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Voilà en peu de mots comment il semble permis d'expliquer l’origine de la théorie des res mancipr. Sans doute, ces développements ne sont pas d’une exactitude rigoureuse ; mais ils prouvent, dans tous les cas, que l’on peut concevoir telles circonstances de nature à donner naissance à la théorie des res mancipt.
Une chose du moins doit être considérée comme certaine d’après ce qui précède : c’est que la distinction des res mancipi et des res nec mancipi n’a rien de commun avec celle de la /amilia et de la pecunia. La première a une origine accidentelle ; d'une portée d’abord restreinte et toute spéciale, elle s’est développée après coup, au fur et à mesure des nouveaux besoins de la vie juridique. La seconde, au contraire, nous le verrons, a ses racines dans les bases fondamentales de l’organisation sociale de l’ancienne Rome.
Le principe même de la théorie d’'Ihering se trouve ainsi rejeté.
Dans une étude critique de cette théorie, il resterait encore bien des points à examiner, notamment sa conciliation avec les textes, et les difficultés d’application auxquelles elle peut donner naissance (1). Mais cette étude n’entre pas dans notre sujet. Si les développements qui précèdent y ont trouvé leur
(4) Nous en dirons plus tard incidemment quelques mots.
place, c'est non seulement à cause de l'importance de la théorie d'Ihering, et de la faveur exceptionnelle dont elle jouit, mais aussi parce que ces développements ont permis de déblayer le terrain et de laisser de côté certains principes gros de conséquences en cette matière, par exemple relativement à l’importance respective des res mancipi et des res nec mancipt ou à l’origine de cette distinction.
Dès lors nous pourrions immédiatement ahorder, pour notre propre compte, l'étude de la familia et de la pecunia. |