‹ Des NéphrItEs ÉdÉmAtEuses Subaiguée et Chronique de l'EnfanceChapitre 11 sur 27 · ET · texte numérisé non relu

ET

Éd

juin, 9-6 1/2 au 22 juin. Le volume du cœur montré par les orthodiagrammes du 16 mai et 17 juin est resté normal.

Au point de vue étiologique nous avons affaire à une néphrite subaigvé où l’on pourraît peut-être mettre en cause une infection pharyngée, mais qui serait en tout cas minime, et évoluerait sur un terrain syphilitique. Elle avait l’air de faire une poussée aiguë lors de son entrée à l'hôpital, poussée occasionnée sans doute par les frictions mercurielles dont nous connaissons l’effet nocif sur le rein. Nous avons traité cette malade par le sulfarsénol, après amélioration de sa néphrite par le régime. Cette amélioration a persisté en dépit des infections intereur rentes qui s’y sont surajoutées.

De plus qu'il nous soit permis de considérer le volume du foie qui a été augmenté, sans dilatation cardiaque appréciable. Ne nous est-il pas permis de penser à une infection surajoutée prebablement spécifique, dont nous avons fait la preuve et occesionnant un léger degré d'hépatite.

A côté de cette néphrite qui a une part d’étiologie dans la syphilis qu’il me soit permis de citer quelques autres observations résumées de néphrite d'aspect peutêtre plutôt aigu, mais qui évoluent elles aussi sur un terrain syphilitique et qui reconnaissent peut-être

dans la syphiiis leur véritable cause.

Obs. III. — J. Andrée (B. 840), 6 ans 1/2 (Obs. résumée), C’est une enfant d’une taille de 1 m. 03 avec un poids de 14 kg. qui entre à l’hôpital le 21 août 1921 parce que les mains et les pieds sont boursouflés, quelques tâches rougeâtres depuis deux ou trois jours. Rien à signaler dans ses antécédents. Examen. — Figure un peu boursouflée, œdème malléolaire. Langue un peu blanche, légère constipation, le foie est normal.

Le cœur aussi, les bruits sont bien frappés.

NE

Dans les urines on décèle un peu de sang et de l’albumine, leur volume augmente jusqu’à 1.800 cm * le 26 août 21 et se stabilise entre 500 et 1.000 em ÿ.

Le poids diminue de 16 k. le 22 août, nous le voyons à 14 kg. le 26, à 13 le 31. Le régime est constitué par : lait 1 litre, eau : 500 cm.

On fait l'épreuve de la rétention chlorurée les 12, 13, 14 sept. Le poids passe de 14 kg. à 14 kg. 600. Puis de la rétention azotée les 21,22, 23 sept. en donnant 10 gr. d’urée. Azotémie du 20 septembre est 0 er. 26, celle du 24, 0 gr. 31.

Les œdèmes ont disparu. On la met à un régime normal avec 3 gr. de sel, le 3 octobre. Le poids augmente progressivement.

Entre temps on a faitle Wassermann qui donne H°. On lui fait 2 séries de sulfarsénol.

La tension qui était de 12-5 le 22 août, passe à 12-6 le 13 sept. et 10 1/2-7 le 28 septembre.

Cette néphrite dont nous ignorons la cause doit être attribuée il nous semkle à la syphilis, qui a tout au moins préparé le chemin, sensibilisé le rein qui subit alors la plus petite atteinte.

Obs. IV. — E. (D. 3.650), âgé de 11 ans, entré à l'hôpital le 15 mars 19 (Observation résumée).

Antécédenis : Parents bien portants, qui ont eu 5 enfants dont deux morts de méningite. Notre malade a fait une coqueluche et une rougeole à 3 ans.

Depuis un mois, notre malade a des épistaxis, une céphalée persistante et une sensation pénible de froid. Depuis huit jours l’œdème est apparu d’abord à la face, aux paupières, et enfin, à tout le corps.

Eïtamen, 16 mars. —- Le volume des urines est de 300 cm *avec 4 gr. d’albumine, elles sont légèrement foncées. T° est 370. Le foie est normal, il n'y a pas de dilatation cardiaque, seulement un léger éréthisme. La langue est saburrale, le pharynx est légère ment rouge. Rien aux poumons.

2e). Jde

Il est à signaler un peu d’impétigo à l'entrée dés narines. Pas de stigmate d’hérédosyphilis.

On le met au régime, 500 gr. d’eau et 500 er. de lait que l’on augmente peu à peu jusqu'à 1 litre.

Le 18 mars, l’enfant est encore anasarqué. Albumine : 2 gr.

