‹ Des modifications du foie consécutives aux altérations rénales: étudeChapitre 6 sur 12 · SI · texte numérisé non relu

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fine disposée en lamelles concentriques et recouvertes de cristaux Le rein est pâle.

La vessie contient une urine limpide, qui présente des traces d'al bumine.

Tous les autres viscères sont d'aspect normal ; Testomac est rempli d'aliments.

Examen histologique des reins. — Les deux reins présentent des lésions de distension tubulaire assez légère, et une sclérose considérable. Ces lésions sont plus avancées dans le rein gauche que dans le rein droit. Tous les tubes sont entourés d'un anneau de tissu conjonctif, souvent très épais. Un certain nombre de ces tubes possèdent un épithélium normal, mais d'autres, beaucoup plus nombreux, sont étouffés par la sclérose et atrophiés ; d'autres sont, au contraire, dilatés. Les glomérules sont beaucoup moins atteints par cette sclérose.

Examen histologique du foie, — Presque toutes les cellules hépatiques présentent Taspect clair avec surcharge glycogénique déjà décrit ; beaucoup d'entre elles sont notablement hypertrophiées et contiennent, soit deux noyaux, soit un'seul, Wais'àfors très volumineux. Seules, quelques cellules avoièinant l'espace porte Soht d'aspect normal. La graisse est en quantité modéjée, répartie dUns la ' plupart des cellules sous forme de qilfelques fines granulatiôné.

Le tissu conjonctif est nettement hyperplasié ^u. poUrte^ùr des espaces portes ; il forme des bandes de sclérosé étroites, encerclant plus ou moins un certain nombre de lobules et envoyant quelques fines ramifications pénicillées entre les cellules hépatiques adjacentes. Nulle part on ne trouve d'infiltration embryonnaire.

Les capillaires et tous les vaisseaux sont normaux.

Expérience 20 — Lapin. Poids 2700 gr.

Le /*' octobre^ par voie lombaire, nous mettons à nu le rein gauche et injectons dans le bassinet 2 centimètres cubes de paraffine fondue à 60^.

Le S octobre, même opération sur le rein droit ; l'animal présente une dyspnée qui dure quelques heures. Il maigrit et se cachée-

tise rapidement. En moins d'un mois, il perd un kilogramme de son poids. Le 26 octobre, nous constatons de Tœdème de la tête et une prostration profonde ; nous le sacrifions par traumatisme bulbaire. Autopsie, — La couleur et le volume du foie sont normaux : mais sa consistance est très molle. L'organe pèse 60 gr. 50, c'est-à-dire 3, 6 0/0 du poids du corps.

Les deux reins sont considérablement augmentés de volume, bosselés, jaunâtres. Le bassinet, dilaté, contient des calculs formés par des dépôts de cristaux uratiques à la surface de blocs de paraffine. A la coupe, les reins présentent Taspect typique de la néphrite rayonnante d'Albarran : traînées blanchâtres rayonnant de ia papille jusqu'à la surface de Torgane. Le parenchyme est fortement œdématié et très pâle. Le rien gauche pèse 45 grammes, le droit 60 grammes.

Les uretères sont perméables sur toute leur longueur. La vessie contient une urine très trouble, très albumineuse. Le poumon droit présente à sa base un petit infarctus brun. L'estomac et l'intestin sont remplis d'aliments. Les glandes surrénales sont d'aspect normal.

Examen histologique des reins, — Ces organes sont atteints d'une néphrite rayonnante typique ; ils offrent une infiltration radiée d'abcès miliaires à travers toute la substance médullaire et corticale ; les cellules épithéliales des tubuli contorti sont relativement peu altérées, et ne montrent que quelques lésions discrètes de plasmolyse. Examen histologique du foie, — Le foie est parsemé d'un nombre assez grand de nodules infectieux, de volume variable, disséminés dans les espaces portes, autour des veines sus-hépatiques, et surtout en plein lobule.

Tous les vaisseaux et capillaires sont bourrés de leucoytes polynucléaires.

Les cellules hépatiques ont conservé pour la plupart leur structure normale ; elles contiennent très peu de glycogène et quelques fines granulations graisseuses. Un petit nombre de cellules, disséminées dans les lobules, présentent l'aspect clair avec surcharge glycogénique.

Le tissu coDJonctif est nettement hyperplasié autour des espaces portes ; de fines fibrilles de collagène, plus ou moins ondulées, s'insinuent plus ou moins loin entre les travées cellulaires. Les parois des capillaires sont notablement épaissies ; les noyaux de Tendothélium sont volumineux et prennent très énergiquement les matières colorantes.

Des 3 lapins auxquels nous avons injecté de la paraffine dans les bassinets^ Tun (n^ 20) a présenté une pyonéphrose suppuréeà type rayonnant d'Albarran. L'étude de son foie n'offre donc qu'un médiocre intérêt : la notion d'infection domine dans son histoire la notion de lésion rénale.

Mais les deux autres lapins n'ont présenté aucun symptôme d'infection et nous avons réalisé chez eux, semble-t-il, une sorte de néphrite interstitielle lithiasique : la paraffine, en effet, s'est conglomérée dans le bassinet en fragments autour desquels se sont déposés des cristaux d'urates, et les reins ont présenté une légère dilatation des tubes, avec lésions plus ou moins intenses de leur épithélium, mais surtout une sclérose interstitielle très prononcée, encore jeune chez le lapin sacrifié au bout de 34 jours, déjà adulte et véritablement considérable chez celui qui n'a été sacrifié qu'au bout de 60 jours.

Les foies de ces deux animaux sont tout à fait semblables l'un à l'autre. Tous deux présentent la modification cellulaire que nous avons longuement décrite dans le chapitre précédent sous le nom « d'état clair » avec surcharge glycogénique. Cette modification des cellules hépatiques, dans les deux cas, est extrêmement marquée et généralisée, ne respectant qu'une ou deux rangées de cellules an pourtour des espaces porles. Dans Tun et l'autre foie, le glyco-

gène est très abondant ; la graisse, au contraire, se trouve en quantité très modérée.

Mais, en outre, le foie du lapin qui n'a été sacrifié que 60 jours après la seconde opération, présente un léger degré de sclérose à localisation exclusivement péri-portale ; il existe d'étroiles bandes conjonctives encerclant plus ou moins complètement un certain nombre de lobules et envoyant de fines ramifications pénicillées entre les cellules hépatiques adjacentes.

Quant au troisième lapin de cette série (n^ 20), dont les reins avaient été infectés et présentaient un type de néphrite rayonnante suppurée, il portait des lésions hépatiques toutes différentes et en rapport avec l'infection plus qu'avec l'altération rénale : le foie était parsemé de nombreux nodules infectieux ; les capillaires étaient bourrés de polynucléaires et présentaient des parois épaissies avec tuméfaction des noyaux. On notait, en outre, un léger degré de cirrhose péri-portale.

Les cellules hépatiques avaient, pour la plupart, conservé leur aspect normal et, loin de présenter une surcharge glycogénique, témoignant d'une suractivité fonctionnelle, elles étaient, au contraire, pauvres en glycogène, ce qui peut être vraisemblablement attribuée Tinfection.

s^ 4. — Cautérifiationii de» reinii.

Le second procédé auquel nous avons eu recours dans le but de provoquer une destruction partielle et une sclérose des reins est la cautérisation au moyen du thermocautère.

Expérience 21 . — Cobaye mâle. Poids 550 gr.

2 i septembre. — Par voie lombaire nous pratiquons sur le rein gauche des cautérisations multiples avec la pointe fine du thermocautère.

.2 octobre. — Même opération sur le rein droit. L'animal succombe dans la nuit du 3 au 4 octobre, de 36 à 40 heures après la seconde opération.

Autopsie quelques heures après la mort. Le rein gauche est complètement nécrosé ; il forme une masse blanchâtre, grumeleuse, entourée d'une capsule fibro-graisseuse épaisse.

Le rein droit porte les traces des cautérisations récontes ; il semble nécrosé dans sa totalité.

T^ foie est fortement congestionné.

Les autres viscères sont normaux.

Examen histologique des reins. — Le leiu gauche est nécrosé dans sa totalité ; à la périphérie, les espaces qui séparent les tubuli dégénérés sont envahis par une quantité colossale de leucocytes polynucléaires, et, surtout mononucléaires à type de macrophages.

Le rein droit présente des zones étendues de nécrose, parsemées de foyers hémorragiques ; à la périphérie, Tenvahissement leucrcytaire des espaces intertubulaires est à son début. Dans l'intervalle des zones nécrosées, il reste quelques lobules relativement respectés par la brûlure, mais les glomérules sont ratatinés, compacts, et les tubuli, les uns dilatés, les autres aplatis, montrent des altérations considérables de leur épithélium : aplatissement, tuméfaction, plasmolyse, desquamatioji.

Examen histologique du foie. — Le foie est extrêmement congestionné ; les capillaires sont gorgés de globules rouges et d'un nombre relativement grand de polynucléaires.

Des cellules assez nombreuses offrent, surtout à la périphérie des lobules, Faspect grumeleux que nous avons décrit dans le premier chapitre ; elles sont bourrées de grosses granulations qui masquent complètement le réticulum. Ces cellules ne renferment pas de glycogène, et la graisse y est peu abondante.

Quant aux cellules hépatiques des zones moyenne et centrale du lobule, elles ont un protoplasma creusé de vacuoles plus ou moins nombreuses et plus ou moins volumineuses. La plupart de ces vacuoles sont occupées par de grosses gouttes de graisse, très abondantes dans certaines régions. Les noyaux des cellules sont normaux.

Le glycogène a presque complètement disparu ; il n'en reste que des traces dans quelques rares cellules.

Expérience 22. — Cobaye mâle. Poids 630 gr.

Le 2i septembre^ par voie lombaire, nous pratiquons des cautérisations du rein gauche avec la pointe fine du thermocautère.

Le P^ octobre. — Môme opération sur le rein droit. L'animal succombe dans la nuit du 3 au 4 octobre.

Autopsie le 4 octobre au matin. Le rein gauche, englobé dans une gangue fibro -graisseuse très épaisse, est nécrosé dans sa totalité ; son aspect est blanchâtre, grumeleux.

Le rein droit présente les traces des cautérisations récentes ; il semble également nécrosé dans toute son étendue.

Le foie est très congestionné.

La glande surrénale droite est distendue par une grosse hémorragie centrale.

Les autres viscères sont normaux.

Examen histologique des reins, — Le rein gauche est nécrosé dans sa presque totalité et montre un envahissement leucocytaire à la périphérie, entre les débris des tubuli. Au voisinage du hile, il reste une parcelle de parenchyme, mais tous les tubes sont dilatés et leur épithélium est profondément altéré, comme dans le cas précédent.

Examen histologigue du foie. — La congestion du foie est intense ; les capillaires contiennent un grand nombre de globules rouges, avec une proportion relativement élevée de polynucléaires.

La plupart des cellules hépatiques ont l'aspect grumeleux, par suite de la condensation des granulations protoplasmiques qui masquent le réticulum.

Le glycogène a totalement disparu.

Au voisinage des veines sus-hépatiques, quelques cellules sont creusées de vacuoles et Tacide osmique y décèle la présence de volumineuses gouttes de graisse. Les noyaux des cellules ne sont pas altérés.

