‹ Des Mots Familia et PecuniaChapitre 6 sur 34 · HO · texte numérisé non relu

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ILest à remarquer qu’Ihering, dans son ouvrage sur les Zndo-Européens avant l'histoire, n’a pas parlé de la restriction de la propriété quiritaire aux seuls animaux de somme ou de trait. Dans cet ouvrage, où il s'efforce d’expliquer tant de choses, il aurait pu, non sans vraisemblance, la rattacher aux besoins très particuliers des peuples émigrants qui devaient attribuer aux bêtes de somme ou de trait une valeur tout à fait exceptionnelle. Pour des peuples émigrants, les moyens de transport sont absolument essentiels; or, on n'a guère le temps de dresser dans ce but les animaux pendant les périodes de migration. Cette explication ne manque pas d’attraits. Cependant, est-elle suffisante? On peut trouver tellement de choses dans un passé en grande partie inconnu, qu’il faut y puiser avec une extrême réserve ; presque tout y est incertain.

Des développements qui précèdent, retenons seulement ceci : les animaux « quæ collo dorsove domantur » ne sont pas indispensables à la famille romaine, Leur valeur ne diffère pas essentiellement de celle -des autres animaux.

Quant aux esclaves, à une certaine époque ils devinrent un élément de richesses très important: mais dans l’ancienne Rome, c’est autre chose. Certaines institutions suppléaient sans doute à l’insuffisance de l'esclavage, par exemple l'acquisition des fils de famille en mancipium. Ce qu’il y a de cer-

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tain, c’est que « les rapports qui se formaient entre maître et esclave, étaient d’autant plus étroits que les esclaves étaient peu nombreux à Rome, dans les premiers siècles ». « On n’en trouvait que dans les. familles riches, et, s’il fallait en croire Pline, 1l ny en avait pas plus d’un de chaque sexe (1). » Après. cela comment Cuq peut-il soutenir que les esclaves. constituaient un élément essentiel du patrimoine et non pas le superflu ?

Quant aux immeubles, on peut les considérer sans. doute comme indispensables à la société de l’ancienne Rome, non seulement à raison du culte domestique et de l’ensevelissement des morts, mais aussi pour les besoins matériels de chaque jour ; car à l’époque qui nous occupe, les Romains étaient agriculteurs. Mais précisément, c’est pour les im meubles que les mots désignant la propriété (mancipium, dominium) conviennent le moins bien. Les formes de la mancipation et de larevendication paraissent, elles aussi, n’avoir été étendues aux immeubles qu'après coup. Car dans la mancipation, lacquéreur devait tenir à la main la chose dont on lui transférait la propriété; dans la revendication les: deux plaideurs tenaient en même temps l’objet liti-. gieux jusqu’à ce que le magistrat leur eût commandé de le lâcher. Pour soumettre les immeubles à ces

(1) Guq, Znstitutions juridiques des Romains, p. 167.

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