AVANTAGES D'ORDRE SOCIAL
Le travail à domicile permet d'occuper des personnes qui seraient dans l’impossibilité de travailler à l’atelier.
Supprimer l’industrie à domicile serait priver des ressources dont elles ont besoin pour vivre les femmes veuves ou abandonnées, les femmes mariées dont le travail est nécessaire ou bien pour suppléer à l'insuffisance du salaire marital, ou bien pour le-remplacer en cas de maladie ou de chômage ; si ces femmes obligées de donner à leur ménage, à leur famille, les soins nécessaires, ne pouvaient plus travailler à domicile, elles se trouveraient dans l’alternative ou de quitter leur foyer pendant dix à onze heures par jour, ou de ne plus travailler du tout. L'industrie à domicile permet aussi d'occuper les malheureux frappés d’une incapacité quelconque de travailler à l’atelier.
Le travail à domicile est encore un appoint pour ceux dont l’occupation principale ne peut se continuer pendant l’année entière : il en est ainsi notamment des industries à domicile qui s’exercent à la campagne. L’impossihbilité de se livrer pendant l'hiver aux travaux des champs, le rendement insuffisant des terres nécessitent pour l’ouvrier agricole l’exercice d’un petit métier domestique lui apportant un léger appoint. Cette nécessité est plus impérieuse encore pour la paysanne : afin qu’elle reste au village et n’aille pas à la ville servir comme domestique, s’y déraciner, il lui faut exercer un métier d'appoint. Aussi l’industrie à domicile s’est-elle développée à la campagne particulièrement dans les régions où l’agriculture ne donne que des ressources insuffisantes. Il en est ainsi dans la campagne lyonnaise, où le paysan trouve le temps après ses
occupations agricoles de donner quelques coups de battant ; de même dans la région stéphanoise pour le tissage du ruban ; encore en Belgique pour le tissage, la dentelle (1), etc., etc. Le travail à domicile n’est alors qu’une occupation accessoire : pendant la bonne saison, le paysan se livre aux travaux des champs, cultivant ses terres, ou travaillant en qualité d’ouvrier agricole ; l’hiver, il reprend son métier.