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DES MODIFICATIONS DU TONUS MUSCULAIRE

Nous avons vu ce qu'on entend par lonus museulaire; mais ce tonus peut être modifié de différentes facons. Les deux fermes ultimes sont l'hypertonie el l’atonie en passant par les hypotonies: ces termes ont soulevé des discussions interminables, car les auteurs ne s’accordaient pas, et les uns appelaient hypertonie ce que les autres considéraient comme une tomiité normale. Et cette difficulté était encore augmentée par ce fait que les sujets en expérience peuvent être des nerveux, ou bien encore des lymphatiques, et que nous n'avons pour instrument de contrôle que nos yeux qui ne peuvent apprécier de légères différences. Or, les instruments construits ne sont souvent destinés qu'à un seul muscle (tonomètre de Muskens) et leur valeur n'a pas encore élé suffisamment démontrée. Malgré l’inexactitude de ces termes 1l est bon de les conserver et de considérer comme hypotonique un muscle dont le tonus normal est simplement diminué et comme atonique un muscle complètement flaccide. Quand au degré d'hypotonicité, on ne pourra la juger que par la comparaison avec un autre muscle, soit soit chez le

ne même malade, soit chez un autre individu mais bien portant.

Avant d'aborder l'étude des modifications du tonus musculaire en pathologie, il nous faut donner les lois qui les régissent. Scherrington avait démontré au Congrès international de physiologie de 1898 que « l’excitalion d'un muscle volontaire produit l'inhibition du tonus de son antagoniste (1"° loi) et, d'autre part, la clinique nous renseigne que la proposition inverse est également vraie, d’où la deuxième loi : l’éënhibition du tonus d'un muscle volontaire provoque l’hypertonie de son anlagoniste ».

A côté de ces deux lois, Crocq en place trois autres découlant non seulement de la clinique, mais encore de ses recherches anatomo-pathologiques. Chaque fois que les neurones moteurs centraux ou périphériques de la voie longue ou leurs prolongements cylindraxiles sont détruits, 1l y a atonie des muscles correspondants ; c'est ce que nous voyons dans les polyomyélites, les lésions destructives de la capsule interne ou de la zone rolandique. La flacidité sera done complète et définitive. Si, au contraire, la destruction est incomplète, si un certain nombre de fibres ne sont pas détruites, 11 n'y aura qu'hypotonie. Mais il y a de nombreux cas où l'élément nerveux comprimé par une lésion péri-cellulaire ou péri-axile entre dans un état d’érétisme fonctionnel; la conséquence en sera l'hypertonie.

Telles seront donc ces trois lois :

3° La destruction complète des neurones moteurs centraux ou périphériques ou de leurs prolongements

T2 cylindraxiles provoque l’atonie des muscles correspon dants ; 4° Leur destruction partielle provoque l’hypotonie. 5° Les altérations péri-cellulaires et péri-cylhindraxiles des neurones moteurs centraux et périphériques produisent, lorsque la fonction du neurone est gènée,

un érétisme fonctionnel qui donne lieu à une exagération du tonus musculaire.

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