LOST
sieurs fois et successivement par les aides, après quelques instants de repos.
Les souffrances qui résultent, sur le moment, de ces pressions sont instantanées, vives, mais peu durables. Au bout de quelques jours, l’hyperesthésie disparait complètement et les douleurs irradiées cessent avec la même rapidité. Les résultats obtenus par Delorme sont excellents ; ce chirurgien cite huit cas traités par ce procédé et huit guérisons. Le premier malade traité fut celui de Charvot, qui avait subi plusieurs interventions sans succès. En quelques séances de compression forcée, cet homme a été guéri, et sa guérison persiste depuis 2 ans.
OBSERVATION XVI (Résumée)
(CHARCOT. — Arch. géné. de médec.)
ABLATIONS RÉPÉTÉES D'UNE CHÉLOIDE CICATRICIELLE, DÉVELOPPÉE SUR LA PARTIE LATÉRALE GAUCHE DU COU.—NÉVRITE ASCENDANTE CONSÉCUTIVE, S'IRRADIANT DANS LES PLEXUS CERVICAL ET BRA- CHIAL. — ELANCEMENTS DOULOUREUX. — GUÉRISON PAR LA COMPRESSION FORCÉE: |
P..., garde républicain. Comme antécédents,fièvre jaune et paludisme.
Blessé en 1870, à Saint-Privat, d’un coup de pistolet ; il s'est formé, à l'orifice de sortie de la balle, sur le bord postérieur du sterno-masioïdien, à gauche, une chéloïde cicatricielle, pour laquelle le malade a subi plusieurs interventions soit au bistouri, soit au galvano-cautère. Chaque fois la récidive s’est reproduite. :
Le malade entre, pour la cinquième fois, à l'hôpital en octobre 1878. La tumeur est douloureuse à la pression et le
Le malade tient la tête inclinée à gauche, pour relâcher les muscles de ce côté. j
Pendant son quatrième séjour, à la suite de l'intervention d'octobre 1877, P.., avait commencé à se plaindre de douleurs névralgiques s’irradiant sur la partie postéro-supérieure du cou. Depuis lors elles ne firent que gagner en étendue et en intensité.
Actuellement le malade souffre,dans toute la région du cou d’une douleur sourde, parfois aiguë et lancinante, qui a son point de départ au niveau de la cicatrice pour s’irradier vers la nuque, la tempe et la région interne du bras. Ces élancements sont réveillés par le moindre contact et la plus légère pression. Quelquefois on note, dans tout le bras, des soubresauts et des contractures violentes.
Autour de la chéloïde, zone d’hyperesthésie qui remonte en arrière et en haut jusqu'à la protubérance occipitale externe, et descend sur le thorax jusqu'au mamelon, comprenant tout le moignoa de l'épaule et la partie interne du bras.
Les muscies de l'épaule sont paralysés. Impossible de soulever le bras. Le nerf cubital lui-même est atteint ; le malade ne peut fléchir l'auriculaire au contact de la paume de la main.
Atrophie légère de l'épaule et du bras à gauche. Pas d’autres troubles trophiques, mais le malade a observé une hypersécrétion sudorale localisée au bras gauche, ainsi qu’un abaissement assez notable de la température du même côté.
Le traitement médical par l’électrisation et les douches ne donne aucun résultat. Le malade est réformé.
Quelque temps plus tard, ce malade de Charvot fut traité par Delorme au moyen delacompression forcée digitale (Gaz des Hôpitaux).Après deux ou trois séances de ce traitement Ja guérison fut complète et, depuis deux ans elle s’est maintenue. On peut actuellement pétrir la cicatrice et la région sans aucune sensation désagréable pour le malade, alors que les autres interventions avaient précédemment échoué.
PS Jp Es
« L'évidence des faits, ajoute Delorme, m'a « engagé à accorder à la lésion ou irritation terminale « au siège même du traumatisme. ou du foyer inflam- « matoire une importance majeure dans la genèse « des accidents, en me démontrant qu’une interven- « tion toute périphérique est aussi sûre pour les faire « cesser que la solution de continuité à distance, € troncale. » A notre avis il faudra toujours com- mencer par ce procedé chaque fois qu'on en aura le choix. Il est simple, sans gravité et a l'avantage de ne pas produire de paralysie comme la névrotomie.