Le 20 mars, l’alb uminurie n’est que de 0 gr. 50. Le volume des urines augmente rapidement, 1100 em le 19 mars, 1400 le 20, près de 3.000 le? 1 mars où l’on signale une légère hématurie puis il se stabilise vers 1700 cm 8. On fait un W. qui est nettem ent positif, on commence une série de néosalvarsan.

Pendant ce temps, le poids diminue, @e 23 kg. 750le 15 février, nous le voyons à £2 k. 450 le 20, 19 k. 300 le 27, 19 k. le 19r avril. La tension artérielle fait la même chute de 15-8 Le 17 février, elle passe à 14-9 le 20, 12,5-7 le 29, 11, 5-7 le 9 avril.

Elle sort à la demande de ses parentsle 10 avril, très améliorée, mais avec encore une albuminurie de 0,50.

Nous voyons que cette malade a un petit impétigo qui a peut-être déclanché sa néphrite, mais il existe aussi une grave prédisposition, un substratum qui est la spécificité.

Obs. V. — (A. 6.944). W. Georges âgé de ? mois 1/2. C’est un enfant amené à l'hôpital le 12 février 1925, parce quil est enrhumé depuis 8 jours, il a eu plusieurs épistaxis et mouché «des débris de chair ». En outre, il toussait. Il est impossible de l’alimenter, il présente de la somnolence.

En le déshabillant or remarque de l’enflure.

C’est un enfant né à terme, après un accouchement normal, du poids de 3 kg 380. Nourri pendant un mois au sein, puis au lait de vache avec 1/2 d’eau sucrée. Il n’y a pas d’autres affections à signaler qu'un peu de constipation. Parentsbien portants, une fausse couche.

Examen du 12 février. — Les Libias sont arqués, mais pas de

RQ

bourrelet. sus-malléolaire, ni de chapelet costal. La fontanelle est très large et admet 3 doigts.

On note au niveau des membres inférieurs un œdème assez marqué, mou, gardant le godet et atteignant le scrotum. Sur la peau, au niveau du flanc droit, se voit une cicatrice brunâtre, arrondie, plissée et en plusieurs points du corps,notammentsur le thorax et la nuque des tâches érythémateuses qui sont peut-être un vestige de roséole. Sur la lèvre supérieure, traces de fissures qui pourraient être des ragades. La face a une teinte bistre et des squasmes furfuracées.

L'enfant a du cor vza, il ronfle, la respiration est gênée. La gorge et les poumons sont normaux ainsi que le cœur et les autres appareils. I n’y a pas de gros foie, mais la rate est légèrement- palpable.

Il a de plus une otite à gauche. L'enfant est d'autre part très oligurique; on a essayé de recueillir ses urines, on est arrivé à un volume variant de 40 à 50 cmc. Elles sont très albumineuses, 1 gr. au tube d'Esbach et présentent de nombreuses hématies, quelques leucocytes, pas de cylindre. La réaction de Meyer reste fortement positive. Le Wassermann est très positif Ho.

La température est voisine de la normale, il existe même un peu d’hypothermie les 14 et 15 février. Il a de plus 4 selles vertes qui, sous l'influence du traitement, eau sucrée, eau deriz, babeure re et bouillie de babeurre se transforment peu à peu, de sorte que dès le 15 février nous ne voyons plus que 3 selles jaunes mais liquides. On fait également 20 cm % de sérum glucosé hypertonique et du sulfarsénol (0,01 le 15 fév., 0,02 le 18, 0,025 le 21, 0,03 le 25). Le 19 février, les urines semblent plus claires, les œdèmes ont un peu diminué. En outre l'otite est devenue bilatérale expliquant peut-être l'élévation de la température à

L’urée par litre d'urine se monte à 25 gr. 20.

Le 25 février mort rapide par diarrhée et vomissement en hypothermie,

ÆAutopsie. —— Reins : un peu lobulés, facilement décorticables. A la coupe ils sont pâles. Il y a disparition des pyramides et uniformisation du parenchyme sauf aux deux pôles.

La rate est un peu grosse 18 gr., avec des zones hémorragiques et des zones claires. Surrénales normales. Foie un peu gros, aspect un peu ridé. Ilots clairs, malades, au milieu du tissu conjonctif.

