MÉDIOCRITÉ DES SALAIRES DES OUVRIERS A DOMICILE
Dans l’industrie à domicile, les salaires sont souvent très faibles, et leur taux semble encore avoir des tendances à descendre.
Il est difficile de donner une idée de ces salaires, car leur valeur est toute relative et, pour l’apprécier, il faudrait tenir compte du coût de la vie. Le salaire n’est en effet que le premier terme d’un rapport, qui ne saurait être bien compris que si l’on en connaît le second, c’est-à-dire le prix des subsistances. Rien n’est si local êt si relatif que la rétribution de la main-d'œuvre (1).
(1) A l'appui de cette affirmation nous voudrions citer de nombreux chiffres, mais, outre que la connaissance du salaire n’a d’importance que si on la compare aux prix des subsistances, d’autres difficultés proviennent de ce que dans certaines monographies il n'est pas tenu compte des réductions subies par le salaire, que dans d’autres, il n’est indiqué que le prix des pièces. Parfois c’est la journée de 8 heures qui est prise comme base d'estimation, parfois celle de 14 à 16 heures. Souvent aussi, il n’est pas distingué entre le salaire de l’homme et celui de la femme. Voici cependant quelques exemples de salaires dans les industries les plus sweated :
Confection de vétements pour homme ou femme. — La moyenne des salaires est de 1 fr. 50 à 2 francs pour la femme.
Les salaires les plus bas sont ceux des finisseuses culottières et giletières. L'enquête de l'Office du travail français nous indique des salaires de 1 franc par jour. L'enquête de la Chambre des Lords donne { shilling. L'enquête allemande 75 pfennigs.
Lingerie. — Moyenne pour les femmes 1 fr. 50 à 4 fr. 75 par
G. Lévy. 3