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Examinons à présent les textes qui commentent avec plus ou moins de détails le mot /amilia.
Ils appartiennent généralement aux ouvrages juridiques. Cela s'explique. A l’époque classique, notre mot n’est plus employé que pour désigner certains groupes de personnes, esclaves ou libres. En tant qu'il se rapporte aux choses, il est en complète désuétude; on ne le rencontre guère employé en ce sens que chez certains jurisconsultes, par exemple, lorsqu'ils nous expliquent d'anciennes institutions.
C’est ainsi que Gaius nous fournit sur la mancipatio fJamiliæ les renseignements les plus précis et les plus intéressants. A ce sujet, il ne nous laisse pas l’ombre d’un doute sur le sens attribué au mot familia dans l'expression mancipatio familiæ. Ce que l'acquéreur oblenait, ce n’était pas simplement les res mancipi du défunt, mais son patrimoine tout entier : « famillam suam, id est patrimonium suum (1) ».
Mais patrimonium est-il pris ici dans son sens strict, c'est-à-dire comme un ensemble de droits et d'obligations, ou bien simplement comme une réunion des objets matériels appartenant au mancipant (2) ? Encore sur ce point, Gaius ne nous laisse
(1) Gaius, Commentaires, 2, 102.
(2) Cuq prétend (N. R. Hist., 1886, p. 540) que « le patrimoine désigne à Rome les biens corporels appartenant au chef de
famille par opposition aux créances ».
D Sd:
aucune hésitation ; car il insiste sur cette idée et dit que l’acquéreur de la familia, loin de se confondre avec un simple acquéreur d'objets plus ou moins précieux, était considéré comme un véritable héritier : « heredis locum obtinebat. » C’est même pour celte raison que le testateur lui confiait ses dernières volontés relativement aux legs qu’il aurait voulu faire. Gaius dit que la mancipalio familiæ remplaça les anciens testaments calalis comiliis et in procinctu. Pour ceux-ci, leur effet ne se restreignait pas à une transmission d'objets matériels ; ils mettaient en jeu l'intérêt pécuniaire en même temps que l’intérêt social et religieux de la famille dont ils désignaient le futur paterfamilias ; ils contenaient disposition du patrimoine lui-même. Gaius nous affirme que le testament per æs et libram (mancipalio familiæ) avait la même portée, en un mot, qu'il constituait lui aussi un véritable testament. Pouvonsnous mieux faire que de nous en tenir à l'affirmation d’un jurisconsulte aussi autorisé ?
Devant le langage décisif de Gaius, il a fallu s'incliner. Alors, Cuq prétend que si /amilia signifie patrimoine à l’époque de la mancipalio familiæ, il n’en a pas toujours été ainsi; celte institution, dit-il, porte, en elle-même, les marques d’une origine assez récente. Ainsi, la mancipation y remplit un rôle pour lequel'elle n’était pas faite. D'autre part, cette institution ne peuts'expliquer que par une augmen-