NÉVRITE PAR COMPRESSION, SUITE D'UNE OPÉRATION CHIRURGICALE
N. H..., homme, âgé de 34 ans, santé bonne. Neuf jours avant l'examen il avait été opéré d'un varicocèle avec anesthésie à l’éther. Immédiatement après son réveil il s'aperçut que son bras gauche était engourdi, douloureux, sans force. Depuis ce moment il n'a pu se servir de son bras. Toutes les articulations peuvent être mobilisées, mais faiblement et avec difficulté. Les mouvements de l'épaule et du coude sont aussi faibles que ceux du poignet et des doigts. L'impos sibilité d'élever le bras (paralysie du deltoïide) ou de le placer derrière le tronc (paralysie du grand dorsal) est particulièrement génante, car le malade ne peut s'habiller seul. Les réactions faradiques sont conservées, et il n’y a aucun symptôme d’amaigrissement ou de troubles trophiques.
Dans l’autre observation de Pershing il s’agit d'une fenime dans un mauvais état général et qui subit une opération gynécologique. La table d'opération présentait un point qui était élevé au dessus de la surface générale, et le genou gauche de la malade reposa longtemps sur ce point. Le poplité externe fut indubitablement comprimé contre le péroné, car, immédiatement après son réveil, la patiente se plaignit de l’'engourdissement habituel et de la douleur dans la région innervée par ce nerf. Le jambier antérieur et le groupe des péroniers s’atrophièrent, perdirent la contractilité faradique et donnèrent fa réaction
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de dégénérescence au courant galvanique. La guérison survint, mais au bout de deux mois.
Comme on le voit, à côté de la paralysie d'un. plexus, on peut remarquer la paralysie d’un tronc terminalisolé ; le mécanisme, quoique différent, est facile à comprendre. Quand on parcourt les observations de Budinger, de Krumm, de Garrigues, de Schwartz on voit que, presque toujours, il s’est agi d'opérations de longue durée, dépassant une heure. ll y est dit que, tantôt ies membres supérieurs ont été fortement tirés en haut et en arrière, quelquefois attachés dans cette situation; d’autres fois le bras a été replié sous la tête de l’opéré. Rien de plus facile que d'empêcher ces attitudes forcées, du moment qu'elles peuvent amener par elles-mêmes ces accidents.
Dans les faits de Braun, de von Frey, la‘compression avait été exercée par une bande d’'Esmarch trop serrée. Nous devons à M. Villard, chirurgien des hôpitaux, une observation. analogue, où cette compression détermina la névrite. :