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il parle au passé (1). Les parties feignent que l'objet ait toujours appartenu à l'acquéreur depuis qu'il l’a acheté aux enchères : cela résulte des paroles prononcées, de l’aveu tacite de l'aliénateur, et de la présence des témoins et du Zibripens. En même temps qu'il prononce Îles paroles solennelles, l'acquéreur frappe la balance avec un lingol de cuivre ou d’airain. Jhering dit que c’était, à l’origine, pour permettre de vérifier la pureté du lingot par le son qu’il rendait (2), mais, pour le dire en passant, cette explication paraît plus que douteuse. Il n’y a même pas besoin d’en faire l'expérience pour remarquer que, si l'on frappe une balance d’airain avec un lingot de métal brut, ce lingot ne rendra aucun son distinct ; au contraire, la balance, quelle que soit exactement sa forme, étant dans tous les cas en métal ouvré, raisonnera en faisant cymbale. Il paraît préférable d'expliquer cette formalité comme un souvenir de ce qui se passait dans les ventes aux enchères publiques. Peut-être les enchérisseurs misaient-ils en frappant la balance avec le lingot représentant le prix offert, comme aujourd'hui l’on mise souvent d'un signe (3).
(4) Gaius, Commentaires, I, 119 et ss. L'emploi du passé est significatif. Voir v. g. dans la formule de la manus injectio (G. Com., 4, 21).
(2) Ihering, Esprit du droit romain, 3, p. 222.
(3) Du temps de Cicéron, il était d'usage de miser en levant le
doigt : Verres, act. 2, liv. 1, 54; digitum tollit.