EFFETS SUR LA SENSIBILITE ET LA MOTILITE
Après la paralysie des nerfs vaso-moteurs, on remarque dans les tissus une sorte d’exubérance des
phénomènes vitaux, une exagération de la plupart des fonctions physiologiques qui deviennent presque des états pathologiques. C’est pour cette raison que les parties du corps où les vaisseaux sont paralysés résistent mieux au froid et conservent plus longtemps leurs propriétés après la mort.
Aussi ne doit-on pas s’étonner de voir la sensibilité augmentée; une piqûre, un léger choc, qui, sur l’oreille d’un animal sain, ne déterminerait pas de douleur, lui font pousser des cris après la paralysie des vaso-mo teurs, et l’on ne peut s’empêcher de rapprocher ces observations physiologiques des phénomènes d’inflammation chez l’homme où la sensibilité est également exaltée.
Comme conséquence de cette sensibilité plus vive, nous trouvons une augmentation de la tonicité musculaire; on sait, en effet, que la tonicité résulte de sensations inconscientes, d’actions réflexes continues, et l’augmentation de la sensibililé entraîne l’exagération de la tonicité. Telle serait la cause de l’occlusion incomplète des divers orifices de la face après la section du sympathique au cou, telle est la cause de ces tremblements musculaires que l’on observe fréquemment ; c’est également à la tonicité exagérée des muscles de l’œil que plusieurs auteurs ont rattaché la dépression de cet organe au fond de l’orbite.
Carpenter explique les effets produits sur l’œil après la section du sympathique au cou par une augmentation de sensibilité de la rétine, d’où la contraction de la pupille, la rétraction du globe oculaire, la fermeture partielle des paupières, l’écoulement des larmes.
Sur la grenouille, M. Liégeois a constaté que l’œil faisait une saillie considérable lorsqu’on paralysait les
vaso-moteurs de la tête, ce qui est précisément le contraire de ce qu’on observe sur les mammifères, et il a reconnu qu’on devait attribuer cette saillie à la tonicité exagérée d’un muscle qui supporte l’œil de la grenouille à la façon d’une sangle. En ce qui concerne l’abaissement de la paupière supérieure après la section du sympathique au cou, nous pensons que la paralysie des fibres-lisses, qui se trouvent dans la paupière n’est pas étrangère au phénomène. Je veux parler de ces fibres lisses qui forment le muscle orbito-palpébral décrit par M. Sappey.
Si l’on vient à exciter les muscles hyperém iés, on détermine des contractions violentes. M. Brown-Séquard, mesurant le raccourcissement des muscles, a trouvé que le raccourcissement était plus considérable du côté opéré.