Et maintenant si nous cherchons la cause de cette néphrite, nous pouvons admettre que l’otite y joue un rôle, l'a déclanchée peut-être, mais nous croyons qu'ici encore la syphilis qui est en évolution en est le substratum fondamental. C’est elle qui a attaqué le rein primitivement, qui a fait plus et mieux que de le sensibiliser. |

30 Un troisième groupe et des plus importants contient des néphrites qui évoluent avec intermittence (néphrites intermittentes de M. fiutinel) Ces malades font une poussée aiguë qui disparaît, puis quand tout semble rentré dans l’ordre, pour une légère infection, un petit écart de régime, après un ou plusieurs mois, des années parfois, brusquement une nouvelle poussée revient, avec œdème, albuminurie etc..., la néphrite se réveille,

Obs. VI. —— P. Raymonde (B. 1160), âgée de 14 an: 1/2.

C'est une enfant qui rentre à l'hôpital le 18 nov. 1922 pour œdème de la face et des membres ayant commencé il y a 4 jours.

Antécédents. — La mère a eu 15 enfants dont 6 morts en bas âge, les neuf autres sont bien portants : 2 fausses couches. Notre malade a eu de l’albuminurie à 4 ans avec des œdèmes généralisés, Elle a été au dispensaire de Lille pendant ? mois au régime

age

lacté. Elle fait de fréquentes bronchites et a de l'impétigo depuis un mois.

Examen, 20 novembre 1922. — Kacies boufti, œdème des membres inférieurs ne donnant pas de godet,

Les dents sont mal implantées, pas d’érosion, les amygdales sont anfranctueuses. Muco-pus dans le pharynx. Le foie déborde de 5 em, le rebord costal et a une hauteur de 18 cm. sur la ligne mamelonnaire.

La rate n’est pas percutable. Le cœur ne paraît pas augmenté de volume à la percussion: les bruits sont bien frappés,le 2+ est légèrement clangoreux. Le pouls est à 96, la tension : LH L/0 28:

Les poumons présentent quelquesrâles ronflants et sibilants disséminés.

Ellea del'impétigo dela têteet de l’adénite cervicale. Le volume des urines est de 400 em. Albuminurie : 1 gr. La réaction de Meyer est positive. Wassermann H7?.

Le 22 novembre on constate de la matité à la base droite : ponction exploratrice, on retire un liquide jaune clair ; le Rivalta est négatif, donc hydrothorax.

Le 23 novembre, il y a quelques frottements à la base droite; le foie déborde de 3 cm. et a une hauteur de 14 em. sur la ligne mamelonnaire. Azotémie 1,66.

Pour le régime, à l'entrée on la met à 500 gr. d’eau et 250 gr. de lait, et à partir du 21 : une purée sans sel, eau 1 lit. le 21 on donne 0,50 d’urotropine, puis le 22 et les 5 jours suivants 1 gr. de théobromine,

Les urines pendant ce temps montent du 19 nov, 200 em à 1000 em 3 le 23, 1.200 le 27, 1,500 le 1er déc. et 2.000 le 10 déc. et jours suivants.

Le poids est à 44 k. 700le 18 nov., il passe à 42 k. 500 le 26, 38k,le21déc, 3%K le; 36:k, 600 le 14, 34 k. le 18. La tension artérielle baisse : 19 nov, elle est de 15 1/2-8, le 223 13-8 1/2, le

4 déc. 13-9. L'orthodiagramwe fait voir le cœur élargi dans le sens transversal, et débordant le sternum à droite.

Le 4 décembre l’azotémie est à 0,22.

Le 6 déc., albumine: 0 gr. 25 iln’y a plus d'œdème le 15,ilv a encore 0,50 d’albumine et le 28 elle sort à la demande de £es parents.

Nous avons donc ici à faire à une néphrite qui fait une rechute après plusieurs années, rechute due probablement à l’impétigo et à l'infection pharyngée que présente cette enfant.

Obs. VII — Germaine F.. (B. 1573).

Cette fillette, âgée de 13 ans 1/2 est entrée à la salle Parrot le 14 janvier 1924 pour des phénomènes de dyspnée et un œdème des jambes remontant au 15 décembre 1923.

Antécédents. — Le père a été tué à la guerre. La mère est bien portante ainsi que ses quatre autres enfants. Notre malade a eu des végétations, une rougeole à l’âge de 4 ans et une varicelle à 5 ans. Elle n’a présenté aucune autre maladie si ce n’est quelques angines à répétition. ‘

Depuis 3 ans, cette fillette présente de la dyspnée d'effort qui la gêne pour jouer et courir avec ses camarades, dyspnée qui depuis le mois d'octobre augmente au point qu’au moindre mouvement elle est essoufflée. L'examen des urines fait alors, a montré de l’albumine.

