‹ Des modifications modernes de la lithotritieChapitre 10 sur 17 · PL. XI · texte numérisé non relu

PL. XI

Aspirateur du professeur Corraedi (de Florence i.

sére à angleaigu sur l’aspirateur. Cette disposition, comme la précédente, lutte avec succès contre le retour des fragments dans la vessie. Au moment ou l’on comprime la poire, si les fragments sont soulevés par le courant, la direction ascendante du tube les fait retomber par leur propre poids dans le récipient de verre. Inversement, au moment de l’aspiration, si celle-ci est insuffisante pour conduire les fragments j uscjue dans le récipient, arrivés au sommet du tube évacuateur, ils tombent alors par la seule force de la pesanteur dans le ballon récepteur. Le tube reliant l’aspirateur à la sonde présente une autre disposition intéressante ; il porte en un point de son trajet un index de verre qui permet de contrôler le fonctionnement de l’appareil ; on peut, grâce à lui, s’assurer s'il passe encore des fragments ; on peut de même être certain qu’aucun d’eux n’est renvoyé dans la vessie . Cet index de verre est relié aux parties voisines par deux petits manchons en caoutchouc, et cette disposition permet d’imprimer à la sonde des mouvements de latéralité, sans déplacer le corps de 1 aspirateur. Du reste, cette mobilité de la sondeest encore favorisée par un nouveau détail de construction réalisé dernièrement par M. Colin, d’après les indications de M. Guyon. La sonde, au lieu de s’unir d’une manière fixe au tube de l’aspirateur, se continue avec lui à l’aide d’une sorte d articulation, qui lui permet des mouvements de rotation sur elle-même, inclinant son bec àdroiteou à gauche dans la vessie au gré de l’opérateur. On peut même, grâce à ce mécanisme ingénieux, retourner complètement sur elle- même la sonde, de façon à placer en arrière sa concavité, sans imprimer à i aspirateur le moindre mouvement.

Signalons enfin 1 aspirateur construit par le professeur Corradi.de Florence (voyez pi. XI), qui, par ses principales dispositions, tient à la fois de celui de M. Guyon et du dernier modèle de Bigelow. Comme dans l’aspirateur

du chirurgien de Boston, le tube évacuateur vient s’aboucher directement dans lapoirede caoutchouc. Il s’y continue par un tube percé de nombreux orifices, dont l’ouverture dans l’appareil est fermée par une toile métallique semblable à celle de l’aspirateur de M. Guyon. Cette toile métallique joue le rôle d’une soupape pouvant alternativement se soulever et s’appliquer sur l’orifice du tube dans les divers temps de l’aspiration. Quand elle est fermée, le courant est obligé de traverser les orifices multiples dont est percé le tube ; de la sorte, il se trouve filtré, et le retour des fragments dans la vessie est rendu impossible. Un autre détail à noter dans cet appareil, c’est l’existence, au niveau du tube se continuant avec la sonde évacuatrice, de deux robinets, dont l’un établit la communication avec la vessie comme dans tous les appareils, tandis que l’autre (et c’est là le point spécial) permet d’injecter du liquide dans la vessie, sans qu’on soit obligé de détacher l’aspirateur.

Nous en avons fini avec l’exposé des divers appareils proposés pour l’aspiration des fragments. Nous est-il possible actuellement de faire un choix entre eux ? La chose nous semble difficile, et d’ailleurs elle ne nous paraît pas nécessaire. Sans doute chaque opérateur a ses préférences, et les modifications incessantes imprimées aux appareils montrent qu’on peut attendre tous les jours de nouveaux perfectionnements. Sans donc dous arrêter à tel ou tel appareil d’une façon définitive, il nous semble plus sage d’indiquer les conditions que doit remplir tout bon aspirateur. Nous trouvons des renseignements intéressants à cet égard dans l’article de MM. Guyon et Desnos sur l’aspiration des fragments après la lithotritie, article que nous avons déjà cité plusieurs fois. Il faut d’abord que la force d’aspiration soit suffisante pour entraîner rapidement une grande quantité de liquide et de fragments. Cette force ne

doit pas cependant dépasser certaines limites. Aussi les appareils, comme celui de Nélaton, dans lequel le vide est fait par un piston mû par une manivelle, doivent-ils être repoussés comme dangereux. Une poire en caoutchouc suffit parfaitement comme moyen d’aspiration, mais à la condition qu’elle ait une paroi assez épaisse. Si elle est trop mince, elle se laisse affaisser par les doigts qui la pressent, et n’a pas l’élasticité nécessaire pour reprendre sa forme primitive. La poire en caoutchouc présente encore cet avantage, qu’avec elle on peut graduer à volonté l’aspiration, la faire plus ou moins rapide, plus ou moins longue, suivant la manière dont on presse entre les doigts l’instrument. Une autre condition, c’est la situation de l’aspirateur par rapport à la vessie ; il ne faut pas qu’il se trouve à une trop grande hauteur au-dessus du niveau de la vessie ; sans quoi, tout le poids de l’appareil chargé de liquide presserait sur le réservoir vésical. Il est donc à désirer que l’aspirateur se trouve, sinon au-dessous, du moins au même niveau que la vessie. Enfin, condition très importante, qui a singulièrement exercé l’ingéniosité des inventeurs, les fragments aspirés ne doivent pas être refoulés dans la vessie. Nous avons vu combien de modifications ont été successivement proposées pour arriver à ce but. Peut— etre aucune d elles n’est-elle capable de le remplir d une façon certaine. Mais, dans la pratique, si l’on manie bien l’instrument, le résultat est atteint. Au point de vue du bon fonctionnement de l’appareil, il est également utile que le chemin à parcourir depuis l’œil de la sonde jusqu a 1 aspirateur soit le plus court possible. La sonde doit enfin pouvoir exécuter facilement des mouvements vaiiés, pendant que l’appareil est maintenu dans une situation invariablement verticale. Sous ce dernier rapport 1 aspirateur de M. Guyon possède bien évidemment l’avantage sur tous les autres, à cause des dispositions que

nous avons énumérées plus haut, et qui toutes tendent à assurer à la sonde une mobilité indépendante de celle du reste de l’appareil. La grande inclinaison de son tube sur la poire en caoutchouc nous semble également lui donner l’avantage au point de vue du retour possible des fragments dans la vessie.

J’ajouterai que, d’après les renseignements que je tiens des personnes qui ont eu la bonne fortune de voir opérer sir Henry Thompson, son aspirateur est préférable à celui de Clover modifié, dont il se sert également. Quanta l’aspirateur de M. Guyon, je l’ai vu fonctionner un assez grand nombre defois, et le résultat m’a toujours semblé des plus satisfaisants.

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