Expérience 23. — Cobaye mâle. Poids 570 gr.

Le 26 septembre^ par voie lombaire, nouG cautérisons le rein gauche avec la pointe fine du thermocautère.

Le 4 octobre, même opération sur le rein droit. L'animal succombe dans la nuit du 6 au 7 octobre.

Autopsie le 7 octobre au matin, quelques heures après la mort.

Le rein gauche est complètement nécrosé, réduit à une petite masse blanchâtre, grumeleuse, entourée d'une gangue fîbro-graisseuse épaisse.

Le rein droit est également nécrosé dans presque toute son étendue.

Le foie, légèrement congestionné, présente des taches jaunâtres ayant Taspect de la dégénérescence graisseuse.

Les autres viscères sont normaux.

Examen histologique des reins. — Le rein gauche est atteint d'une nécrose complète, avec envahissement leucocytaire à la périphérie. Au voisinage du hile une petite zone de parenchyme a échappé à la mortification, mais tous les tubuli y sont dilatés, les tubes excréteurs ayant été détruits par une brûlure profonde de la papille.

Dans le rein droit, la nécrose est presque totale ; on y rencontre des foyers hémorragiques. Il reste cependant quelques lobules qui semblent presque intacts.

Examen histologique du foie. — Le foie présente une congestion un peu moins intense que chez les deux cobayes précédents.

Les cellules hépatiques de la périphérie du lobule ont l'aspect grumeleux par condensation des granulations protoplasmiques qui masquent complètement le réticulum. Ces cellules ne contiennent ni graisse, ni glycogène.

Les cellules de la zone moyenne et de la zone centro-lobulaire sont

moins remplies de granulations ; quelques-unes ont un aspect normal, ou même paraissent un peu plus claires qu'à l'état physiologique ; le réticulum cytoplasmique y est intact et très apparent ; ces cellules sont les seules qui contiennent encore un peu de glycogène. D'autres cellules, très nombreuses, ont un protoplasma plus ou moins vacuolisé et Tacide osmique y montre la présence de nombreuses et volumineuses gouttes de graisse.

Ces deux types cellulaires ont même répartition dans le lobule, mais il ne semble pas que ce soient les mêmes cellules qui contiennent à la fois du glycogène et de la graisse.

Expôriencd 24. — Cobaye mâle. Poids 445 gr.

Le 15 juillet^ par voie lombaire, nous pratiquons des cautérisations multiples du rein gauche, à Taide de la pointe fine du thermocautère.

Le I^^ aoûi^ même opération sur le rein droit. Pendant les 15 jours qui suivent, le cobaye paraît très malade ; son poids tombe à 335 grammes ; la prostration est profonde, le poil est sec et s'arrache facilement. A la fin du mois d'août, Fanimal va beaucoup mieux ; il augmente de poids. Le 24 octobre il pèse 515 grammes et semble en parfaite santé. Nous pratiquons alors, pour la seconde fois, la cautérisation du rein gauche, que nous trouvons de volume normal, avec quelques cicatrices étoilées qui dépriment sa surface. A la suite de cette opération, le cobaye s'amaigrit de nouveau et se cachectise progressivement. Au bout d'un mois, son poids est tombé à 360 grammes. Nous le sacrifions le 26 décembre^ près de 5 mois après la première opération, et 42 jours après la dernière.

Autopsie, — Le foie est d'aspect normal, de consistance ferme; il pèse 15 gr. 5, c'est-à-dire 4,2 0/0 du, poids du corps, rapport normal.

Les reins sont bosselés, à surface criblée de profondes dépressions cicatricielles. La capsule est très épaisse. A la coupe, la substance corticale, de teinte très pâle, slriée de bandes de sclérose, a perdu beaucoup de son épaisseur.

L'urine recueillie dans la vessie n'est pas albumineuse.

Les autres organes sont normaux.

Examen histologique des reins, — Les deux reins présentent un épaississement de la capsule et des bandes de tissu conjonctif adulte qui segmentent le parenchyme en plusieurs îlots. Quelques lobules sont demeurés presque normaux, mais la plupart sont envahis par une sclérose fibrillaire qui entoure presque tous les tubes et nombre de glomérules. La plupart des tubuli,dans tous les lobules, sclérosés ou non, présentent des lésions de plasmoiyse périnucléaire assez intenses. Les tubes droits de la région papillaire contiennent souvent des cellules desquamées.

Examen histologique du foie. — Dans presque toutes les cellules hépatiques, nous constatons un certain degré de clarification du protoplasma et de surcharge glycogénique. Mais cette surcharge n'est pas aussi abondante que dans la plupart des foies étudiés précédemment ; la raréfaction des granulations protoplasmiques est également moins grande ; ces granulations se groupent tantôt à la périphérie de la cellule, tantôt autour du noyau, souvent aussi suivant le grand axe de la cellule et de la travée. Les noyaux sont normaux. La graisse est extrêmement peu abondante.

Le tissu conjonctif du foie est normal, ainsi que les vaisseaux et les canaux biliaires. Il n'existe pas de congestion.

On trouve par-ci par-là, épars en plein lobule, mais surtout au voisinage des veines sus-hépatiques de petits nodules microscopiques, constitués par de grandes cellules mononucléées, à type de 'macrophages, dont plusieurs contiennent du pigment ocre. On peut vraisemblablement admettre qu'il s'agit là d'un processus de résorption d'anciens foyers hémorragiques de petites dimensions.

Expérience 25. — Lapine. Poids 2300 gr.

Le 1 5 novembre^ nous avons mis à nu, par la voie lombaire, le rein gauche et nous l'avons criblé de pointes de feu avec le thermocautère.

Le 27 novembre^ même opération sur le rein droit.

Les jours suivants, le lapin a présenté un amaigrissement considérable ; il a perdu jusqu'à 500 gr., mais bientôt il a repris. Nous

Tavons sacrifié le 12 décembre par traumatisme bulbaire, 27 jours après la première opération et 15 jours après la seconde.

Autopsie, — Le foie est légèrement pâle, de consistance normale. Sous sa capsule on aperçoit 7 ou 8 petits nodules blancs, en forme de tête d'épingle, très durs et saillants. Aucun autre organe, aucun ganglion ne contient de nodules semblables. Le foie pèse 90 gr., c'est-à-dire 4,5 0/0 du poids du corps.

Le rein gauche est notablement diminué de volume, sa capsule est très épaissie ; à la coupe, l'organe est strié de nombreuses bandes de sclérose rayonnant vers le centre.

Le rein droit est presque totalement nécrosé, d'aspect grumeleux, rosé. Il ne reste que quelques parcelles de parenchyme d'aspect normal, vers le hile.

Les autres viscères sont normaux. L'estomac est plein d'aliments.

Examen histologique des reins, — Le rein droit présente une nécrose presque totale, avec début d'envahissement leucocytaire, et de sclérose sur la limite des lésions. Les parcelles du tissu rénal épargnées par la cautérisation au voisinage du hile, contiennent quelques tubuli à épithélium intact ; mais la plupart des tubes sont légèrement dilatés et les cellules sont plus ou moins aplaties et en plasmolyse.

Dans le rein gauche, les lésions sont plus anciennes, plus organisées : de larges bandes de tissu cicatriciel répondent au trajet des pointes de feu ; dans les intervalles, la sclérose est plus discrète, elle encercle tous les tubes et tous les vaisseaux, mais respecte les glomérules. De plus, le rein est très congestionné; les lésions épithéliales sont très accusées, surtout sous l'aspect de plasmolyse périnucléaire.

Examen histologique du foie. — Le foie montre un début de sclérose péri-portale, avec expansion de quelques fibrilles de collagène entre les trabécules voisins.

La paroi de quelques capillaires est nettement épaissie.

Les cellules hépatiques sont presque toutes gorgées de glycogène et on y constate l'augmentation de volume et l'aspect clair du protoplasma que nous avons déjà maintes fois décrit. Le réseau cytoplas-

mique apparaît ici avec une netteté remarquable, les granulations protoplasmiques étant rès raréfiées et reportées à la périphérie de la cellule.

Le glycogène est extrêmement abondant ; la graisse, au contraire, est rare dans les cellules, mais elle forme des amas de granulations assez abondants en dehors des cellules, amas que l'on trouve soit dans les parois des capillaires, soit dans les cellules de Kuppfer (?).

L'état de surcharge glycogénique n'est pas absolument généralisé à tout le lobule ; autour des veines sus-hépatiques deux ou trois rangées de cellules ont conservé l'aspect et le volume habituel ; elles ne contiennent qu'une quantité modérée de glycogène.

Quant aux petits nodules sous-capsulaires que nous avons signalés plus haut, ils montrent, au microscope, un centre granuleux, avec de nombreux noyaux, et une périphérie de structure essentiellement fibreuse qui les encapsule véritablement. Il ne se rencontre dans ces nodules ni bacilles, ni aucun microbe. On peut penser qu'il s'agit là, de tubercules guéris par transformation fibreuse.

Expérience 26. — Lapin. Poids 1800 gr.

Le 17 juillet, nous mettons à nu par la voie lombaire le rein gauche et nous pratiquons dans cet organe de multiples cautérisations avec la pointe fine du thermocautère chauffée au rouge sombre, que nous enfonçons tous les 2 ou 3 millimètres assez profondément pour traverser toute l'épaisseur de la substance corticale. L'hémorragie qui se produit est assez facilement arrêtée par le tamponnement. Nous rentrons le rein dans sa loge et nous suturons. . Le 8 août, même opération sur le rein droit.

Ces deux opérations sont très bien supportées et le lapin augmente régulièrement de poids ; le 22 octobre, il atteint 2750 grammes.

Le 24 octobre, nous pratiquons pour la seconde fois des cautérisations sur le rein gauche : la mise à nu de ce rein est très difficile, car l'organe est enveloppé d'une gangue fibro-graisseuse très épaisse et excessivement adhérente ; la capsule propre est très épaissie et porte des dépressions cicatricielles étoilées. Le rein semble de

volume à peu près normal. Pour la seconde fois nous le criblons de pointes de feu très nombreuses.

Les jours suivants, le lapin présente un peu d 'œdème de la tète, d'ailleurs très passager, et il maigrit de 300 grammes. Le 21 novembre il a presque récupéré son poids primitif : 2650 grammes. Nous recommençons la même opération sur le rein droit qui est entouré, comme l'était le gauche, d'une gangue fibro-graisseuse très adhérente. L'organe est très diminué de volume, et sa consistance est extrêmement ferme ; les cautérisations que nous y pratiquons ne produisent qu'une hémorragie insignifiante, le thermocautère semble s'enfoncer dans un tissu scléreux presque exsangue.

A la suite de cette dernière opération, Tanimal tombe dans un état de prostration assez marqué, mais continue cependant à s'alimenter et ne maigrit plus.

Il est sacrifié le 3 décembre, 140 jours après la première opération, 12 jours après la quatrième et dernière.

Autopsie. — Il n'existe pas d'œdème. La graisse sous cutanée est assez abondante.

Le foie est brun foncé, congestionné et de consistance très ferme : sa surface est sillonnée de quelques dépressions. Il pèse 80 grammes, c'est-à-dire 3, 6 0/0 du poids du corps.

