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tout ce qui lui était nécessaire. Au contraire, les autres animaux étaient infiniment moins précieux en pareille circonstance.
Si l’on se permet de compléter de cette manière assez vraisemblable le récit de Denys d'Halicarnasse, on peut se rendre compile de l'origine de la théorie des res mancipi. Ces objets étaient mis aux enchères après la bataille. La vente se faisait au milieu d'une foule de guerriers. Ceux-ci achetaient, naturellement, les res mancipi avec la part de butin qui leur avait été abandonnée : des armes, des bijoux, etc... Ces objets, res nec mancipi, Claient pesés dans une balance d’airain par les soins d’un lbripens, qui avait alors un caractère sacerdotal. À mesure qu’un esclave ou un bœuf était adjugé, l’adjudicataire en prenait possession et le mettait sous la protection de sa lance.
Si, plus tard, des difficultés s’élevaient sur la propriété de cet esclave ou de ce bœuf, le propriétaire demandait à quelques guerriers, qui avaient assisté aux enchères, de témoigner qu'il en était réellement resté adjudicataire. Lorsqu'un guerrier, Aulus Agerius, voulait transmettre son esclave à Numerius Negidius, il laissait celui-ci appréhender l’esclave et affirmer devant témoins que c'était lui, Numerius Negidius, qui était resté adjudicataire de l’esclave ; et contre une pareille affirmation faite solennellement en présence des témoins et du Zbripens, l’alié-
hit dt ne. ina bé bi, : à bA
So
nateur ne formulait aucune protestation. Tout devait se passer comme si l'acquéreur avait été propriétaire ab inilio. En fait et suivant l’intention des parties, il y avait non pas la reconnaissance et l’aveu du droit d'un üers (c'est là qu'existait la fiction), non pas même une vente fictive ou réelle, mais un véritable mode d’aliénation, une mancipatio (1).
L'in jure cessio conduisait au même résultat par la fiction d'un procès au cours duquel l’aliénateur reconnaissait le bien fondé de la réclamation de l’acquéreur.
Quant à la revendication, elle trouvait aussi son fondement dans l'affirmation du droit de propriété quiritaire; seulement celte affirmation faite avec serment par les deux parties donnait naissance à un procès pénal sur la question de savoir quelle était celle des parles dont lesacramentum n'était pas justum. Celleci se voyait condamner à une amende. Et si c'était le défendeur qui succombait,il était condamné, par une procédure accessoire à l’origine, devenue ensuite la
(1) Si on laisse de côté l’in jure cessio et l’usucapion, dont l'usage élait moins fréquent, on peut dire, pour les res mancipi comme pour les res nec mancipi, que les modes dérivés d'acquisition de la propriété sont calqués sur les modes originaires. L'opération ne diffère que par l’intervention, plus ou
moins active, de l’aliénateur dans les modes d’acquisition dérivés
{mancipatio, traditio),
Bonnet. 3
an
principale, à payer au revendiquant l'estimation de l’objet litigieux.
Ces institutions fonclionnèrent d’abord d'une manière plus ou moins rigoureuse pendant la durée d’une guerre, plutôt en ce qui concerne les esclaves et les bêtes de somme ou de trait parce que le besoin s’en faisait davantage sentir. Leurs règles furent ensuite appliquées et précisées en temps de paix (1), puis étendues aux immeubles.
Cela va de soi, il est impossible de décrire exactement les différentes phases de cette évolution ; mais elle n’en reste pas moins très vraisemblable dans les grandes lignes. Si l’on en fait abstraction, il devient difficile d'expliquer pourquoi les immeubles ont été soumis à un régime qui ne paraît pas fait pour eux. Alors, il est presque impossible d'imaginer pour quelle raison les bêtes de somme ou de trait furent
(1) Le régime des res mancipi n'est peut-être pas la seule ancienne institution d’origine guerrière. IL serait permis de soutenir que le testament in procinctu est le testament originaire. 11 est en effet assez vraisemblable que le désir de tester prit naissance la veille d’une bataille. Les disposilions de dernière volonté proclamées dans ces circonstances comme un solennel adieu aux vivants répondait assez bien à ce fier mépris de la vie dont les anciens Romains aimaient à se faire gloire, s’il faut en croire les historiens. Le testament calatis comitiis serait alors le résultat d’une transformation du testament in procinctu, d'une accommo-
dation pour le temps de paix.
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comprises parmi les res mancipi, à la différence de beaucoup d’autres objets aussi indispensables. Alors enfin, l’on ne peut pas se rendre compte de l’origine et de la portée qu’il faut attribuer à certains détails caractéristiques du régime juridique des res mancipt.
Sans entrer dans de grands développements, remarquons que la lance intervient dans la procédure du sacramentum : les parlies simulent une de ces luttes qui devaient suivre souvent les discussions entre guerriers ; elles on! à la main un bâton, qui représente la lance, nous dit Gaius. Une lance accompagne toujours le tribunal des centumvirs. On en: retrouve des traces dans l'affranchissement par la vindicte, etc... Pourquoi toujours cette lance, sinon parce que les institutions que nous venons de rappeler ont pris naissance au milieu des camps ?
De même on cherche généralement à expliquer les formalités singulières de la mancipation en considérant cet acte comme une vente fictive qui aurait commencé par être une vente réelle. Cela paraît inexact. L’acquéreur seul intervient activement, et son intervention se borne à une affirmation solennelle devant témoins.
Il dit que tel esclave lui appartient ; et cela non pas parce qu'il l’acquiert, mais parce qu’il l'a acheté par le lingot de métal et par la balance du lbripens ;