CONSIDÉRATIONS CLINIQUES
LE —- Etiologie.
J’insisterai peu sur l’étiologie générale des néphrites pour m'arrêter seulement sur quelques points qui méritent plus particulièrement notre attention.
Les causes des néphrites de l’enfance sont nombreuses et toutes ont été l’objet d’une foule de travaux. La première et la plus importante est la scarlatine. La néphrite y est tardive, souvent elle est causée par le froid, une mauvaise hygiène et surtout par ces angines secondaires à streptocoques suivies d’adénites. Ensuite viennent les angines, amygdalites, adénoïdites, toutes ces infections naso-bucco-pharyngées plus ou moins aiguës ou chroniques.
Les affections cutanées diverses, impetigo, gâle infectée, eczéma impétigineux; les septicémies de tout ordre, les érythèmes infectieux, les purpuras; puis d’autres plus rares : les maladies infectieuses, la ty-
phoïde, la grippe, les pneumococcies, le rhumatisme,
les oreillons, la rougeole, la diphtérie, l’érysipèle, les infections gastro-mtestinales, l’appendicite, les suppurations variées, les intoxications (cantharide, sérums thérapeutiques).
Certaines causes sont plus facilement le point de départ de néphrite aiguë que chronique : telle la néphrite scarlatineuse qui évolue rarement vers la chronicité. D’autres le sont également de néphrites aiguës et chroniques : telles les atfections du cavum nasopharyngé, les creillons, la rougeole.
Certaines de ces affections prédisposent plus facilement aux néphrites hématuriques qui évoluent le plus souvent de façon aiguë, el sans œdème : ce sont les angines, les purpuras (rhumatoïdes ou chroniques), la variole. Elle se voit aussi dans la scarlatine, l’érysipèle. les pneumococcies, l’intoxication cantharidienne et phéniquée.
Mais après avoir passétoute cette étiologie en revue, nous devons dire qu'il y a des néphrites dont la cause nous est profondément cachée. Le plus souvent il nous faudra chercher dans le naso-pharynx : une légère infection, quelques végétations adénoïdes, un peu de suppuration nous mettent alors sur la voie de l’étiologie de la néphrite. Quelquefois un léger impetigo peut être décelé et en être le point de départ. De plus, il ne faut pas oublier l’étiologie éloignée, quelque maladie infectieuse lointaine : une scarlatine surtout qui a sensibilisé le rein, l’arendu peurésistant et fait maintenant
que la-plus petite infection le touche.
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Mais il est d’autres causes plus graves, plus profondes, qui sont souvent le point de départ de néphrites graves, prolongées, je veux dire, la tuberculose el la syphilis.
M. Marfan a beaucoup insisté sur l’origine tuberculeuse des néphrites de l'enfance et avec juste raison. MM. Nobécourt et P. Merklent en rapportent d’ailleurs un cas (Mais avec amyloïde du rein et tuberculose ouverte du sommet gauche). Il faut y penser et la rechercher toujours dans les néphrites qui se prolongent, où surtout nous voyons une hématurie persistante. Nous devons dire cependant que dans les observations que nous avons dépouillées on n’a jamais pu la mettre en évidence, malgré les recherches microscopiques et les injections du dépôt urinaire aux cobayes dans les cas où nous la soupçonnions (Nous avons seulement trouvé une bacillose avérée avec cystalgie, polakyurie, pyurie manifeste).
Mais nous voulons insister maintenant sur l’origine hérédo-syphilitique de beaucoup de néphrites. La question n’est pas récente et nous avons vu s’y intéresser Rayer, Cornil, Lancereaux, Lecorché, Perraud, Jullin, en France; Wilks, Grainger, Stewart, en Angleterre: Wagner en Allemagne. Le Prof. Fournier et Barthélemy, ainsi que Hutchinson essaient d'en systématiser les lésions. Beaucoup d’autres travaux ont suivi.
Quelles formes lui voyons-nous prendre? Nous pou-
1. Nobécourt et Pr Merklen, Les fonctions rénales au Cours des néphrites de l’énfance. (Archiv. de Méd. des enfants, sept. 1911.)