Nous avons supposé jusqu'à présent qu'ils agissait d’une cicatrice adhérente, douloureuse, point de départ de tous les accidents de névrite. Cette névrite peut aussi se rencontrer dans une plaie fermée avec cicatrice non adhérente. Dans ce dernier cas on peut observer au-dessous de la cicatrice ou à distance des. points douloureux qui correspondent au trajet du nerf. [ faut alors rechercher avec soin s’il n'existe pas quelque névrome, capable de provoquer les douleurs, et intervenir sur le nerf à ce niveau pour supprimer la Cause d'irritation.
Quand ces divers moyens ont échoué, le chirurgien doit se décider à pratiquer une intervention sanglante plus radicale. Deux moyens de traitement sont également préconisés par les auteurs. L’élongation du nerf et sa résection ou névrotomie.
L'élongation fut pratiquée, pour la première fois, par Nussbaum,en 1869. Répétée depuis par Chandler, V. Omboni, Dana, W. Mitchell, Chauvel..., c’est une opération assez bénigne dans ses suites. Il ne faut
RC RES
pas la confondre avec l'extension sous-cutanée, inaugurée par Trombetta, et qui se fait sans plaie extérieure, c'est-à-dire sans le secours du bistouri, | comme cela se pratique sur le nerf sciatique. Cette opération a l'inconvénient d'agir à l'aveuglette et doit être rejetée.
L’'élongation, au contraire, se fait à ciel ouvert. Une incision sur le trajet du nerf découvre ce dernier, puis on isole ce nerf et, le passant sur un instrument mousse, comme le fait Gillette, ou simplement sur l'index recourbé, comme le recommande V. Omboni, on l’étire plus ou moins suivant la résistance du cordon nerveux. Cette dernière varie avec le volume et des tables spéciales ont été construites à cet effet
L'élongation des nerfs,pour Prévost et Witkowski, équivaut à une section incomplète. Les fibres les plus saines résistent, les autres se rompent. On aurait ainsi une sorte d'épuration favorable, et comme résultat la disparition des symptômes douloureux.
Suivant la statistique d'Omboni :
Sur 222 cas de névralgies traumatiques de toutes sortes, on noterait :
143 guérisons par l'élongation.
62 améliorations.
17 insuccès.
2 morts, soit au total 65 o/o de guérisons.
Dans un rapport à l'Académie de Médecine, Mouchet cite trois observations de névrite traumatique (radial, cubital, tibial postérieur) où l’élongation fui a donné de bons résultats. Ajoutons que Reclus pra-
JON tique cette élongation sans douleur aucune pour le malade, en ayant soin, après l'incision des téguments, de cocaïniser le nerf lui-même.
D'après Zumbiehl, pour que l'élongation donne de bons résultats, il faut qu’elle soit pratiquée sitôt après l'apparition des douleurs et sur une portion de nerf non encore atteinte. En cas d’insuccès, plutôt que répéter cette intervention, il vaut mieux avoir recours à la névrotomie.
La névrotomie, plus ancienne en date que l'élongation, a été inaugurée par Maréchal, versle milieu du XVIIIe siècle. Elle consiste à découvrir le nerf en un point plus ou moins élevé et à le sectionner. Toutefois, la névrotomie simple a l'inconvénient de permettre la suture secondaire des deux extrémités nerveuses et, dans quelques cas, les troubles n'ont pas tardé à reparaître. Pour parer à cet inconvénient, André conseille la cautérisation des deux extrémités du nerf; Malgaigne, les replie sur ellesmêmes dans la plaie. D'autres Chirurgiens, enfin, replient le bout central ou interposent des portions de muscle ou d'aponévrose.
Le plus simple, dans ce cas, est de pratiquer la résection du nerf ou névrectomie. Cette opération fut pratiquée par les chirurgiens américains,en 1863. Après avoir isolé le cordon nerveux, on s'assure de son intégrité. Lorsqu'on pense être arrivé sur une portion saine, située au-dessus de la limite supérieure de l'inflammation nerveuse, on sectionne ; puis, sectionnant encore à quelques centimètres plus bas, v2rs la périphérie, on enlève la portion du