaye .

Toutes les opérations portant sur les reins ont été faites par voie lombaire, sans anesthésie, et avec une asepsie aussi rigoureuse que possible. Nous avons d'ailleurs éliminé les quelques rares cas où sont survenus des accidents d'infection.

Nous avons cherché avarier le plus possible les modes de destruction ou d'altération des reins, et nous avons eu recours aux procédés suivants :

1° Néphrectomie bilatérale en un seul temps ou à plusieurs jours d'intervalles ;

2*" Ligature des deux uretères ;

3* Néphrectomie unilatérale ;

4° Ligature d'an uretère ;

b^ Injection de paraffine fondue dans le bassinet. Nous nous sommes servi de paraffine Dumaige, fusible à 48^, stérilisée à 120® et maintenue très chaude (environ 60^ au moment de l'injection), pour éviter sa solidification dans l'aiguille. Le bassinet du lapin admet 1,5 à 2 centimètres cubes de paraffine ; lorsque l'injection réussit bien, le rein aug-

mente considérablement de volume et de consistance, et pâlit. La parafflne se solidifiant aussitôt, forme une masse qui moule complètement le bassinet.

Plusieurs lapins sont morts subitement à la fin de Topération ; nous avons reconnu que cet accident résulte d'embolies dues à la coagulation du sang dans la veine rénale lorsque la paraffine est injectée à une température trop élevée.

6^ Cautérisations des reins, avec la pointe fine du thermocautère chauffée au rouge sombre. Dans cette opération, il se produit fréquemment des hémorragies assez abondantes, mais faciles à arrêter par le tamponnement.

7** Injections intra-parenchymateuses de substances toxiques ou caustiques. — Nous avons injecté directement en plein parenchyme rénal diverses solutions de toxiques ou de caustiques ; mais une précaution est essentielle à prendre si Ton veut éviter le passage dans la circulation de la substance injectée et sa diffusion dans l'organisme : une pince à forcipressure, dont les mors sont garnis de caoutchouc doit être placée sur le pédicule du rein pendant toute la durée de l'injection et laissée encore en place pendant au moins dix minutes après la fin de celle-ci. De cette façon, la substance toxique, injectée par plusieurs piqûres dans différents points de la couche corticale du rein, a le temps de se fixer in situ. Nous avons recueilli une preuve très démonstrative de l'efficacité de cette précaution : nous l'indiquerons plus loin, en exposant les résultats de ces expériences.

Les diverses substances que nous avons employées sont : Le cantbaridate de potasse à 1/200 ;

Le bichlorure de mercure à 1/500 ;

E'acide chromique à 1/100;

Le chlorure de zinc à 10 0/0.

Ces solutions, il est vrai, ont provoqué dans la plupart des cas des nécroses des reins et non des néphrites. 11 y aurait certainement lieu de reprendre certaines de ces expériences avec des solutions moins concentrées.

8° Dans une^^autre série d'expériences, nous avons commencé à étudier Faction sur le foie des injections d'urine et des principaux poisons urinaires.

L'urine qui nous a servi provenait d'un homme bien portant; elle était filtrée dès son émission sur bougie Chamberland F et injectée aussitôt avec toutes les précautions d'asepsie dans les veines des lapins.

Parmi les substances que Ton peut trouver dans l'urine normale, nous n'avons utilisé que l'urée, le carbonate et le chlorhydrate d'ammoniaque, le chlorure et le bicarbonate de potasse. La difficulté de se procurer les substances extractives de l'urine à l'état pur, et, d'autre part, le peu de toxicité reconnue à ces substances, nous ont invité à les négliger dans ces recherches.

§ 19. — Technique hlstolon^lque.

Pour l'étude histologique du foie, la première condition est de recueillir les pièces au moment même de la mort de l'animal ; dans la grande majorité de nos expériences, nous avons même sacrifié les animaux par traumatisme bulbaire dès qu'ils entraient en agonie. Rapidement, le foie était

extrait, pesé et des tranches de 3 lobes différents étaient introduites aussitôt dans les fixateurs préparés d'avance. Puis on procédait de même pour les reins.

Pour la fixation des pièces, nous avons eu recours, dans chaque cas, à plusieurs fixateurs, de façon à nous mettre à Tabri d'une erreur de technique.

Dans l'étude cytologique, les deux fixateurs qui nous ont donné les meilleurs résultats, d'ailleurs très comparables entre eux, sont le liquide de van Gehuchten modifié par Sauer (1) et le liquide de Dominici (2).

Le liquide de Bouin nous a donné des résultats moins bons.

Les colorations ont été faites avec Téosine-orange-hématéine, Téosine-orange-bleu de méthylène, l'hématoxyline- Van Gieson.

Pour l'étude des graisses, nous avons utilisé simultanément le liquide de Flemming fort (3) et Tacide osmique à

Alcool absolu 30 cmc

Chloroforme pur 15 »

Acide acétique glacial 5 »

Les pièces séjournent 3 heures dans ce liquide, puis 12 heures dans l'alcool absolu. Inclusion dans la paraffine.

(2) Nous devons à Tamitié de notre maître, M. Dominici, une nouvelle formule, encore inédite, de Tiodo- chlorure de mercure formolé :

Solution de bichlorure de mercure saturée à 45® 200 cmc.

Teinture d'iode... verser goutte à goutte jusqu'à belle teinte jaune.

Formol du commerce à 40 0/0 24 cmc.

Les pièces séjournent 5 heures dans ce liquide, puis 24 heures dans Talcool à 90", puis dans l'alcool absolu. Inclusion à la paraffine.

(3) Liquide de Flemming fort :

Acide osmique à 2 0/0 4 cmc ,

Acide chromique à 1 0/0 15 »

Acide acétique glacial i »

l 0/0. Les pièces séjournaient 24 heures, puis étaient lavées à Teau courante pendant 24 heures, après quoi on les traitait par la série des alcools. Inclusion : chloroforme-paraffine, puis paraffine pure. Examen sans coloration.

Pour l'étude du glycogène, les tranches très fines étaient placées 25 à 28 heures dans l'alcool. à 96% puis une heure dans Talcool absolu. Inclusion : chloroforme-paraffine, puis paraffine pure. Coupes à 1/150, étalées rapidement, traitées par le xylol et l'alcool et recouvertes d'une couche mince de gomme iodée (1); au bout de 20 minutes environ, on applique une lamelle et on appuie légèrement pour chasser l'excès de gomme.

(1) Gomme iodée :

Solution sirupeuse de jçomme arabique 100 cmc

Iode métallique gr. 50

lodure de potassium 5 »

Eau distillée 15 »

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