Les deux reins sont entourés d'une gangue fibro-graisseuse épaisse, très adhérente. Leur volume a considérablement diminué, surtout pour le rein droit qui est de consistance très dure. A la coupe, les deux glandes montrent de nombreuses et larges stries blanches, scléreuses, s'enfonçant, comme des rayons, de la capsule vers le centre ; ce qui reste du parenchyme entre ces bandes scléreuses est de couleur normale.

Les glandes surrénales sont très volumineuses.

Les autres viscères sont normaux, l'estomac contient des aliments.

L'urine, retirée de la vessie aussitôt après la mort, contient une notable quantité d'albumine.

Examen histologique des reins. — Les deux reins, dont le volume est fort diminué, présentent de larges bandes de tissu conjonctif adulte, rayonnant de la capsule vers le centre de l'organe ; dans ces

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bandés scléreuses qui représentent les cicatrices des pointes de feu, il ne reste pas trace de tubes, ni de glomérules.

Les parcelles de parenchyme rénal, enserrées entre ces bandes fibreuses, sont elles-mêmes envahies par une sclérose extrêmement diffuse, généralisée, qui enserre chaque tube et chaque glomérule dans un anneau fibreux plus ou moins épais. Beaucoup de ces tubes sont dilatés ; leur épithélium est altéré et leur lumière contient des débris de cylindres. D'autres tubes assez nombreux ne sont pas distendus et présentent des lésions plus ou moins avancées de plasmolyse.

Les glomérules, moins atteints que les tubes par la sclérose, semblent toutefois un peu moins perméables au sang qu'à Tétat normal .

Examen histologique du foie. — Le foie présente, dune part, une congestion très marijuée, allant, en certains points, jusqu'à la production de petits foyers hémorragiques, d'autre part un début de sclérose assez accentuée, bi-veineuse, à prédominance péri-portale ; le tissu conjonctif des espaces de Kiernan envoie de nombreuses ramifications intertrabéculaires. C'est une sclérose adulte : on ne note nulle part d'infiltration embryonnaire.

Les parois des capillaires sont remarquablement épaissies, ce que Ton voit surtout bien sur les préparations colorées à l'hématoxyline- VanGieson(V. planche ITI). Les noyaux endothéliaux de ces capillaires sont volumineux, très colorés et font saillie dans la lumière des vaisseaux.

Les cellules hépatiques ne montrent aucune altération, si ce n est l'existence dans quelques-unes d'entre elles de petites vacuoles atteignant 6 à 8 p de diamètre.

Le glycogène est très peu abondant ; beaucoup de cellules n'en contiennent pas trace.

La graisse est en quantité modérée, répartie assez uniformément dans les cellules ; ses grains sont un peu plus volumineux et un peu plus nombreux au voisinage des espaces portes.

Les résultats que nous avons obtenus à Taide de ce procédé de cautérisation peuvent être rangés en deux groupes :

l*' Chez les trois premiers cobayes (n^^^ 21 , 22, 23), la cautérisation a dépassé le but que nous nous proposions ; la nécrose des reins a été totale^ et les animaux ont succonibé de 36 à 72 heures après la destruction du second rein, absolument comme après une néphrectomie double ou une ligature d'uretère bilatérale.

11 est intéressant de noter qu'il existe une analogie étroite entre les lésions hépatiques observées dans ces deux séries d'expériences.

Ici, comme après néphrectomie ou ligature uretérale double, la congestion du foie est constante, et elle s'accompagne également d'un apport notable de polynucléaires dans les capillaires.

Ici encore, la disparition du glycogène est de règle, et l'aspect grumeleux des cellules hépatiques, par tassement et condensation des granulations protoplasmiques se retrouve identique.

Ici encore, nombre de cellules, surtout celles des zones moyenne et centrale du lobule, ont un protoplasma vacuolisé ; mais le contenu des vacuoles diffère dans les deux séries d'expériences ; en effet, tandis que chez les animaux tués par néphrectomie ou ligature uretérale double les vacuoles des cellules hépatiques ne contiennent que rarement de la graisse, ici cette substance est toujours en abondance, et il semble bien, malgré l'intégrité du noyau, qu'il s'agisse d'un début de dégénérescence graisseuse. Cette lésion, exceptionnelle après néphrectomie ou ligature des uretères, est^elle liée ici à la production de substances toxiques sous l'influence des brûlures du rein? Cette hypothèse, vraisemblable, appelle d'autrestecherches pour en démontrer l'ex-

actitude ; il faudrait examiner l'état du foie après cautérisation profonde d'un organe autre que le rein.

2** Tandis que chez les trois premiers cobayes que nous venons d'étudier la cautérisation avait nécrosé totalement les reins, chez le cobaye n° 24 et chez les deux lapins n^^ 25 et 26, nous avons réussi à provoquer des destructions />ariielles et la diffusion d'une sclérose dans tout le parenchyme rénal. Les reins de ces trois animaux présentent des lésions de sclérose diffuse extrêmement marquée, associées à quelques lésions épithéliales plus ou moins intenses.

ke cobaye n® 24, qui, après avoir très bien résisté aux deux premières cautérisations, se cachectisait lentement à la suite de la troisième, nous montre un foie en état très net de surcharge glycogénique. On y voit en outre les reliquats de petites hémorragies déjà anciennes, consécutives vraisemblablement à la dernière opération.

Le lapin n<* 25, dont l'un des reins est presque totalement nécrosé, tandis que l'autre est atteint de sclérose et de lésions épithéliales importantes, nous montre lui aussi un foie en état de surcharge glycogénique. Mais en outre ce foie présente un début de sclérose péri-portale. Faut-il tenir compte ici des quelques petits tubercules, d'ailleurs complètement enkystés et fibreux, que nous avons signalés? L'affection qui leur a donné naissance a-t-elle joué un rôle dans la production delà sclérose ? Ou bien eelle-ci doit-elle être rapportée exclusivement aux lésions rénales?

C'est vers cette seconde manière de voir que nous inclinons, nous basant sur les deux faits suivants : ' •

Nous avons trouvé, au cours de nos expériences, un autre lapin dont le foie contenait quelques tubercules fibreux,

Laederich 5

identiques à ceux de l'animal en question ; or, ce foie ne portait pas trace de sclérose en dehors des tubercules.

D'autre part, nous observons une sclérose encore plus nette et plus marquée chez le second lapin de cette série (lapin no 26) ; or ici, la seule lésion que Ton puisse invoquer à Torigine des altérations hépatiques est bien la sclérose rénale ; ni coccidiose, ni tuberculose ne sont ici en jeu. Par contre, les deux reins, qui ont subi chacun deux cautérisations à trois mois d'intervalle, présentent une sclérose excessivement diffuse et intense ; il n'est pas un tube qui ne soit entouré d'un anneau plus ou moins épais de tissu c^njonctif, et la majorité de ces tubes sont distendus et comprimés, en même temps que leur épithélium est diversement altéré.

Le foie de cet animal offre deux sortes de lésions : les unes semblent récentes et dépendent sans doute de Tinsuffîsance rénale provoquée par la dernière opération : elles se rapprochent singulièrement, en effet, de celles que nous avons observées constamment dans l'insuffisance rénale aiguë : congestion intense, généralisée, allant jusqu'à la production de foyers hémorragiques, diminution du glycogène et début de vacuolisation du protoplasma.

L'autre type de lésions est évidemment de date plus ancienne ; c'est une sclérose bi-veineuse, à prédominance péri-portale ; le tissu conjonctif des espaces portes, épaissi, envoie de nombreuses expansions entre les trabécules hépatiques. C'est une sclérose adulte ; on n'aperçoit en aucun point d'infiltration embryonnaire. En outre, les parois des capillaires présentent un épaississement des plus remar*quables que nous avons fait figurer sur la planche IIL Ces

parois apparaissent avec une f^paisseur toute fait anormale sur les préparations colorées à 1 hématoxyline Van-Gieson. Les noyaux endothéliaux sont également volumineux, et prennent d'une façon intense les matières colorantes.

Quelle est la signification de ces scléroses hépatiques? Attendons, pour donner une réponse à cette question, d'avoir examiné tous les cas dans lesquels nous les avons observées.

§ 5. — Injeetions intra-parenehyiiiateuses de substaneem eaantiques ou toxiques dans les reins.

Pour provoquer des lésions des reins, nous avons eu l'idée de porter directement dans le parenchyme rénal des caustiques ou des toxiques. Mais il importait d'éviter la diffusion de ces substances dans Torganisme. Nous ne reviendrons pas ici sur la technique à laquelle nous avons eu recours dans ce but et que nous avons suffisamment décrite dans un précédent chapitre.

Nous nous sommes adressé, comme substance caustique, tout d'abord au chlorure de zinc, dont les propriétés sclérosantes sont bien connues, puis à Tacide chromique qui est un caustique peu diffusible.

Parmi les substances toxiques, nous avons choisi le bichlorure de mercure et le cantharidate de potasse, en raison de leur action si élective sur les reins.

Nous réunissons ici les résultats de ces diverses injections ; elles ont produit des effets qui ont varié plus avec la rapidité et l'intensité de l'altération rénale qu'avec la nature de la substance employée.

A. — Injections de chlorure de zinc.

Expérience 27. — Cobaye femelle. Poids 395 gr.

Le 2S octobre, injection de i/2 centimètre cube d'une solution de chlorure de zinc à 10 0/0, dans le rein gauche. Aucun symptôme consécutif, sauf un léger amaigrissement pendant quelques jours.

Le 9 novembre, on pratique la néphrectomie du côté droit par voie lombaire. Le rein ainsi enlevé présente un aspect macroscopique normal .

Le 11 novembre, 48 heures ?iprès cette opération, le cobaye meurt avec quelques convulsions et en rejetant de la spume sanglante par les fosses nasales (œdème aigu du poumon).

Autopsie immédiate", — Poids 380 grammes. L'anasarque est très marquée : le tissu cellulaire sous cutané est infiltré de sérosité ; les séreuses sont le siège d'épanchements.

Le foie pèse 16 grammes, son aspect macroscopique est normal.

Le rein gauche, totalement nécrosé, forme une masse granuleuse , gris rosé.

Dans la glande surrénale droite, on aperçoit de petites hémorragies superficielles. La gauche est normale.

Les poumons sont le siège d'un œdème considérable.

L'estomac est vide.

Examen histologique des reins. — Le rein gauche est totalement nécrosé et parsemé de foyers hémorragiques en voie d'organisation ; dans la capsule épaissie, les cellules conjonctives sont hypertrophiées et prennent le type de macrophages pour envahir les foyers hémorragiques et s'y charger de pigment.

Le rein droit, enlevé par néphrectomie, est normal, à part une très légère congestion.

Examen histologique du foie. — Nous constatons une congestion légère dans la zone centro-lobulaire ; dans les capillaires, nous apercevons de nombreux polynucléaires.

Des altérations cellulaires assez marquées s'observent ; elles prédominent dans la zone moyenne du lobule et autour de la veine sushépatique ; le protoplasma de quelques cellules est d'aspect grume-

leux ; mais, dans la majorité des cellules, il est creusé de vacuoles, souvent nombreuses et volumineuses ; l'acide osmique montre que ces vacuoles sont remplies de grosses gouttes de graisse. Le glycogène a complètement disparu.

Les vaisseaux et les canaux biliaires sont sains. Pas de sclérose.

