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DES

MYOTONIES ATROPHIQUES

DU TONUS MUSCULAIRE

On donne le nom de tonus musculaire à cet état de demi-contraction dans lequel se trouve le muscle au repos, élat qui persiste, d’une façon variable pour les différents muscles, quelque temps après la mort.

De nombreuses expériences l'ont prouvé : déjà Gallenus et Haller avaient montré qu'un muscle coupé se divise en deux segments qui se rétractent. Brondgest montra que. contrairement aux idées émises par Müller, Hall et Henle, le tonus musculaire est sous la dépendance des centres nerveux. Et il le prouve par des expériences restées classiques sur la grenouille.

Mais, pour avoir reporté le centre du tonus des muscles dans la moelle, la question n'en restait pas moins obscure ; comment agissait celle-ci ? comment expliquer ce fait, en apparence paradoxal, d'une contraction indéfinie d’un muscle ? Onimus pensait à des

0e contractions successives et non simultanées des divers faisceaux musculaires. Boudet et Brissaud ont confirmé cette hypothèse en découvrant le bruit rotaloire musculaire. Muskens admét non seulement l’élasticité musculaire étudiée par Wundt, Richet et Weber, mais encore un tonus musculaire nerveux d’origine réflexe. |

Charcot et Brissaud admettent la théorie médullaire du tonus musculaire et, pour eux, l'hypertonicté consécutive aux lésions du faisceau pyramidal serait dù à l'action mécanique des cellules motrices antérieures.

Adamkiewicz pense à l'existence de deux systèmes des fibres antagonistes ; les cordons postérieurs entreüendraient le tonus, tandis que les latéraux l’inhiberalent.

Marie compare le rôle du faisceau pyramidal à celui du pneumogastrique ; l'un a une action d’arrèl sur le tonus, l’autre sur le cœur.

Van Gehuchten définit le tonus : « La mamifestation extérieure de l’état d’excitation dans lequel se trouvent d'une façon permanente les cellules motrices de la substance grise de la moelle ; cet état doit donc être un état d'emprunt, transmis à ces cellules motrices par les neurones voisins avec lesquels elles arrivent en contact. » Grasset admet en partie la théorie de Van Gehuchten, mais place le centre inhibiteur, non pas comme Van Gehuchten dans l'écorce cérébrale, mais dans le mésocéphale ou dans la protubérance. Pandi admet que la tonicité musculaire est à la fois corticale et médullare mais, ajoute-t-il, la première est prédominante.

+, le

Toutes ces théories que nous venons de citer rapidement pour mémoire peuvent être groupées sous sept rubriques différentes (Crocq) :

1° Le tonus musculaire est un phénomène purement médullaire dû à la réflexion par les voies courtes des impressions périphériques :

2° Le tonus musculaire est un phénomène purement médullaire dû à la réflexion directe, par les voies courtes, des impressions périphériques, mais le faisceau pyramidal exerce sur ce tonus une action d'arrêt ;

3° Le tonus musculaire est produit par deux actions antagonistes, l’une inhibitive, provenant du cerveau, l’autre excitatrice, provenant du cervelet ;.

4 Le tonus musculaire est la manifestation extérieure de l’état d'excitation permanente des cellules motrices de la moelle : cet état d’'excitation dépend de l’action excitante des fibres des racines postérieures et des fibres cérébello-spinales et de l’action inhibitrice des fibres cortico-spinales :

5° Le tonus musculaire est entretenu par les centres médullaires, mais 1l existe dans la protubérance un centre automatique qui règle le tonus musculaire d’une part, par des fibres directes (faisceaux pyramidaux), qui portent l’action inhibitrice ; d'autre part, par des fibres indirectes (par le cervelet), qui portent l’action exeitatrice :

6° Le tonus musculaire est en lui-même un phénomène médullaire, mais les neurones périphériques. asservis par les neurones centraux ont perdu leur initiative fonctionnelle ;

7° Le tonus est à la fois un phénomène médullaire et cortical.

Malgré leur grand nombre, aucune de ces théories ne nous donne une explication logique et inattaquable. Aussi Crocq cherche-t-il à se dégager des idées de ses devanciers pour ne baser son opinion que sur les déductions logiques des faits contrôlés. Nous ne pouvons entrer dans le détail de ses expérimentations et nous n'en donnerons que les conclusions.

a) La section des racines postérieures donne lieu à l'abolition du tonus musculaire.

b) La section de la moelle à la région cervicale, chez la grenouille, ne diminue pas le tonus musculaire.

c) La section ou la ligature de la moelle dorsale supérieure ou cervicale, chez le chien et le lapin, diminue le tonus des muscles volontaires et exagère le tonus des sphincters.

d) La section ou la ligature de la moelle cervicale ou dorsale supérieure, chez le singe, diminue considérablement le tonus des muscles volontaires et exagère le tonus des sphincters.

e) Chez l'homme, les lésions lransversales complètes de la moelle, à la région cervicale ou dorsale supérieure, provoquent l'abolition permanente et complète du tonus des muscles volontaires et l’exagération de la tonicité sphinctérienne.

f) Les lésions destructives des lobes cérébraux donnent des résultats différents suivant les animaux sur lesquels on opère.

Batraciens .

Reptiles .. . ,. .\rien.

Oiseaux … :.

Ghienate 6,15 accidents paralytiques immédiats et évidents.

Singe. . . . . hypotonie profonde qui diminue progressivement.

Homme . . . . atonie définitive quand certains

territoires sont complètement

détruits.

Il est done aisé de voir qu'à mesure que se développe la corticalité cérébrale, on voit grandir son influence sur le maintien du tonus des muscles volontaires. Et du résumé de ces expériences on peut conclure que l’on ne peut admettre pour le Lonus une voie unique el qu'elle est au contraire variable dans la série animale. Chez les vertèbrés inférieurs, le tonus musculaire passe par les voies courtes, tandis qu'à mesure qu'on s'élève dans l'échelle animale, le tonus a une tendance de plus en plus grande à se produire par l'intermédiaire des voies longues, au détriment des voies courtes; et c’est ainsi que, chez l’homme, les voies longues sont les voies normales et exclusives de ce phénomène.

En ce qui concerne les sphincters, le tonus emprunte la voie courte chez les vertébrés supérieurs et chez les vertébrés inférieurs. Cependant, les centres évacuateurs de ceux-là remontent chez l’homme jusqu'à la corticalité cérébrale.

Comme le fait remarquer Crocq, la schematisation

qu'il propose ne peut s'appliquer qu’à l'homme adulte,

Ve car chez l'enfant les cellules médullaires ne possèdent pas leurs connexions corlicales normales. Le faisceau pyramidal existant anatomiquement mais non physiologiquement, force nous est d'admettre que la voie du tonus n’est pas longue; et qu'une section de la moelle cervicale chez l'enfant donnerait les mêmes résultats

que chez la grenouille.

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