‹ Des moyens barbares employés dans le combat sur terreChapitre 16 sur 34 · RO · texte numérisé non relu

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SECTION JIT

Bombardement aérien.

L'aéronautique, dont il avait été fait quelques applicacations au cours de la guerre de 1870-1871, voire même au cours des guerres du premier Empire, n'a pris un développement considérable qu'au cours de la dernière guerre. Elle s'est scindée en deux branches : l'aérostation et l'aviation. L'aérostation a borné son rôle à l'observalion aérienne, tandis que l'aviation, outre l'observation qu'elle a permis de compléter par des photographies, à fait du réglage de tir pour lartillerie, de la chasse aérienne, de la liaison entre les divers organes du commandement et enfin du bombardement. La limite de ses possibilités n'est pas atteinte, on envisage de nouvelles missions à lui confier dans les guerres de l'avenir : ravilaillement, évacuation de blessés, transport de troupes même. Des essais encourageants ont déjà été réalisés dans cet ordre d'idées.

Le bombardement aérien, qui seul relient notre attention pour l'instant, complète et prolonge l'action de l'artillerie. 11 la complète en ce sens qu'il peut atteindre tous les objectifs battus par le canon et même, dans la limite de la portée de celui-ci, des objectifs qui ne pourraient pas être atteints par le tir de l'artillerie, en raison de leur défilement. I] prolonge l'action du canon par la possibilité qu'il offre de lancer des projectiles à lintérieur même du pays, bien loin au delà de la limite de portée de l'artillerie. Nous n'insisterons pas autrement sur le bombardement aérien lorsqu'il est effectué dans

les zones d'action de l'artillerie, nous connaissons déjà le

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régime auquel sont soumis la population civile et les immeubles sur cette étendue de:territoire. Nous mentionnerons au passage que ce régime ne doit pas être aggravé par le bombardement aérien. Par contre, lorsqu'il prolonge l’action du canon, il présente pour notre étude le plus grand intérêt, car à défaut d'une réglementation indispensable il peut devenir un moyen barbare en atteignant très fréquemment des non-participants et en détruisant sans nécessité militaire les immeubles, qui, avant son emploi, étaient à l'abri de toute atteinte.

La réglementation de ce moyen de combat, dont l'usage date seulement d'hier, a déjà derrière elle une assez longue histoire et celle-ci est particulièrement intéressante parce qu'elle montre bien les différentes phases par lesquelles passe fréquemment l'admission dans la doctrine d'un moyen de guerre nouveau, La première décision a prononcé l'interdiction ; la deuxième a été prise dans le même sens mais elle n'a recueilli qu'une minorité d'adhésions ; la troisième s'est prononcée par l'admission sous réserve; la quatrième, qui s'élabore à l'heure actuelle, après la généralisation de l'emploi du bombardement aérien pendant la guerre, semble devoir se prononcer pour l'admission mais avec des règles quelque peu restrictives.

Dès que le bombardement aérien apparut comme possible et avant même son emploi, la Conférence de la Have de 1889, dans une déclaration spéciale, « interdit pour cinq ans de lancer des projectiles et des explosifs du haut des ballons ou par d'autres moyens analogues nouveaux ». La Grande-Bretagne n'accepta pas cette déclaration et elle ne fut pas renouvelée à l'expiration du délai fixé, La Conférence de la Haye de 1907 reprit le

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