Expérience 28. — Cobaye femelle. Poids 340 gr.

Le 23 octobre, injection de 1/2 centimètre cube de solution de chlorure de zinc à 10 0/0 dans le rein gauche. Les jours suivants, aucun symptôme. Le poids reste stationnaire. Mais k partir du 6 novembre, ranimai s'amaigrit progressivement.

Le SO novembre^ nous pratiquons la néphrectomie du côté droit. Le rein enlevé est d'aspect normal.

Le cobaye meurt au bout de 24 heures, sans convulsions.

Autopsie immédiate. — Poids 245 gr. Nous notons une légère infiltration œdémateuse du tissu cellulaire sous-cutané.

Le foie, légèrement congestionné, pèse 8 gr. 25.

Le rein gauche est totalement nécrosé et réduit à une petite masse pulpeuse, rosée.

Les glandes surrénales et les autres viscères sont normaux.

L'estomac contient un peu d'aliments.

Examen histologique des reins. — Le rein gauche, complètement nécrosé, ne forme qu'une masse amorphe.

Le rein droit, enlevé par néphrectomie, est très congestionné. On n'aperçoit que quelques lésions très discrètes et très légères de plasmolyse périnucléaire.

Examen histologique du foie. — La congestion est assez marquée ; on aperçoit quelques minimes foyers d'hémorragie. De nombreux polynucléaires se trouvent dans les vaisseaux capillaires, dont les parois semblent tuméfiées.

Les cellules hépatiques ne sont guère modifiées dans leur aspect, mais elles ne contiennent plus trace de glycogène ; la graisse y fait aussi presque complètement défaut.

De plus, le foie montre un début de sclérose fibrillaire intertrabéculaire autour des espaces portes et des veines'sus-hépatiques.

Expérience 29. — Lapin. Poids 2300 gr.

Le 20 septembre^ injection dans le rein gauche d'environ 1 centimètre cube de solution de chlorure de zinc à 10 0/0. Aucun sympôme consécutif.

Le 4 octobre^ même opération sur le rein droit. A la suite de cette opération, Tanimal maigrit. Le 28 octobre, il tombe dans la prostration, est atteint de diarrhée et d'œdème de la tète. Il meurt le 30 octobre, 26 jours après la seconde opération.

Autopsie immédiate. — Le poids de Tanimal est de 1955 grammes. Pas d 'œdème.

Le foie, de volume normal, pèse 73 gr. 50 ; des zones congestionnées alternent avec des zones plus pâles.

La vésicule biliaire est remplie d'une bile très épaisse, vert foncé, presque noire.

Les reins sont entourés d'une capsule très épaisse ; leur substance corticale est striée de bandes de sclérose.

L'estomac est plein d'aliments.

L'intestin ballonné contient du mucus et des fèces.

Les autres viscères sont normaux.

Examen histologique des reins, — Les deux reins sont atteints d'une sclérose diffuse, très intense. De la capsule, considérablement épaissie, partent des bandes fibreuses qui segmentent le parenchyme en plusieurs îlots. Dans ceux-ci, chaque tube et chaque glomérule est entouré d'un anneau de tissu conjonctif ; la cavité des glomérules est distendue ; les bouquets vasculaires sont tantôt atrophiés, tantôt en prolifération cellulaire. Beaucoup de tubes sont atrophiés et leur épithélium est comme ratatiné ou bien en plasmolyse périnucléaire. Toutefois un certain nombre de tubes ont conservé l'aspect normal.

Examen histologique du foie. — Le foie est extrêmement congestionné. Tous les vaisseaux et capillaires sont gorgés de globules rouges ; des polynucléaires nombreux se voient dans les capillaires. Les cellules hépatiques sont pour la plupart d'aspect normal, mais ne contiennent pas de glycogône ; quelques-unes toutefois sont plus volumineuses, ont un protoplasma moins grumeleux, plus clair et

contiennent encore une notable quantité de cette substance. Ces cellules, soit isolées, soit réunies par petits groupes, sont disséminées dans les diverses zones des lobules, sans aucune règle de topographie.

La graisse est modérément abondante, disséminée dans la majorité des cellules, à Tétat de très fines granulations ; dans quelques cellules, cette graisse est très abondante et forme de gros grains de 3 à 6 |x de diamètre ; il n'est pas possible de dire si ce sont les mêmes cellules qui sont à la fois en surcharge glycogénique et en surcharge graisseuse.

Outre la congestion et les modifications cellulaires que nous venons

de décrire, le foie montre encore un début de sclérose adulte péri-

portale, caractérisée par une hyperplasie du tissu conjonctif des es-

•paces portes et par Tinsinuation de quelques fibrilles entre les travées

hépatiques adjacentes.

Pas d'infiltration leucocytaire, pas de lésions des vaisseaux, ni des canaux biliaires.

Expérience 30. — Lapin. Poids 2470 gr.

Le 10 août^ nous faisons, par voie lombaire, une injection dans le rein gauche de 1/4 de cenlimètre cube d'une solution de chlorure de zinc à 10 0/0.

Le 20 août y même opération à droite. Aucun symptôme consécuif , sauf un amaigrissement léger et passager.

Le 6 novembre^ nous recommençons la même opération sur le rein gauche La mise à nu de l'organe est rendue excessivement pénible par l'existence autour du rein d'une gangue fibro-graisseuse très adhérente ; le rein est de volume normal, sa capsule est très épaisse et très résistante. Après avoir placé la pince sur le pédicule rénal, nous injectons en plein parenchyme environ 1 centimètre cube de la solution de chlorure de zinc.

Cette opération ayant été très bien supportée par l'animal, nous recommençons de même sur le rein droit le ^7 novembre.

Le 6 décembre, l'animal est un peu prostré ; nous le sacrifions.

Autopsie. — Le foie est d'aspect normal, mais très ferme ; il pèse 85 gr.

Les deux reins sont enveloppés d'une gangue fibro -graisseuse, excessivement épaisse, résistante et adhérente. Le rein droit est volumineux et montre une coupe bigarrée par ralternance de zones de nécrose et de zones hémorragiques avec des bandes de sclérose ancienne. Le poids est de 23 grammes.

Le rein gauche est de volume normal, mais très ferme ; sur la coupe on aperçoit de nombreuses stries de sclérose ancienne. L'organe pèse 13 gr. 5.

Les autres viscères sont d'aspect normal.

L'estomac est rempli d'aliments.

Examen histologique des reins, — Le rein gauche est envahi par une sclérose excessivement développée ; de la capsule, considérable-» ment épaissie, partent de larges bandes de tissu conjonctif très dense, au milieu duquel on ne reconnaît plus qu'avec peine quelques vestiges de glomérules et de tubes. Les portions de parenchyme rénal limitées par ces larges tractus fibreux sont elles-mêmes envahies par une sclérose'diffuse qui encercle d'un anneau plus ou moins épais de tissu conjonctif chaque tube et chaque glomérule. La plupart des tubes sont altérés : les uns sont dilatés, les autres comprimés ; ils présentent presque tous diverses lésions de leur épithélium : abrasion ou plasmolyse périnucléaire à divers degrés. Les glomérules sont tassés, d'aspect plus dense que normalement ; les noyaux y paraissent être en nombre exagéré.

Le rein droit dans lequel la seconde injection a été pratiquée 9 jours seulement avant qu'on ne sacrifiât Tanimal, présente une nécrose étendue et de volumineux foyers hémorragiques ; un début d'infiltration leucocytaire entre les tubes nécrosés est déjà appréciable sous la capsule ; en dehors de la zone nécrosée, le parenchyme est sclérosé, comme celui du rein gauche, avec des lésions épithéliales encore plus accentuées: abrasion cellulaire, plasmolyse, desquamation, dégénérescence graisseuse.

Examen histologique du foie. — Les cellules hépatiques se présentent presque toutes avec l'augmentation de volume et l'aspect clair.

liés à une abondante surcharge de glycogène; les granulations raréfiées du protoplasma sont le plus souvent accumulées aux pôles biliaires des cellules ; la graisse se trouve en quantité modérée.

D'autre part, ce foie est nettement sclérosé ; le tissu conjonctif des espaces portes est notablement plus abondant qu'à l'état normal ; il envoie de fines ramifications qui s'insinuent entre les trabécules de cellules hépatiques, et forme aussi quelques bandes scléreuses assez larges, qui encerclent plus ou moins complètement certains lobules. On remarque encore, dans quelques espaces portes, de petits amas leucocytaires ; mais ils sont rares ; presque partout il s'agit d'une slérose adulte. Quant aux vaisseaux et aux canaux biliaires qui cheminent dans les espaces portes, ils ne présentent aucune altération.

B. — Injections d'acide ghromique.

Expérience 31. — Cobaye femelle. Poids 565 gr.

Le 12 octobre^ nous injectons dans le rein gauche i/2 centimètre cube de solution d'acide chromique à 1 0/0.

Le 19 novembre^ même opération sur le rein droit.

L'animal meurt le 21 novembre, 44 heures après la seconde opération.

Autopsie une demi-heure après la mort.

Le rein gauche est très réduit de volume, pâle et dur.

Le rein droit est volumineux, extrêmement congestionné, et d'aspect grumeleux.

Le foie est congestionné, avec des zones plus jaunes ; Torgane, de consistance très molle, pèse 31 gr. !25.

La glande surrénale droite est parsemée de petits foyers hémorragiques. Rien à signaler dans les autres viscères.

Examen histo logique des reins. — Le rein gauche présente une hyperplasie considérable du tissu conjonctif. Une sclérose encore jeune, généralisée, entoure tous les tubes et envahit les glomérulcs. Presque tous les tubuli sont dilatés, leur épithélium est abrasé ou en plasmolyse ; quelques-uns contiennent des cylindr^js albumineux.

Le rein droit est totalement nécrosé ; les cellules sont comme fixées

par l'acide chromique ; le protoplasma est homogène, grenu, très acidophile ; le noyau, ratatiné en un bloc se colore d'une façon très intense. Nous constatons enfin un début de dégénérescence graisseuse, mais pas d'infiltration leucocytaire.

Examen histologique du foie. — Il existe une congestion intense dans la zone centro-lobulaire ; les capillaires ectasiés sont gorgés de globules rouges et contiennent de nombreux leucocytes monoet polynucléaires.

Les cellules hépatiques, restées d'apparence normale dans la zone périphérique du lobule, présentent, dans la zone moyenne, une vacuolisation très accentuée de leur protoplasma ; certaines cellules sont complètement creusées par les vacuoles, on ne distingue plus trace du réseau cytoplasmique. Dans la zone centrale du lobule, au pourtour de la veine sus-hépatique, entre les capillaires considérablement ectasiés, les cellules sont ratatinées, leur protoplasma est devenu homogène et très acidophile, leurs noyaux difficilement colorables. Entre ces cellules ratatinées et les parois des capillaires, un certain, espace existe, rempli de sérosité (œdème).

Le glycogène a presque totalement disparu ; quelques rares cellules en contiennent encore de pejtites quantités. Par contre, l'acide osmique montre avec évidence qu'il existe ici une grande quantité de graisse ; ce sont des gouttelettes graisseuses qui remplissent presque toutes les vacuoles décrites ci -dessus dans les cellules hépatiques.

Pas de lésions du tissu conjonctif, ni des vaisseaux, ni des canaux biliaires.

