Chorée avec hallucination
(MarciL Du trouble mental dans la chorée. Mémoire académique da 12 avril 1857.)
Mil.... Maria, 17 ans, entre à la Charité le 15 novembre 1857, pour une chorée intense, généralisée, due à une frayeur durant les règles. Insommie complète; la malade garde le lit. Etat semicomateux, sanglots hystériques, réveils en sursaut, cris : elle voit des diables, l'homme qui l'a effrayée. Pouls plein, figure vultueuse. Amendement par l'électricité et des purgatifs. Une déplétion sanguine, procurée par des sangsues, amène un résultat définitif. Sortie le 15 mai. Le mal avait duré deux mois.
La chorée est rarement bien traitée par les évacuations sanguines, à moins qu'elles ne soient pratiquées au début pour éliminer un élément congestif supérieur; et, encore, celles-ci aggravent-elles souvent les symptômes presque toujours chlorotiques. On la combat d'habitude par les antispasmodiques et par les contre-stimulants. Ici l'élément congestif, paraît-il, primait tous les autres. El les convul-
sions se trouvaient sous la dépendance absolue de cet élément; puisqu'elles n'ont cessé définitivement, malgré remploi d'autres moyens, qu'après l'application de sangsues, et peut-être eût-on débuté par elles, que le mal aurait cédé beaucoup plus tôt. Ce qui prouve une fois de plus que l'analyse clinique, préconisée par l'Ecole de Montpellier, est une ressource sérieuse dans les cas obscurs ou un peu compliqués.
En présence d'une danse de Saint-Guy causée par une suppression, chez une personne habituellement robuste, il faudrait donc, profitant de cette expérience, commencer par la phlébotomie, ou selon les conditions, par les déplétions locales, ventouses et sangsues ; car nous présumons, malgré le silence de l'auteur à cet égard, que la frayeur, pendant les règles, en avait arrêté le cours.