‹ Des Névrites Post-Opératoires: Etiologie et TraitementChapitre 20 sur 26 · C. A..., 23 ans, cultivateur : ni syphilis, ni scrofule · texte numérisé non relu

C. A..., 23 ans, cultivateur : ni syphilis, ni scrofule

A l'âge de 18 ans, fièvre paludéenne qui a laïssé un peu d’anémie.

En avril 1877, début d'une adénite cervicale qui fait de rapides progrès , car, en mai, l’homme portait déjà vers l'angle de la mâchoire, du côté gauche, une tumeur de la grosseur d’un œuf de pigeon, dure à la pression, indolore, sans changement de coloration de la peau. Malgré tous les traitements et un séjour aux Pords de la mer, la tumeur continue son évolution rapide ; elle comprime l’œsophage, et empêche presque complètement la déglutition, sans toutelois comprimer la trachée. Les aliments liquides seuls peuvent passer. |

L'opération, jugée nécessaire, est pratiquée en octobre. On fait sur la partie latérale gauche du cou, une longue incision oblique, partant de l’angle de la mâchoire, et on enlève deux paquets de ganglions assez volumineux.

Les signes de compression disparaissent après l'opération. La cicatrisation est complète au bout de 8 jours. Malheureusement, Ja récidive ne se fait pas attendre et, un mois après l'intervention, la tumeur ganglionnaire avait presque atteint son volume primitif.

Mais ce qui nous intéresse dans ce cas, ce sont les troubles

22 ere

nerveux ettrophiques survenus depuis l'opération. A l'inspection, on constatait une atrophie musculaire sensible à gauche dans les muscles du cou et de l'épaule. Les creux sous et sus-épineux sont plus accusés que ceux du côté sain. Le sterno-cleido-mastoïdien et le trapèze sont visiblement atrophiés à gauche ; le trapèze surtout est réduit à une mince lame de tissu musculaire qui voile à peine l'omoplate et permet de distinguer toutes les saillies osseuses de cet os.

Le malade dit, en outre, avoir éprouvé quelque temps après l'intervention des douleurs lancinantes le long du bras, douleurs qui ont disparu depuis. Il se plaint encore de douleurs assez vives, surtcut quand le temps est mauvais, dans lapartie latérale gauche du cou, de l’épaule, et du 1horax ; elles sont bien limitées au rôté gauche et s'arrêtent nettement sur la ligne médiane au voisinage du sternum. Pas d'hyperesthésie cutanée.

Le bras et l'épaule sont moins forts du côté malade; le malade s’en aperçoit surtout lorsqu'il est obligé de faire un effort.

Cet homme est perdu de vue à ce moment.

OBSERVATION XIV (Résumée)

(CHarvor, Archives de médecine, 1885.)

Charvot cite aussi le cas d’un malade de l'hôpital de Gabès (Tunisie), chez lequel on fut obligé d'ouvrir un abcès du cou, résultant de la fonte caséeuse de plusieurs ganglions tuberculeux. Comme dans le cas précédent, des phénomènes névralgiques éclatèrent dans plusieurs des filets superficiels du plexus cervical. Aujourd'hui l'hyperesthésie est assez vive, au pourtour de l’incision cutanée, pour rendre le contact de tout pansement presque intolérable.

Comme on le voit, la névrite est une complication qui n'est pas rare à la suite d'interventions pour adénites tuberculeuses de la région cervico-faciale.

Aux causes que nous avons déjà invoquées pour expliquer l'éclosion de ces accidents : richesse de la région en filets nerveux, manœuvres chirurgicales, il faut ajouter. comme nous le disions plus haut, l'irritation produite par le contact du pus tuberculeu x.

Toutefois, la névrite peut avoir pour point de départ bien d'autres infections, que celle due à la tuberculose. C’est ainsi que, dans l'observation communiquée par M. le médecin-major Rioblanc, nous voyons les accidents névritiques survenir après une longue suppuration dans une fracture compliquée, pour laquelle on fut obligé de pratiquer la résection des fragments osseux. Dans ce cas, en particulier, l'étiologie n'est pas douteuse et l'intervention en ellemême ne paraît avoir été pour rien dansla production des accidents.

Page 1