INTERDICTION PROGRESSIVE DU TRAVAIL A DOMICILE
Certains auteurs, notamment M. Weber (1), ne veulent pas d’une suppression immédiate, par simple trait de plume du législateur, et demandent qu’on laisse disparaître toute seule, par extinction, cette forme de travail. En conséquence, M. Weber propose que l’on empêche dès maintenant l'introduction de toute nouvelle recrue dans l’industrie à domicile : la distribution du travail à domicile ne serait permise qu'aux ouvriers pourvus d’une carte personnelle, laquelle ne serait accordée qu’aux ouvriers à domicile actuels. M. Weber pense que, par ce moyen, cette forme de travail aura disparu dans un laps de vingt à vingtcinq ans.
Pareil projet avait d’ailleurs été proposé en 1893 à la Chambre des députés autrichienne. Tous les ouvriers à domicile auraient été tenus, pour travailler chez eux, de se pourvoir de cartes ; après un délai de transition, on n’aurait renouvelé l’autorisation qu'aux personnes ayant dépassé une certaine limite d’âge ou empêchées par des infirmités de travailler en fabrique.