Expérience 32. — Cobaye mâle. Poids 625 grammes.

Le 15 octobre^ nous injectons 1/2 centimètre cube de solution d'acide chromique à 1 0/0 dans le rein gauche.

Le 6 novembre, même opération sur le rein droit.

L'animal est sacrifié le 7 novembre, 28 heures après la seconde opération, au moment où il agonise.

Autopsie. — Il n'existe pas d'œdème.

Le rein gauche est nécrosé, réduit à une petite masse dure, jaupâtre.

Le rein droit présente un aspect hémorragique.

Le foie est le siège d'une congestion intense. Poids 20 gr. 50.

La glande surrénale droite contient à son centre un petit foyer d'hémorragie.

Les autres viscères sont normaux.

Examen histologique des reins. — Le rein gauche est totalement nécrosé. On remarque un envahissement colossal de leucocytes entre les débris des tubuli, et un début de formation de tissu scléreux.

Le rein droit est rempli de foyers hémorragiques ; les cellules des tubuli sont fixées par Tacide chromique ; leur protoplasma est grenu, acidophile ; leurs noyaux forment un bloc homogène, prenant très vivement les colorants.

Examen histologique du foie. — Les lésions du foie sont tout à fait semblables à celles du cas précédent (cobaye n° 31). La congestion est peut-être un peu plus intense ici, tandis que la vacuolisation et la sur(*harge graisseuse des cellules est un peu moins marquée. Le glycogène a également disparu presque en totalité. Pas de lésions intertitielles.

Expérience 33. — Cobaye femelle. Poids 350 gr.

Le 23 octobre^ nous injectons 3/4 de centimètre cube de solution d'acide chromique à 1 0/0 dans le rein gauche.

Le 30 novembre^ néphrectomie droite ; le rein enlevé est d'aspect normal.

L'animal agonisant est sacrifié le 2 décembre à 11 heures du soir, 57 heures après la deuxième opération.

Autopsie. — Il existe un œdème sous cutané très marqué ainsi qu'un épanchement séreux abondant dans le péritoine et dans les plèvres.

Le rein gauche est réduit à une petite masse blanchâtre.

Le foie est un peu congestionné et très mou.

L'estomac est presque complètement vide.

La vessie ne contient pas d'urine .

Examen histologique des reins. — Le rein gauche est totalement détruit, abondamment infiltré de leucocytes,

Le rein droit, enlevé par néphrectomic, est très congestionné, mais les tubes et les glornérules sont intacts.

Examen histologique du foie, — Il existe une congestion mar quée, surtout dans la zone péri- sus-hépatique. Les capillaires contiennent beaucoup de polynucléaires ; les noyaux de leur endothélium semblent un peu tuméfiés.

Les cellules ne montrent pas de lésions appréciables ; elles ne contiennent plus trace de glycogène, et la graisse y est également très peu abondante.

Pas de sclérose. Pas de lésions des vaisseaux, ni des canaux biliaires.

G. — Injections de BicnLORURE de mercure.

Expérience. 34. — Cobaye femelle. Poids 540 gr.

Le 23 octobre, nous injectons 1/2 centimètre cube de solution de sublimé à 2 0/00 dans le rein gauche.

Le Î2 novembre, néphrectomie droite ; rein d'aspect normal. L'animal agonisant est sacrifié le 14 novembre, 55 heures après la seconde opération.

Autopsie. — L'anasarque est très abondante; le péritoine et les plèvres renferment un épanchement séreux.

Le foie est légèrement congestionné et pèse 18 gr. 50.

Le rein gauche, nécrosé en totalité, est réduit à une petite masse blanche, assez ferme.

L'es poumons sont congestionnés et œdématiés.

Les autres viscères apparaissent normaux.

Examen histologique des reins, — Le rein gauche est nécrosé dans toute son étendue; on y constate un début d'infiltration leucocytaire et de dégénérescence graisseuse.

Le rein droit est très congestionné, mais n'ofl*re pas d'autre altération.

Examen histologique du foie. — La congestion est assez intense et a amené quelques petites hémorr.igies surtout dans les zones centro-lobulaires.

Les cellules hépatiques ont pour la plupart Taspect grumeleux, et

celles de la zone péri-sus-hépatique sont creusées de très nombreuses vacuoles que Tacide osmique montre remplies de grosses gouttes de graisse. Les noyaux de ces cellules sont intacts.

11 ne reste pas trace de glycogène.

Le tissu conjonctif est sain.

Expérience 35. — Cobaye mâle. Poids 255 gr.

Le 19 novembre^ injection de 1/4 de centimètre cube de solution de sublimé à 2 0/00 dans le rein gauche.

Le 30 novembre^ injection de 1/2 centimètre cube de solution de sublimé à 1 0/00 dans le rein droit.

L'animal meurt le lendemain, 29 heures après la seconde injection. *

Autopsie immédiate. Nous trouvons des traces d'oedème sous-cutané, mais pas d'épanchement dans les séreuses.

Le foie, congestionné, pèse 12 gr. 25 .

Le rein droit, très volumineux, a un aspect hémorragique .

Le rein gauche est réduit de volume, blanc rosé et très ferme.

La glande surrénale droite est le siège d'une petite hémorragie centrale.

Examen histologique des reins. — Le rein gauche est nécrosé dans une grande étendue, avec foyers hémorragiques. La portion subsistante de son parenchyme présente des lésions considérables, interstitielles et épithéliales : hyperplasie du tissu conjonctif, avec infiltration embryonnaire ; dilatation et atrophie des tubes ; aplatissement, desquamation, ou plasmolyse de Tépithélium ; présence de cylindres albumineux dans nombre de tubes. Les glomérules sont à peu près intacts. Dans la région médullaire, nous trouvons de la congestion et de Tœdème interstitiel ; tous les tubes sont dilatés, leur épithélium est desquamé, et leur lumière est encombrée de cellules et de débris de cylindres.

Le rein droit est atteint d'une congestion très intense, avec nombreux foyers hémorragiques Les lésions épithéliales sont variées, très profondes, absolument diffuses Tous les tubes sont encombrés

de cellules desquamées. Les cavités glomérulaires sont distendue s par une substance grumeleuse .

Examen histologique du foie. — La congestion du foie est intense ; les capillaires contiennent de nombreux polynucléaires.

Les cellules de la périphérie du lobule sont d'aspect normal, mais celles de la zone moyenne et de la zone péri-sus-hépatique présentent Taspect grumeleux; beaucoup d'entre elles sont creusées de vacuoles plus ou moins irrégulières et volumineuses. Leurs noyaux ne sont pas altérés. Un petit nombre de ces vacuoles seulement contiennent quelques gouttelettes de graisse.

Toutes les cellules sont vides de glycogène.

Pas de lésions du tissu conjonctif , ni des vaisseaux.

D. — Injections de cantharidate de potasse.

Expérience 36. — Cobaye mâle. Poids 565 gr.

Le 5 novembre^ injection de 1 centimètre cube de solution de cantharidate de potasse à 0, 5 0/00 dans le rein gauche.

Le 9 novembre, néphrectomie droite. Le rein enlevé est d'aspect macroscopique normal.

L'animal succombe le 11 novembre, 46 heures après la seconde opération.

Autopsie. — 11 n'existe pas d'œdème. Le foie est légèrement congestionné et pèse 26 gr. 25.

Le rein gauche est volumineux, d'aspect bigarré, blanchâtre et rouge violacé.

Les poumons sont extrêmement congestionnés et œdématiés. La vessie est vide.

Examen histologique des reins. — Le rein gauche est nécrosé dans toute son étendue ; l'épithélium des tubuli est rétracté, leurs noyaux incolorables ; les bouquets glomérulaires sont également rétractés ; entre les tubes le tissu conjonctif est œdématié ; début de dégénèrescence graisseuse. A la périphérie, nous trouvons une infiltration de leucocytes entre les tubes.

Le rein droit montre de minimes lésions de plasmolyse périnucléaire .

Examen histologique du foie. — La congestion y est marquée. Les lésions cellulaires prédominent dans la région péri-sus-hépatique ; quelques cellules ont leur protoplasma grumeleux ; beaucoup sont creusées de vacuoles, remplies pour la plupart de grosses gouttes de graisse. Le glycogène a complètement disparu.

Expérience 37. — Cobaye femelle. Poids 560 gr.

Le 5 novembre^ injection de i centimètre cube de solution de cantharidate de potasse à 0, 5 0/00 dans le rein gauche.

Le 19 novembre^ même opération à droite. L'animal maigrit, ses poils tombent. Il est sacrifié le 10 décembre, 21 jours après la seconde opération. Il pèse à ce moment 480 grammes.

Autopsie . — Nous ne trouvons pas d'oedème ; le foie est volumineux, de teinte jaunâtre, il pèse 26 grammes.

Le rein gauche est volumineux, blanchâtre.

Le rein droit est nécrosé, grumeleux et très réduit de volume.

Tous les autres organes paraissent sains ; Turine contenue dans la vessie présente des traces d'albumine.

Examen histologique des reins. — Le rein droit est en nécrose totale ; envahi, à la périphérie, par des leucocytes.

Le rein gauche montre des lésions de néphrite diffuse, portant à la fois sur le tissu conjonctif et sur les épithéliums ; le premier est partout en prolifération, il engakie les tubes et les glomérules d'un anneau encore peu dense où abondent les cellules conjonctives jeunes. Les glomérules et les tubes sont les uns dilatés, les autres atrophiés, comprimés ; Tépithélium est abrasé ou en plasmolyse ; dans quelques tubes cependant, il paraît intact.

Examen histologique du foie, — Nous n'observons pas de congestion, mais un apport de polynucléaires assez abondants dans les capillaires. Toutes les cellules hépatiques sont volumineuses et présentent l'état clair qui correspond à une infiltration très abondante de glycogène ; il ne reste pas une seule cellule qui ne soit ainsi mo-

— Codifiée. La graisse existe en très minime quantité. Le tissu conjonctif et les vaisseaux sont normaux.

Expérience 38. — Cobaye femelle. Poids 530 gr.

Le 5 novembre^ injection de 1 centimètre cube de solution de cantharidate de potasse à 0,5 0/00 dans le rein gauche. Amaigrissement consécutif ; le poids tombe à 450 grammes.

Le 2i novembre, même opération sur le rein droit. Amaigrissement, chute des poils, prostration. L'animal est sacrifié le 27 novembre, , 6 jours après la seconde opération ; il ne pèse plus que 380 grammes.

Autopsie. — 11 n'existe pas d'œdème. Le foie est d'aspect normal, mais de consistance très molle.

Le rein gauche, totalement nécrosé, forme une petite masse pulpeuse, rosée.

Le rein droit est volumineux, parsemé de foyers hémorragiques qui lui donnent un aspect bigarré.

Les autres viscères sont normaux.

Examen histologique des reiris. — Le rein gauche est en nécrose totale ; à sa périphérie, il subit Fenvahissement leucocytaire.

Le rein droit, dans une assez grande portion de son étendue, est rempli de foyers hémorragiques et de vaisseaux dilatés à l'extrême et gorgés de sang. Les tubuli sont nécrosés et partout on note un apport colossal de polynucléaires. Sous la capsule, le tissu conjonctif commence à réagir, ses cellules se multiplient.

