‹ Des Mots Familia et PecuniaChapitre 31 sur 34 · NT UT · texte numérisé non relu

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roi atteint de folie se verrait nécessairement remplacé en fait par ses ministres dans le gouvernement de son Etat, mais ne cesserait pas pour cela d’être roi, de même le fou, le prodigue, mis en curatelle, ne perdaient pas leur qualité de paterfamihias. Voilà pourquoi l’on peut dire que le pouvoir du curateur ne portait pas sur la /amilia, mais seulement sur la pecunia (1).

Le fragment des Douze tables relatif à la curatelle (« si furiosus escit... ») n’a donc pas trait à une question de détail, celle du pouvoir du curateur sur les res mancipti ou sur les res nec mancipi. Il a une portée beaucoup plus haute, il pose le principe de la distinction de la tutelle et de la curatelle.

Ces deux institutions, aujourd’hui fort analogues, étaient donc autrefois, à Rome, séparées par une différence absolument fondamentale qui avait ses racines dans les institutions les plus essentielles de l’ancienne Rome : la famille, le culte du foyer, l’organisation politique.

(1) Le pupille avait bien la qualité de paterfamilias, mais les prérogatives même les plus essentielles attachées à ce titre lui appartenaient seulement soit à l’état latent, soit sous une forme restreinte. Un autre les exerçait à sa place dans la mesure du possible ou lui communiquait le supplément, non pas de capacité,

mais de qualité, qui lui faisait défaut.

Bonnet

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