NOS ANCETRES
Où sont les hommes d'autrefois, Les braves, ceux dent la vaillance Cravachait toute défaillance,
Et qui, portés sur le pavois
Par le courage et la constance, Mouraient pour la Nouvelle-France Entre les lys d’or et la croix!
Hommes de cœur, hommes d’épée, Laboureurs et soldats, héros, Foule iutrépide et sans repos Dans l’apothéose drapée,
Nos aïeux, portant le front haut, Montaient chaque jour à l’assaut D'un triomphe ou d’une épopée.
Ils ouvraient, entre deux combats, Le large sillon des araires
Dans les retraites millénaires,
Et le fécondaient sous leurs pas.
Ils chassaient l’Agnier téméraire,
Et s’ils tombaient dans son repaire,
Les siècles vengeaient leur trépas.
Le,
Leurs actes disaient leur noblesse.
Martyr, découvreur, fondateur, Courbés sous l'œil du Créateur,
Priaient sans honte et sans faiblesse.
Et retrempés dans la grandeur De leur héroïque labeur, Lui sacrifiaient leur jeunesse.
Où sont les ancêtres, les preux, Mâle soutien d'une patrie
De superbe et d'honneur pétrie, Dont l’holocauste gloricux Détourna de Ville-Marie
La troupe ivre de boucherie
Que les bois déchaïnaient contre eux.
Des Ormeaux et son escouade, Surgis des fastes irrécls,
ravant les Peaux-Rouges cruels, Dans le feu de l’arquebusade S’ellondraient, de gloire immortels, Et faisaient pâlir les cartels
Aux brêches de la palissade,
Et ceux-là, du siècle dernier, Héros de la Pr-7ince neuve,
Nés pour la triompliante épreuve, Comblaient le tragique charnier.
Et chaque hameau du grand fleuve De leur fier souvenir s'abreuve
En célébrant leur chef, Chénier.
Broyés par la force brutale,
Par les balles et le canon,
Ils savaient encor dire: “ Non! ” Aux valets de la Capitale.
De leurs fers brisant un chaînon, Ils faisaient claquer leur grand nom Sur les maîtres, comme un crotale.
Tous ces géants, francs et sans dol, Comprenaient le mot “ patriote ”.
Sous la tuqne ou la hourguignotte, Ils défendaient les droits du sol.
Mais le présent, iscariote,
A tout ce passé qui sanglote,
Jette le soufflct d’un “ Bristol ! ”
me
en D gg