En dehors de cette zone de nécrose et d'hémorragies, le parenchyme rénal est profondément altéré par une néphrite aiguë ; il existe une congestion intense» une prolifération active des cellules conjonctives, une dilatation des tubuli, dont l'épithélium montre tous les degrés d'altération : plasmolyse, tuméfaction trouble, desquamation, destruction complète. La lumière de beaucoup de ces tubes est encombrée de cylindres albumineux ; les glomérules sont pleins de sang.

Examen histologique du foie. — La congestion existe, mais à un degré léger. Les cellules hépatiques ont, d'une façon générale, conservé leur aspect normal, mais elles contiennent très peu de glyco-

gène, Un certain nombre parmi elles présentent l'aspect condensé, grumeleux et ne possèdent pas trace de glycogène ; d'autres, au contraire, sont volumineuses, distendues ; leur protoplasma est clair et riche en glycogène, Ces divers états de la cellule hépatique s'entremêlent dans chaque lobule, sans aucune règle de répartition topographique. La graisse eist, en général, très peu abondante ; quelques rares cellules en contiennent une goutte volumineuse. ; Pas d'altérations des vaisseaux, ni du tissu conjonctif.

Nous devons tout d'abord justifier le procédé auquel nous avons eu recours ici : on pourrait invoquer, en effet, pour expliquer les lésions hépatiques que nous avons obtenues dans cette série d'expériences, la diffusion dans l'organisme des substances nocives injectées dans les reins.

Mais cette objection ne résiste pas à l'observation du fait suivant: lorsqu'après avoir injecté une substance toxique dans un seul rein, nous enlevions l'autre rein quelques jours plus tard par néphrectomie, nous ne trouvions dans ce dernier qu'une minime congestion^ suffisamment expliquée, d'ailleurs, par l'attrition exercée sur lui pendant l'opération ; mais aucune lésion de néphrite n'y était visible, alors même que la substance toxique employée (sublimé ou canthari* date) était de celles qui portent habituellement leurs effets avec une prédilection toute marquée sur les reins lorsqu'elles produisent une intoxication générale. Cette constatation nous paraît suffire à justifier le procédé employé, et nous autorise à attribuer aux seuls troubles de la fonc^ tion rénale les lésions hépatiques observées ici.

A. . — Sur les douie animaux de cette série d'expériences, huit sont morts rapidement, de 24 à 57 heures après l'opération portant sui* le second rein; dans ces cas, les injeç- L^ederich 6

lions caustiques avaient déterminé une nécrose totale des reins; et soit que ces injections aient été bilatérales, soit qu'elles aient été unilatérales et qu'on ait ensuite enlevé le second rein par néphreclomie, tous ces animaux ont vu supprimer complètement, à quelques jours d'intervalle, les fonctions de leurs deux reins. Ils sont morts dans les délais habituels, et a leur autopsie, nous avons trouvé des reins nécrosés ordinairement dans leur totalité, et envahis à leur périphérie par des leucocytes, polynucléaires et macrophages, venant résorber ce tissu mortifié. Dans quelques cas, la nécrose des reins, pour être très étendue, n'était pas totale, et il restait au voisinage du hile une petite zone de parenchyme ; mais celui-ci présentait alors des lésions épithéliales si intenses que la fonction rénale était assurément annihilée d'une façon complète.

Or les foies de ces huit animaux nous ont tous présenté des lésions identiques à celles que nous avons déjà constamment rencontrées, tant après néphrectomie ou ligature uretérale double, qu'après cautérisation massive des deux reins : congestion plus ou moins intense, mais constante, allant jusqu'à la production de petits foyers hémorragiques chez deux cobayes [n<> 34 (sublimé) et n** 28 (chlorure de zinc)], — apport de nombreux polynucléaires dans les capillaires, — disparition presque toujours complète du glycogène, ~ enfin modifications de Taspect des cellules hépatiques. Seuls, deux cobayes qui avaient reçu dans un rein l'un (n*^ 33) de l'acide chromique, l'autre (n* 28) du chlorure de zinc, et qui avaient succombé à l'ablation de l'autre rein, n'ont pas montré d'altération notable de leurs cellules hépatiques. Dans tous les autres cas, les cellules

ont présenté, les unes l'aspect grumeleux, les autres la vacuolisation de leur protoplasma ; toujours ces lésions cellulaires prédominaient dans la zone centro-lobulaire lorsqu'elles n'y étaient pas exclusivement localisées ; constamment dans ces cas, les vacuoles protoplasmiques étaient liées à la présence de volumineuses gouttes de graisse qui remplissaient plus ou moins complètement nombre de cellules.

Nous retrouvons donc ici des modifications'du foie très comparables à celles que provoque la suppression des fonctions rénales par néphrectomie ou ligature uretérale double; mais l'analogie est encore plus complète avec les lésions hépatiques provoquées par la cautérisation massive des reins ; dans les deux séries d'expériences, en effet, on retrouve, associée aux autres lésions communes, cette même infiltration graisseuse dans les cellules vacuolisées. Ici encore, il nous semble logique de supposer la production de substances toxiques dans les tissus mortifiés, substances toxiques qui jouent sans doute un rôle dans la production de cette infiltration graisseuse du foie.

B. — Chez les -quatre autres animaux de cette série (^lapins 29 et 30, cobayes 37 et 38),nous avons réussi à ne produire que des nécroses partielles des reins, avec lésions de néphrite diffuse dans le reste du parenchyme.

Les deux cobayes ont reçu du cantharidate de potasse dans les deux reins ; l'un de ces organes a été nécrosé dans toute son étendue ; l'autre montre des lésions généralisées et intenses de néphrite mixte, surtout épithéliale. Les deux lapins ont reçu du chlorure de zinc ; chez eux, les lésions interstitielles l'emportent sur les lésions épithéliales.

Deux de ces animaux (cobaye 38, lapin 29) ont mal résisté à ces lésions : le cobaye, très malade, a été sacrifié le sixième jour; le lapin est mort au bout de vingt-six jours. Les deux autres animaux (cobaye 37, lapin 30) ont résisté beaucoup mieux ; ils ne paraissaient pas très malades au moment où on les a sacrifiés, le cobaye vingt et un jours après la seconde opération, le lapin dix jours après la quatrième injection intra-rénale.

Or les foies de ces quatre animaux montrent deux types 4e modifications tout à fait opposés.

Les deux premiers présentent des altérations qui se rapprochent beaucoup par leur nature de celles que nous avons observées chez les animaux succombante la suppression complète et brusque des fonctions rénales ; mais ces altérations se trouvent ici à des degrés moindres, et différents même dans l'un et l'autre cas :

Chez le lapin 29, qui avait fini par succomber à sa néphrite, le foie montre une congestion intense, avec apport de nombreux polynucléaires dans les capillaires ; en outre^ le glycogène a presque complètement disparu, la plupart des cellules hépatiques n'en contiennent plus trace ; seules, un très petit nombre de cellules montrent qu'elles résistent encore, elles présentent l'aspect clair et renferment du gly-* cogène en notable quantité. Mais cette réaction, au moment de la mort de l'animal, est minime.

; Chez le cobaye 38, que nous avons sacrifié au 6® jour après l'injection de cantharidate dans le second rein, et qui semblait assez malade, quoique encore résistant, le foie était moins congestionné que chez l'animal précédent ; le glycogène avait moins complètement disparu, il en restait

une petite quantité dans la plupart des cellules; quelquesunes seulement en étaient complètement dépourvues et avaient pris l'aspect grumeleux ; d'autres par contre en contenaient une quantité exagérée et avaient pris l'aspect clair. Mais ici encore la réaction du foie était peu vive, et semblait plutôt commencer à fléchir.

Les deux autres animaux qui, au moment où on les a sacrifiés, résistaient d'une façon beaucoup plus efficace à des lésions rénales d'ailleurs moins nécrotiques, montrent un état tout différent de leur foie : toutes les cellules hépatiques sont volumineuses, en état clair, et gorgées d'une grande quantité de glycogène, état qui répond sans doute, comme nous Tavons déjà vu maintes fois, à une suractivité antitoxique du foie.

Outre ces modifications cytologiques, le foie des deux lapins présente un début manifeste de sclérose péri-portale, sclérose adulte, fibrillaire, plus développée chez le lapin 30, dont la sclérose rénale avait évolué pendant près de quatre mois, que chez le lapin 29 qui avait succombé en moins d'un mois.

§ 6. — Injections intra- veineuses et sons-entanées d'urine et de divers poisons urinaires.

Nous avons enfin étudié les modifications hépatiques que peuvent déterminer les injections intraveineuses ou souscutanées d'urine en nature ou de diverses substances plus ou moins toxiques que l'on rencontre dans l'urine normale. Mais, sur ce point, nos recherches sont encore très incomplètes. D'ailleurs, s'il est intéressant de rechercher l'action

que peuvent exercer ces subslsri^ces sur le foie, il ne faut pas se dissimuler que ce n'est là qu'un procédé détourné et ne reproduisant que très imparfaitement les conditions de l'insuffisance rénale. Celle-ci, en effet, il ne faut pas l'oublier, retient dans l'organisme, non point de l'urine, mais les éléments qui devraient devenir de Turine.

Nous avons indiqué au début de notre travail la technique que nous avons suivie dans ces expériences.

A. — Injections intra-veineuses d'urine.

Expérience 39. — Lapine. Poids 2870 gr.

Injections intra-veineuses de 10 centimètres cubes rf't«nwe,répétées tous les 2 ou 3 jours du 9 juillet au 2 août. L'animal a reçu au total 110 centimètres cubes en 25 jours. Il a maigri de 500 grammes, sans présenter aucun autre symptôme.

Le 2 août, il meurt subitement pendant Tinjection par suite de J'introduction accidentelle d'une bulle d'air dans la veine.

L'autopsie, pratiquée immédiatement, montre des reins d'aspect normal. Le foie est volumineux, brun marron foncé, de consistance normale. Il pèse 125 grammes, c'est-à-dire 5, 2 0/0 du poids de l'animal. Les autres viscères sont d'aspect normal.

Examen histologique des reins. — Lésions étendues et marquées de plasmolyse périnucléaire (Gastaigne et Rathery).

Examen histologique du foie. — Toutes les cellules hépatiques présentent un état clair dû à la raréfaction des granulations protoplasmiques et à leur agglomération à la périphérie de la cellule. Elles sont infiltrées d'une quantité considérable de glycogène, et contiennent peu de graisse. Les noyaux sont normaux.

Pas de sclérose, pas d'angiocholite ; vaisseaux sanguins normaux.

Expérience 40. — Lapin. Poids 2530 gr.

Injections intra-veineuses de 20 centimètres cubes d'urine , répétées tous les 2 ou 3 jours du 19 septembre au 16 novembre.

A reçu en tout 640 centimètres cubes d'urine en 59 jours.

Aucun symptôme pendant les 45 premiers jours. Puis amaigrissement assez rapide ; Tanimal perd 300 grammes en 10 jours, et paraît très prostré.

Leil novembre, il est sacrifié par traumatisme bulbaire, 24 heures après la derrière injection.

A l'autopsîey le foie est de volume normal, un peu pâle, et de consistance plus ferme que normalement ; il pèse 96 grammes, c'està-dire 4,26 0/0 du poids du corps.

Les reins sont d'aspect normal et pèsent 7 gr. 10 et 7 grammes.

