CAUSÉS INFECTIEUSES
RE Nous étudierons chacune d'elles dans un paragraphe spécial.
10 Causes mécaniques. — Parmi elles, il faut citer la compression ou la section des nerfs, puis la piqüre, la dénudation, l'élongation, etc.
Depuis longtemps déjà on sait que la compression peut produire la névrite. Les anciens chirurgiens se figuraient même que les accidents névralgiques des moignons devaient toujours être attribués au pincement d'un nerf dans une ligature pendant le cours de l’opération. Cette opinion est certainement exagérée, mais, néanmoins, dans de nombreux cas, la compression a été la cause déterminante de tous les accidents.
Cette compression peut s exercer de deux façons : directement ou indirectement. Dans le premier cas le cordon nerveux est intéressé par l'opérateur au cours de l'intervention ; dans le second la compression est le résultat de la mauvaise position donnée au malade sur la table d'opération ou de l'application d’un appareil. |
Malgré tous les soins que le chirurgien apporte à la conduite d'une opération, il arrive quelquefois que des filets nerveux se trouvent compris dans une pince où dans une ligature, en même temps que les artères. Cet accident est beaucoup plus fréquent qu'on nele croit généralement, et il faut rechercher dans ce fait la cause des complications névritiques. Pour ne citer qu'un exemple, il est certain qu’au cours des amputations de jambe, le nerf tibial anté-
rieur se trouve fort exposé à être lié en mème temps que l'artère du même nom qu'il accompagne. Les autres nerfs de la région, bien que plus distants des artères, doivent aussi être fréquemment compris dans ces ligatures. Le cordon nerveux, étreint par le fil ou par la pince devient ainsi le siège d'une névrite à forme rapidement ascendante, qui ne tarde pas à atteindre les racines du plexus et à s'irradier sur les autres branches. À ce sujet, Larrey cite le cas d'un blessé mort du tétanos pendant la campagne d’Autriche. A l’autopsie, on trouva le médian compris dans la ligature de l’humérale. Le nerf, boursoufflé comme un champignon au-dessous de la ligature, était très tuméfié au-dessous et de couleur rougeûtre. Le malade avait présenté tous les symptômes de Îla
ivrite. On pourrait citer ainsi ur grand nombre d’obs2rvations. Dans un autre fait de Portal, cité par Descot, une amputation de cuisse fut suivie de douleurs atroces et de phénomènes névralgiques, qui persistèrent pendant deux ans. L’autopsie fut faite et on trouva que la ligature des vaisseaux cruraux contenait une branche du nerf sciatique.
Mais, admettons qu'aucun gros tronc nerveux n'ait été lésé pendant l'opération. Nous sommes en présence d'une plaie d'’amputation, par exemple ; l’hé. mostase doit être faite avec précipitation, car il est important d'épargner le sang de l’opéré. Or, si l’on isole assez bien l'artère principale pour ne point comprendre dans sa ligature un filet nerveux, il n’en est pas de même pour les petites artères. On les Saisit rapidement et,avec elles, lès tissus qui les entou-
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rent. On n'oserait pas affirmer alors qu'aucun filet nerveux ne se trouve sous la ligature. Parfois encore on voit le chirurgien saisir dans le mors de sa pince une petite masse de tissus et tordre ces éléments tous à la fois. Ne sont-ce pas 1à des conditions entraînant manifestement avec elles la lacération et l'irritation des nerfs ?
Pendant le cours de la cicatrisation des plaies, la compression des nerfs peut être attribuée soit à la cicatrice elle-même, soit au travail inflammatoire - qui l'accompagne. En effet, des extrémités nerveuses peuvent être englobées dans la cicatrice et présenter des phénomènes de névrite aux points soumis à la compression. Ehrmann, de Mulhouse, a publié un fait très intéressant de compression cicatricielle du nerf radial suturé. Les fonctions ne s'étaient pas rétablies. Une opération secondaire montra le nerf étranglé dans une gangue cicatricielle, et sa libération fut suivie d'un plein succès. De même, d’après Weir-Mitchell, il est extrèmement probable que l'inflammation suffit pour déterminer la compression des branches nerveuses, dans les points où celles-ci traversent des orifices osseux. On en a un exemple dans certains nerfs crâniens ou encore dans le sciatique, qui est situé de telle façon que, lorsqu'il est enflammé, les moindres mouvements du membre compriment le nerf et établissent des ccntacts douloureux avec les bords de l’orifice qu'il traverse.
La compression directe pourrait être enfin attribuée, quoique plus rarement, à des noyaux osseux de formation accidentelle, ou à des fragments déta-
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chés des os pendant l'opération et ayant proliféré. Verneuil a communiqué à Tillaux une histoire de formation de cal, probablement unique, dans les annales de la médécine. Un coup de feu avait brisé le coude d’un individu ; la résection fut pratiquée, mais l'amputation devint nécessaire un mois après. Le nerf radial se montra alors tuméfié et enflammé audessus du coude ; il était déprimé sur le côté par une masse osseuse de nouvelle formation; c'était, d’après Verneuil, le résultat d’une transplantation d’un morceau de périoste à distance.
La compression indirecte peut aussi s'exercer au cours d’une opération pour provoquer des accidents névritiques. Ces complications ont été bien étudiées par Schwartz, au Congrès de Chirurgie de 1897, sous le nom de paralysies post-anesthésiques; on a affaire, dans ce cas, à de véritables névrites traumatiques, qui sont dues à des attitudes vicieuses, pro-
longées ou forcées, ou encore à la compression circu-
laire des membres par des liens ‘élastiques trop serrés. Ce ne sont pas des paralysies post-chloroformiques ou post-anesthésiques à proprement parler, car elles n'ont d’autres relations avec l’anesthésie que d'apparaître après elle et d’avoir été produites par des attitudes vicieuses maintenues et supportées à la faveur du sommeil.
Les observations de ce genre sont assez nombreuses dans la littérature médicale. Nous nous contenterons de citer les deux suivantes, dues à Pershing. D'après le chirurgien anglais, la récente introduction des tables d'opération étroites, à bords tranchants,
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semble avoir augmenté la fréquence des accidents nerveux. |