CHAPITRE II
De V emploi modéré des yeux faibles > en général et en particulier,
x resque* tous ceux qui sont affectés d'une y ue faible se réjouissent a l'arrivée du crépuscule du matin , tandis qu'ils s'attristent à l'approche de la nuit ; mais ils ignorent que leur vue exige le matin un soin tout particulier, puisqu'elle ne peut alors souffrir la moindre tension , et que de la plus légère imprudence, dans ce moment , dépend le bon ou le mauvais usage qu'ils pourront en faire le reste du jour. Avant donc que le nuage qui flotte sur les yeux au moment du lever, ainsi que je l'ai déjà remarqué plus haut, soit tout-afait dissipé, il ne faut nullement penser a l'ouvrage, ou au moins faut-il qu'il soit scrupuleusement proportionné à la force de la vue y mais on doit spécialement éviter toute occupation qui , outre la tension de la vue , exigerait le moindre usage des facultés intellectuelles. Ce n'est pas que ces vues demandent moins de sollicitude aux autres heures du jour , car on ne saurait trop en y apporter.
Les alimens , les boissons n'ont pas sur elles une moindre influence que la lumière •, les alimens surtout ne doivent être aucunement échauffans.
La plupart des gens qui ont la vue tendre, croient Paméliorer par Fusage des lunettes, et sont dans la ferme persuasion qu'elles l'entretiennent et la fortifient j d'autres vont encore plus loin, et s'imaginent que puisque le taffetas .vert est d'un effet si bienfaisant pour les yeux , les verres de couleur verte ne peuvent manquer d'avoir la même influence. Mais , au contraire , les lunettes vertes sont très nuisibles , aussi bien pendant le travail qu'après, en ce qu'elles représentent les objets autrement qu'ils ne sont en effet, qu'elles leur donnent un alentour sombre et terne , et quç par la elles sont plus propres a occasionner la faiblesse des yeux qu'à la diminuer.