L'estomac et les intestins sont 'remplis de matières alimentaires.

Tous les autres viscères paraissent normaux.

Examen histologique des reins, — Quelques lésions discrètes, parseminées de plasmolyse périnucléaire.

Examen histologique du foie. — Les cellules hépatiques sont considérablement hypertrophiées, surtout autour des espaces portes, et présentent Taspéct clair par raréfaction des granulations protoplasmiques, qui s'accumulent au voisinage des pôles biliaires de la cellule. Ces cellules en état clair sont surchargées de glycogène, et contiennent quelques fines granulations graisseuses.

Pas de congestion. Pas de sclérose. Vaisseaux et canaux biliaires normaux.

Expérience 40 bis. — Lapin. Poids 2830 gr.

Injections de 20 centimètres cubes d'urine, répétées tous les 2 ou 3 jours, d'abord intra-veineuses du 19 septembre au 6 novembre, puis sous-cutanées du 8 novembre au 11 décembre, les veines de Toreille étant devenues imperméables à l'aiguille.

A reçu en tout 1.020 centimètres cubes d'urine en 83 jours.

Aucun symptôme. Poids stationnaire pendant deux mois : puis léger amaigrissement (2750 gr.).

L'animal est sacrifié par traumatisme bulbaire le 19 décembre, huit jours après la dernière injection .

A l'autopsie, le foie est augmenté de volume, de teinte un peu plus pâle que normalement, de consistance ferme ; il présente â la

coupe quelques tractus fibreux, blanchâtres. Il pèse 140 grammes, c'est-à-dire 5 0/0 du poids du corps.

Les reins sont d'aspect normal et pèsent respectivement 7 gr. 45 et 7 gr. 80. Tous les autres viscères paraissent également sains.

Examen histologique des reins, — Les glomérules et la grande majorité des tubes sont normaux. Quelques tubuli contorti présentent des lésions de plasmolyse périnucléaire assez accusées.

Examen histologique dû foie, — Presque toutes les cellules hépatiques présentent Tétat clair avec surcharge glycogénique. Quelques îlots de cellules ont conservé l'aspect habituel, notamment autour des espaces portes et des veines sus-hépatiques.

La graisse est extrêmement peu abondante.

Léger degré de sclérose adulte péri-portale, avec prolongements pénicillés entre les travées cellulaires. Pas d'infiltration embryonnaire. Pas de lésions des vaisseaux, ni des canaux biliaires.

Expérience 41. — - Lapine. Poids 2245 gr.

Injections intra-veineuses de ÎO centimètres cubes d'urine^ répétées tous les 2 ou 3 jours, sans interruption du 6 août au 17 octobre.

Le 20 octobre, la lapine, qui était devenue pleine, met bas ; ses petits sont tués aussitôt, donc pas d'allaitement. L'animal pèse à ce moment 3190 gr.

Le 25 octobre, on reprend la série d'injections qui avait été interrompue depuis le 17, et on la continue jusqu'au 24 novembre. Mais les dernières injections sont pratiquées sous la peau^ les veines des oreilles étant devenues. imperméables à l'aiguille.

La lapine a reçu en tout 520 centimètres cubes d'urine,en l'espace de 111 jours.

Elle a très bien supporté ces injections jusqu'au moment où elle a mis bas A partir de ce moment, elle maigrit continuellement, et tombe de 3190 grammes à 2630 grammes, en même temps qu'elle présente une certaine prostration ; cependant elle continue à bien manger.

Le 26 novembre, on la sacrifie par traumatisme bulbaire.

A Vautopsie , on trouve quelques vésicules de coccidiose dans Tépiploon ; mais aucune intra- viscérale.

Les reins sont plutôt petits, assez fermes à la coupe, dé teinte un peu pâle ; ils pèsent chacun 8 gr. 6.

'- Le foie est volumineux, jaune, très ferme, à surface sillonnée de dépressions, paraissant atteint à la fois de cirrhose et de dégénérescence graisseuse. Sa densité semble diminuée; il ne pèse que 102 gr., c'est-à-dire 3,9 0/0 du poids de Tanimal.

Les glandes surrénales sont d'aspect normal, de même que tous les autres viscères, notamment l'utérus. L'estomac et l'intestin sont pleins d'aliments.

Examen histologique des reins. — Quelques rares tubes montrent un très léger degré de plasmolyse périnucléaire. Pas de congestion, ni de sclérose.

Examen histologique du foie. — Les cellules hépatiques sont excessivement altérées : elles présentent une augmentation de volume souvent considérable avec aspect clair par raréfaction des granulations protoplasmiques, avec conservation du réticulum cytoplasmique coïncidant avec une surcharge de glycogène, et d'autre part elles sont creusées d'énormes vacuoles, qui contiennent de g:rosses gouttes de graisse. Glycogène et graisse coexistent dans les mêmes cellules. Les noyaux de ces cellules sont normaux, et même souvent hypertrophiés.

Léger degré de sclérose adulte, bi-veineuse, avec irradiations pénicillées' entre les travées de cellules hépatiques.

Pas d'infiltration embryonnaire. Vaisseaux et canaux biliaires normaux.

Expérience 42. — Lapin. Poids 2345 gr.

Injections deJO centimètres cubes d'urine^ répétées tous les 2 ou 3 jours, d'abord intra- veineuses, du 6 août au 10 novembre, puis souscutanées, du 13 novembre au 8 décembre (les veines des oreilles sont devenues à la longue imperméables à l'aiguille).

A reçu en tout 700 centimètres cubes d'urine en 124 jours.

Aucun symptôme. Augmentation de poids pendant les trois premiers mois (atteint 3050 gr. le 10 novembre), puis léger amaigrissement (pèse 2850 gr. le 8 décembre).

Sacrifié le 3 janvier 1907, vingt-cinq jours après la dernière injection.

Kanimal a augmenté de 340 grammes pendant ces 25 jours (poids 3190 gr.).

Autiste, — 'Lcffôie est volumineux, un peu pâle, de consistance très ferme ; surface; 'lisse ; ^quelques tcaetus fibreux^ bla»ebâtr^, sur les coupes. Le foie pèse 137 granuties, c'est-^dire 4^ 3 0/0 du ^poM^ du corps.

Les reins sont d'aspect normal ; ils pèsent 9 gr. 20 et 9 gr. 30.

L'estomac est plein d'aliments.

Les autres viscères paraissent normaux.

L'urine contenue dans la vessie n'est pas albumineuse.

Examen histologique des reins. — L'un des reins est absolument normal.

L'autre montre un certain nombre de tubuli dont les cellules présentent un espace clair autour du noyau ; mais partout la bordure en brosse est parfaitement intacte, et le noyau d'aspect normal.

Examen histologique du foie. — La plupart des cellules hépatiques présentent un léger degré de clarification du protoplasma et de surcharge glycogénique ; mais ces modifications sont beaucoup moins intenses que dans les cas précédents. Les cellules qui avoisinent les espaces portes et les veines sus-hépatiques ont conservé leur aspect normal, et contiennent moins de glycogène que les autres.

La graisse est en quantité modérée, plus abondante dans les parois des capillaires que dans l'intérieur des cellules hépatiques.

Le tissu conjonctif est nettement en prolifération autour des espaces portes; les noyaux y sont en très grand nombre, mais celte sclérose s'infiltre peu dans l'intérieur des lobules, qu'elle tend à entourer plus qu'à envahir.

B. — Injections intra-veineuses d'urée.

Expérience 43. — Lapin. Poids 2050 gr.

Injections intra-veineuses de ÎO centimètres cubes ^puis de 20 centimètres cubes de solution d'urée à 30 0/0, répétées tous les jours du 27 décembre au 6 janvier. A reçu en tout 130 centimètres cubes, c'est-à-dire 39 grammes d'urée en dix jours, sans présenter de phénomènes morbides apparents. Sacrifié le 7 janvier, vingt- quatre heures après la dernière injection.

Autopsie, — Foie un peu pâle ; poids 59 grammes. Reins d'aspect normal. L'urine que contient la vessie est légèrement albumineuse.

Examen histologique des reins. — Congestion assez marquée. Dans quelques tubes assez rares, les cellules présentent un début de plasmolyse périnucléaire.

Examen histologique du foie. — Congestion légère. La plupart des cellules sont normales, contenant une quantité modérée de glycogène et de graisse. Quelques-unes sont en état clair avec surcharge glycogénique. Pas d'altérations du tissu conjonctif.

Expérience 44. — Lapin. Poids 2250 gr.

Injections intra-veineuses de 10 centimètres cubes, puis de 20 centimètres cubes d'une solution d'urée à 30 0/0, répétées tous les jours du 27 décembre au 2 janvier.

A reçu en tout 100 centimètres cubes de solution, c'est-à-dire 30 grammes d'urée, en 6 jours, sans aucun symptôme, sauf au moment de la dernière injection qui détermina une stupeur profonde pendant quelques instants.

Trouvé mort le lendemain matin

Autopsie. — Foie très congestionné ; poids 60 grammes. Reins légèrement congestionnés. Autres viscères normaux.

Examen histologique des reins, — Congestion modérée. Les cellules d'un grand nombre de tubes sont abrasées (altération cadavérique ?).

Examen histologique du foie. — Congestion considérable ; les vaisseaux et les capillaires contiennent une forte proportion de poly-

nucléaires. Les cellules hépatiques, complètement \ides de gl^cogène, ont un protoplasma qui semble condensé, les granulations masquant complètement le réticulum. La graisse est en quantité modérée, et se trouve surtout en dehors des cellules hépatiques. Pas d'altérations du tissu conjonctif.

G. — Injections de sels d'ammoniaque.

Expérience 45. — Cobaye femelle. Poids 485 gr.

Injections soiis-cutanées de 2 centimètres cubes de solution de carbonate d'ammoniaque à 5 0/0.

A reçu 30 centimètres cubes, c'est-à-dire 1 gr. 50 de carbonate d'ammoniaque 56 jours. Pas d'amaigrissement ; chute des poils.

Sacrifié le 4 janvier, trois jours après la dernière injection.

Autopsie. — Foie pâle ; poids 22 gr. 50. Reins d'aspect normal.

Examen histologique des reins, — Quelques rares cellules ont un espace clair périnucléaire.

Examen histologique du foie. — Les cellules hépatiques de la zone centro-lobulaire sont en état clair avec surcharge glycogénique très marquée. Les cellules de la zone périphérique des lobules sont normales et contiennent une quantité modérée de glycogène. Graisse peu abondante. Pas de sclérose.

Expérience 46. — Lapin. Poids 2020 gr.

Injections intra-veineuses de 10 centimètres cubes de solution de carbonate d'ammoniaque à 1 0/0, répétées tous les 2 ou 3 jours du 5 novembre au 3 décembre.

A reçu en tout 140 centimètres cubes, c'est-à-dire i gr. 40 de carbonate d'ammoniaque, en 28 jours, sans présenter aucun trouble morbide apparent.

Sacrifié le 5 décembre, quarante-huit heures après la dernière injection.

Autopsie, — Foie brun foncé, poids : 92 grammes. Reins d'aspect normal. Aucune lésion macroscopique.

Examen histologique des reins, — Congestion légère. De nom-

breuses cellules des tubuli présentent un espace clair autour du noyau et dans la portion centro-tubulaire.