De plus elle se plaint de douleurs précordiales et abdominales et le 23 novembre, il existe de la céphalée, un peu de toux, de courbature, une température à 380. Cet état persiste une quinzaine de jours, puis apparaît le soir un œdème des membres . inférieurs. Et c’est depuis huit jours qu'on nole sa persistance plus ou moins marquée. La dyspnée est plus tenace et apparaît même la nuit.

Examen du 16 janvier 1923. -— C’est une enfant qui a une taille de 1 m. 32 et un poids de 28 ker. 950 (donc nettement infé-

rieurs à la normale). Elle est peu développée. Cependant pas de signe de rachitisme ni de spécificité.

Œdème blanc au niveau des membres intérieurs et des malléoles.

Appareil circulatoire. — On voit battre la pointe du cœur dans le 6° espace en dehors de la ligne mamelonnaire. A la palpalion le choc de la pointe est un peu plus étendu que normalement. A la percussion, on constate l’augmentation de l’aire de la matité. qui dépasse le bord droit du sternum. En arrière pas de matité de l'oreillette.

Un erthodiagramme fait à cette époque montre lui aussi un élargissement du diamètre transversal du cœur et un abaissement de la pointe. De plus il y a élargissement du diamètre transversal des vaisseaux de la base du cœur. |

A l’auscultation le rythme est normal, le 1€ bruit un peu assourdi, et le 2e bruit légèrement clargoreux au foyer aortique. T1 existe de plus un souffle bref précordial qui disparait avec la respiration, Enfin, à noter une assez forte douleur précordiale : le pouls est régulier, bien frappé, 85 pulsations, la tension au Pachon 14-8 est sensiblement normale.

Etamen des urines. —— Volume 1.300 em %, Couleur normale un peu trouble. Elles ont 0 gr. 15 d’albumine par dit. et 11 gr. de chlorure.

Un examen cytologique du 21 janvier montre des cellules épithéliales très nombreuses, des placards épithéliaux, des leucocytes et hématies nombreux et des cylindres granuleux.

Il y a de plus un peu de polakyurie nocturne el une légère azotémie, 0 gr. 56 par lit. (le 17 janvier).

Appareil res piratoire, — Légère dyspnée, voussure de l’hémithorax gauche et submatilé de la base gauche. Rien à l’auscultation. Le foie est sans battement, mais déborde de 3 me. le | rebord costal.

La réaction de Bordet-Wassermann est négative H$,

La température est peu élevée entre 37 et 37,8 et ne dépasse pas 37,5 à partir du 22 janvier . Les urines se maintiennent audessus de 1 lit., pour monter jusqu’à 1.500 em# certains jours, les 24 et 26 janvier; et une analyse du 21 janvier donne un résultat semblable au précédent. Pendant ce temps le poids diminue. De 28 kg. 950 le 16 Janv. nous le voyons à 24 k. 900 le 27: janvier.

La malade, à partir du 28 janvier, est au régime lacto-végétarien sans sel.

On fait l'épreuve de la rétention chlorurée en donnant 10 gr. de sel les 1er, 2, 3, 4 et 5 février. L’albumine qui est de 0,14 le 31 janvier reste stationnaire, 0,12 le 5 février. Le poids n’augmente pas : 27 k. 300 le 31 janvier, 26 k. 650 le 5 février. L'’élimination des chlorures se fait bien, iln’y a pas derétention.

Les 8, 9, 10et 11 février on fait l'épreuve de la rétention azotée en donnaut chaque jour 15 gr.d'urée,iln’y a pas derétention. L'’azotémie est de 0,25 le 8 février, de 0,28 le 12. I n’y a pas d'augmentation de l’albumine.

Examen, 15 février. — Plus d’'œdème, la percussion du cœur est peu modifiée. Léger clangor aortique, souffle de la région précordiale. Un nouvelorthodiagramme nous montre que le cœur a diminué dans le sens transversal. Le poumon présente toujours une légère submatité à la base gauche. Le foie a diminué. Le poids qui avait diminué augmente sans œdème, par suite de la reprise de l'alimentation : 29 kgr le 19 février. La diurèse est bonne autour de 1000 em À, il y a quelques traces d’albumine.

Le 18 février un examen cytologique montre des leucocytes peu nombreux, quelques hématies et cylindres granuleux.

Elle sort le 31 février très améliorée, sans œdème, mais avec quelques traces d’albumine.

Depuis sa sortie, elle se porte bien. Revenue à la consultation trois fois, elle n’a plus ni albumine, ni œdème, ni dyspnée, ni

douleur précordiale.

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