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dire qu'elle est l’origine même de la propriété quiritaire ?
Ainsi s’expliquerait l’importance capitale que lui attribuaient les anciens Romains, et que les jurisconsultes postérieurs ont rappelée sans pouvoir la justifier (1).
(1) Znstitutes de Justinien, 1, 3,3 : « Servi autem ex eo appellati sunt, quod imperatores captivos vendere jubent ac per hoc servare nec occidere solent. Qui etiam mancipia dicti sunt, quod ab hostibus manu capiuntur ». En elle-même l’expression res mancipi évoque l’idée d’une chose qui peut se prendre à la main, rien de plus. Pourtant, Justinien cherche l’origine de cette expression dans la prise du butin sur l’ennemi pendant le cours d’une guerre. Son explication ne vaut rien, car des res nec mancipt l’on peut dire avec au moins autant de raison, que ab hostibus manu capiuntur. Cependant ce texle contient en germe une idée juste que voici : le régime juridique des res mancipi a sa source dans certains usages de la vie des camps, c’est là qu'il faut chercher son origine. Mais Justinien va plus loin, il prétend que les res mancipi sont ainsi appelées quod ab hostibus manu capiuntur. Encore une fois, ces mots contiennent une erreur presque évidente. On ne peut attribuer cette erreur qu'à Justinien. Quant à l’idée juste que nous avons signalée, elle appartient certainement aux jurisconsultes classiques dont les ouvrages ont fourni aux rédacteurs des Znstitutes leur principal matériel juridique. La manière malheureuse dont ces derniers ont interprété cette idée ne laisse aucun doute sur ce point. On peut donc dire que d’après les jurisconsultes classiques eux-mêmes, il faut chercher dans certaines circonstances d’une expédition guerrière l’origine du ré-
gime juridique des res mancipi.
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Denys d’'Halicarnasse nous apprend comment s’opérait la répartition du butin après une bataille. On en faisait deux masses : d’un côté, les choses abandonnées aux soldats, de l’autre celles qui appartenaient au peuple romain. Parmi ces dernières, l'historien cite les esclaves, les immeubles. Peut-être faut-il ajouter les bêtes de somine ou de trait. Cette addition n’est pas dénuée de fondement. Qu’on le remarque, en effet, si certains objets ne sont pas abandonnés aux soldats, cela tient sans doute au prix de ces objets, aux ressources importantes que procurait au trésor public leur vente aux enchères. Pour les immeubles, cela se conçoit sans peine, on devait leur attribuer une grande valeur soit après la guerre, soit pendant sa durée en prévision de la paix. Pour les esclaves, ils devaient, eux aussi, atteindre un prix assez élevé, surtout pendant le cours de expédition : les durs travaux et la vie pénible des camps faisaient sans doute particulièrement apprécier les services de toute nature que l’on pouvait réclamer des esclaves. Quant aux animaux « quæ collo dorsove domantur », ils sont particulièrement précieux pendant le cours d’une campagne.
Cela est encore vrai de nos jours, mais l’était bien davantage à l’époque à laquelle nous nous plaçons, chaque guerrier devant sans doute pourvoir non seulement à l'entretien de sa monture, s’il faisail partie de là cavalerie, mais aussi au transport de