Examen histologique du foie. — Les cellules hépatiques sont les unes normales, contenant une quantité modérée de glycogène ; les autres en état clair et surcharge glycogçnique. Ces deux aspects s'entremêlent sans aucun ordre, en quantité sensiblement égale dans tous les lobules. Quelques rares cellules contiennent une goutte de graisse assez volumineuse dans une vacuole. Pas d'altération des vaisseaux ni du tissu conjonctif .

Expérience 47. — Lapin. Poids 2200 gr.

Le 5 novembre, injection intra-veineuse de iO centimètres cubes de solution de chlorhydrate d'ammoniaque à 2 0/0. Coma immédiat, avec convulsions, exagération des réflexes et dilatation pupillaire. Ces accidents durent une demi-heure.

Les injections suivantes, pratiquées tous les deux ou trois jours, à la dose de 5, puis de 6, puis de 7 centimètres cubes, ne déterminent aucun accident.

A reçu en tout 100 centimètres cubes, c'est-à-dire 2 grammes de chlorhydrate d'ammoniaque, en 38 jours.

Sacrifié le 5 décembre, deux jours après la dernière injection.

Autopsie. — Foie un peu pâle ; poids 87 gr. 50. Reins normaux.

Examen histologique des reins. — Aspect normal. Quelques rares cellules des tubuli montrent un léger espace clair péri-nucléaire.

Examen histologique du foie, — Toutes les cellules hépatiques, sauf celles qui entourent immédiatement les espaces portes et quelques veines sus-hépatiques, sont en état clair avec surcharge glycogénique extrêmement abondante ; beaucoup d'entre elles sont trè^ augmentées de volume. La graisse est en quantité modérée, et se trouve surtout en dehors des cellules hépatiques.

Pas d'altérations des vaisseaux ni du tissu conjonctif»

D. - Injections de sels de potasse. .

Expérience 48. — Cobaye femelle. Poids 530 gr.

Injections sous-cutanées de î centimètre cube puis de 2 centimètres cubes de solution de bicarbonate de potasse à 1 0/0.

A reçu 20 centimètres cubes, c'est-à-dire gr. 20 de bicarbonate de potasse, en 56 jours. Amaigrissement ; chute des poils.

Sacrifié le 4 janvier, trois jours après la dernière injection. Poids 480 grammes.

Autopsie. — Foie pâle. Poids 30 gr. 65. Reins d'aspect normal.

Examen histologiqUe des reins, — Aucune altération.

Examen histologique du foie. — Presque toutes les cellules hépa- • tiques sont en état clair, avec surcharge très abondante de glycogène ; seules quelques cellules péri-sus-hépatiques ont leur aspect ordinaire. La graisse est très peu abondante. Pas de lésions du tissu conjonctif.

Expérience 49. — Cobaye femelle. Poids 535 gr.

Injections sous-cutanées de 2 centimètres cubes de solution de chlorure de potassium à 2, 5 O/Ô.

A reçu 30 centimètres cubes, c'est-à-dire gr.75 de KGl, en 56 jours. Léger amaigrissement. Chute des poils.

Sacrifié le 4 janvier, trois jours après la dernière injection.

Autopsie, — Foie pâle ; poids 21 grammes. Reins d'aspect normal.

Examen histologique des reins. — Aucune lésion.

Examen histologique du foie, — Pas de lésions ; quelques cellules sont en état clair avec une légère surcharge de glycogène. Graisse très peu abondante. Pas de sclérose.

Expérience 50. — Lapin. Poids 2200 gr.

Injections intra-veineuses de iO centimètres cubes de solution de chlorure de potassium à 0, 55 0/0, répétées tous les deux jours du 5 décembre au 3 janvier.

A reçu en tout 150 centimètres cubes, c'est-à-dire gr. 825 KGl, en 29 jours, sans présenter aucun trouble morbide apparent.

Sacrifié le 5 janvier, quarante-huit heures après la dernière injec tion.

Autopsie, — Le foie est brun foncé. Les reins et tous les viscères paraissent normaux. L'urine contenue dans la vessie n*est pas albumineuse.

Examen histologique des reins, — Très légère congestion ; quelques cellules des tubuli présentent un espace clair autour du noyau et dans leur portion centro-tubulaire.

Examen histologique du foie, — Presque toutes les cellules hépatiques présentent l'état clair très accentué, avec surcharge considérable de glycogène ; la graisse s'y trouve en quantité modérée. Autour des espaces portes, d'ailleurs normaux, il reste une couronne de cellules hépatiques qui ont conservé leur aspect habituel, les granulations protoplasmiques y sont très abondantes, et le glycogène s'y trouve en quantité normale. Pas de modifications du tissu conjonctif.

A. — Les cinq lapins qui ont reçu des injections d'urine dans les veines^ à des doses variant de 110 à 1020 centimètres cubes,pendant un espace de temps variant de 25 à 124 jours, ont tous présenté des modifications plus ou moins importantes du foie, alors que les reins ne montraient que de minimes lésions de plasmolyse périnucléaire.

Tout d'abord macroscopiquement, le foie est presque constamment augmenté de volume et de poids ; chez deux de nos lapins, il représentait jusqu'à 5 0/0 du poids du corps, au lieu du chiffre normal de 4 0/0. Il est généralement pâle, décoloré.

Au point de vue histologique, la modification essentielle, constante, porte sur les cellules hépatiques ; elle est caractérisée par l'augmentation de volume, l'état clair du proto* plasma et la surcharge glycogénique, que nous avons déjà si

souvent rencontrés et décrits au cours de ce travail. Cet aspect cellulaire est parfois généralisé à tout l'organe ; d'autres fois il prédomine ou même existe exclusivement au pourtour des vaisseaux, soit portes, soit sus-hépatiques ; dans deux cas au contraire, c'est dans la zone moyenne du lobule qu'il est à son maximum. Cet état de surcharge glycogénique persiste longtemps après la cessation des injections d'urine : * le lapin 40, sacrifié huit jours après la dernière injection, avait encore le foie gorgé de glycogène, et chez le lapin 42, .sacrifié vingt-cinq jours après la dernière injection, on trouvait encore une quantité un peu exagérée de cette substance.

Une seconde modification histologique du foie, qui apparaît seulement chez les animaux soumis à des injections très longtemps répétées, mais qui semble constante dans ces cas, ^st l'apparition d'un certain degré de sclérose, bi- veineuse chez l'un (lapin 41), exclusivement péri-portale chez les deux autres (lopins 40 et 42).

En outre,run de ces lapins (n<*41) présentait une abondante infiltration graisseuse de son foie ; il faut remarquer qu'il s'agit dans ce cas d'une femelle qui avait eu une gestation pendant le cours de l'expérience, et dont le foie par conséquent avait été vraisemblablement soumis à une double cause de suractivité fonctionnelle. Peut-être encore faudrait-il attribuer un certain rôle à la coccidiose dont était atteint cet animal ? ,

B. — Les injections intraveineuses d'urée que nous avons pratiquées sont en nombre encore trop restreint pour que nous puissions en tirer des conclusions fermes. Cependant les deux cas étudiés ici concordent très exactement avec les résultats expérimentaux obtenus antérieurement par M* Gouget.

L'un de nos lapins {n^ 44) a succombé après avoir reçu en six jours 30 grammes d'urée, quantité cependant notablement inférieure à la dose habituellement mortelle ; à Tautopsie, nous avons* trouvé un foie très congestionné et des cellules hépatiques vides de glycogène : altérations identiques à celles que signale M. Gouget chez un lapin sacrifié pendant qu'il présentait des convulsions.

L'autre lapin (n*' 43) a été sacrifié après avoir reçu 39 grammes d'urée en dix jours, sans trouble apparent de la santé. Son foie était légèrement congestionné ; la plupart des cellules hépatiques étaient normales ; mais quelques-unes d'entre elles étaient en état clair avec surcharge glycogénique ; il n'y avait là toutefois qu'un léger degré de cette modification cellulaire. M. Gouget, par des injections analogues, mais à doses beaucoup plus élevées, avait déjà obtenu cet état clair des cellules, beaucoup plus marqué même, et plus généralisé ; mais il n'avait pas reconnu qu'il correspondait à une surcharge glycogénique ; il Ta décrit sous le nom de « tuméfaction transparente », et considéré comme lié à une concentration moléculaire du sang. Nul doute, d'après la description qu'il en donne, qu'il ne s'agisse d'une modification identique à celle que nous avons obtenue et considérée comme étant en rapport avec une surcharge glycogénique.

Dans ces mêmes expériences, M. Gouget avait observé un cas de sclérose péri et intra-lobulaire légère, avec une disposition des travées hépatiques rappelant l'évolution nodulaire ; il s'agissait d un lapin qui avait reçu 105 grammes d'urée en 37 jours.

Déjà en 1881, Lichtenstein, dans sa thèse, en étudiant

Laederich 7

l'effet des injections d'urée sur le cœur, avait signalé incidemment Texistence d'une cirrhose très développée chez un lapin qui avait ingéré 135 grammes d'urée en six semaines. Plus récemment, en 1901, Aporti et Plancher, en étudiant l'action des injections d'urée sur le rein, signalaient, eux aussi, incidemment, l'existence d'une sclérose adulte assez accentuée chez un lapin qui avait reçu dans les veines 10 grammes d'urée en 8 jours.

Ces différents auteurs font tous de prudentes réserves sur le rôle qu'il convient d'attribuer aux injections d'urée dans la détermination de ces cirrhoses. Il semble certain que dans le cas d'Aporti et Plancher la cirrhose est purement accidentelle: des injections d'urée ne sauraient déterminer en huit jours la formation d'une sclérose adulte assez accentuée. Dans les autres cas, le rôle de l'urée est plus vraisemblable, sans pouvoir être affirmé. Nos expériences présentes ne sauraient ni confirmer ni infirmer les faits précédents, ayant été de beaucoup trop courte durée.

C. — Les injections de sels d'ammoniaque (carbonate ou chlorhydrate), à très petites doses, mais longtemps répétées, soit sous la peau, soit dans les veines, déterminent constamment l'état clair avec surcharge glycogénique des cellules hépatiques; cette surcharge est tantôt généralisée à toutes les cellules, tantôt limitée à un certain nombre d'entre elles. Or on sait que le foie transforme l'ammoniaque en urée; ici, l'hyperglycogénèse accompagne donc un hyperfonctionnement uréopoiétique. Ce fait, déjà connu des physiologistes (1), constitue une preuve de plus de la solidarité habituelle de toutes les fonctions du foie.

(1) RÔHMANN, KuLz, cités par Pfluger, in Dict. de Physiolog . de RicHETj article « Glycogène », p. 318.

D. — Les injections de sels de potasse (bicarbonate et chlorure) nous ont donné des résultats identiques : surcharge glycogénique plus ou moins considérable, assez légère dans un cas (cobaye 49) où les injections avaient été très espacées. Il semble donc probable que le foie exerce aussi, dans une certaine mesure du moins, son pouvoir antitoxique sur les sels de potasse.

Dans aucune de ces deux dernières séries d'expériences nous n'avons observé de cirrhose, même légère, du foie. Il est vrai que les injections n'ont pas été répétées plus de 56 jours au maximum, délai peut-être insuffisant pour obtenir l'apparition de sclérose.

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