‹ Des Mots Familia et PecuniaChapitre 27 sur 34 · DE CUT TT · texte numérisé non relu

DE CUT TT

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généralement les choses. Car en citant un fragment de la même loi, dans lequel ce mot a trait aux personnes (1), Ulpien insiste sur ce point et fait remarquer qu’il donne, de la phrase par lui citée, l'interprétation admise d’une manière unanime. Cette interprétalion aurait donc pu, à la rigueur, être discutée, car Ulpien ne croit pas inutile de faire remarquer qu'elle est adoptée par tous les auteurs. Si néanmoins le jurisconsulte cite comme exemple une phrase dans laquelle le sens du mot familia n’est pas absolument évident, ne s'impose pas, c’est probablement que les Douze tables ne lui offraient pas d'exemple plus typique. Cette phrase est donc exceptionnelle ; en général, dans les Douze tables le mot familia se rapporte aux choses et non pas aux personnes.

En second lieu, notre texte nous apprend que familia désigne tantôt les choses, tantôt les personnes.

(1) Voici le texte auquel Ulpien fait allusion : « Ex ea familia qui liberatus erit, ejus bona in eam familiam revertuntur. » A première vue, on pourrait interpréter ce texte de la manière suivante : à la mort de l’affranchi ses biens font retour dans le patrimoine de son patron. Mais Ulpien nous apprend que tel n’est pas le sens véritable de la loi. Ici familia désigne les personnes : quand l’affranchi meurt #ntestat et sans postérité, le droit à sa succession passe de sa famille à celle de son patron. Voilà, dit Ulpien, comment notre texte doit être interprété. Mais, encore une fois, ce n’est pas évident. Sans l'explication d'Ulpien, « on pourrait aisément s’y tromper. »

Bonnet,

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Dans le premier cas, il a toujours exactement le même sens, celui qui lui appartient généralement dans les Douze tables; dans le second cas, il a des. significations très variées. Telle est la seule explication du laconisme d’Ulpien sur la première acception du mot /amulia à côté de l’étendue de ses développements sur la seconde.

Voilà ce que nous apprend le fragment d’'Ulpien. Qu'on le rapproche du passage plus haut cité des. Commentaires de Gaius, et l’on sera convaincu de la vérité de notre théorie. Car Gaius dit, en propres termes, que dans l'expression mancipatio jamihæ, familia signifie patrimoine. Cela prouve d’ailleurs. que du temps de Gaius ce mot n’était plus employé dans ce sens : autrement, l'explication qu’il donne (« familiam, id est patrimonium ») serait inutile. Mais Ulpien nous dit que lorsqu'il concerne les choses, /amilia n'a jamais qu’une signification, la même que dans les Douze tables. Celte signification est donc évidemment celle de patrimoine.

Quant au mot pecunia, les Douze tables semblent toujours l’opposer au mot /amilia. Si l’un était synonyme de res mancipi, l’autre le serait de res nec mancipi. Mais puisque l’un signifie le patrimoine dans son ensemble, on peut affirmer, même à priori, que l’autre désigne les objets compris dans le patrimoine et considérés isolément comme éléments

de richesse.

ie.

C’est d’ailleurs à cette conclusion que nous sommes arrivés déjà en étudiant la réforme de Tiberius Coroncanius, relative à l'attribution des sacra en matière successorale (1).

Le riche (pecuniosus), c'est celui qui possède beau coup de pecunia, c’est-à-dire de grandes propriétés foncières, une foule d'esclaves, de nombreux troupeaux... Il n’y à pas de raison de distinguer entre ces différentes catégories de choses ; chacune d’elles, qu'elle soit res mancipi ou res nec mancipi, peut représenter et constituer une véritable fortune (2).

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