‹ Des névroses menstruellesChapitre 106 sur 130 · STUPIDITÉ · texte numérisé non relu

STUPIDITÉ

après : pâleur, hébétude, actes automatiques, puérilités. Il faut la faire manger, l'habiller, la coucher.

La menstruation se rétablit sous l'influence du traitement, la Stupidité continue.

Il ne faudrait pas croire que la persistance du trouble mental , malgré le rétablissement de la menstruation , prouve contre son action étiologique. Une cause produit un effet, l'effet s'émancipe de la cause (ce qui arrive au bout de peu de temps) , et c'est en vain que vous combattez le premier auteur du mal. En aliénation mentale, la vulgarité de ce fait a rendu les classifications étiologiques impossibles. Toutefois, on peut avancer, en thèse générale, que lorsque le délire persiste, malgré l'amélioration organique, il faut conserver peu d'espoir de guérison. On dirait qu'alors le cerveau a perdu de son activité, et n'exerce plus la même influence sur l'économie.

i90.— stupidités.

(ÎJerthier. Clinique des Asiles de Botirg^ de 1864.)

Tant que dure la menstruation, — c'est-à-dire pendant quatre ou cinq jours avec abondance, — Pierrette ne mange plus, ne parle plus, ne marche plus. Pourtant la langue est bonne, le pouls très-régulier.

Tout opposées sont trois de ses compagnes, qui sont raisonnables, tant que dure la menstruation, et qui, immédiatement après, tombent dans une sorte d*idiotie : leur sang est abondant, et coule de cinq à six jours^

Nous avions dressé un tableau contenant en regard l'état de la menstruation chez chacune de nos malades pendant deux anâ, et l'état mental respectif à cette époque. Pour rendre son exposition plus claire, moins aride, nous avons préféré en donner les résultats les plus saillants au fur et à mesure que l'exi^rcront les circonstances. C'est dans cette

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sorte de statistique que se trouvaient rangées les femmes dont il est ici question, et dont les analogues sont nombreuses. Notre expérience personnelle ne vient, du reste, que confirmer] celle de Ph. Pinel, d'abord, puis celles de Brierre, Delasiauve, Dagonet, etc.

Dans les paragraphes précédents, nous avons cité des cas de folie plus ou moins accentuée. Dans celui-ci, elle ne peut faire l'objet d'aucun doute. Elle représente particulièrement le côté instinctif de la maladie. C'est, en effet, dans les monomanies du vol, du meurtre, de l'incendie, de la nutrition, que les légistes ont observé le plus souvent la coïncidence des crimes avec le flux menstruel. On ne sera pas étonné de rencontrer parmi elles des hydrophobies qui, pour nous, se rattachent à cette classe d'aliénés dont les perversions instinctives entraînent celles de l'entendement. Deux causes ont concouru à la production du mal : l'émotion ou la commotion , et la suppression consécutive des règles, séparément ou ensemble. Ce qui frappe surtout, c'est que les cas de stupeur et d'hypochondrie appartiennent tous à des suppressions , et les cas de délire vague , ou instinctif, ou raisonné, à la dysménorrhée. Il y aurait lieu de croire que la suppression absolue des règles défermine une métastase, opérant sur le cerveau une compression par refoulement, et plongeant l'intelligence dans un engourdissement qui enchaîne la volonté ou la paralyse. En général, on a vu que le retour de la menstruation dans l'aménorrhée, et la régularisation dans la dysménorrhée, ont été suivis plus ou moins immédiatement de l'amélioration morale. Dans le cas où il n'est pas fait mention de l'utérus vers la fin de la maladie, celle-ci s'est trouvée constamment aggravée, et le dénoûment a été fatal.

Depuis Hippocrate, la plupart des médecins écrivent que le développement précoce de l'amour et ses déceptions agissent, vers l'âge de la puberté, sur l'économie, et particulièrement sur l'utérus, qui, à cette époque, au lieu de prendre une activité nouvelle propre à imprimer un mouvement salutaire à l'organisme en général, languit sous l'influence de cette cause déprimante et jette tous les autres organes dans l'inertie. Le système circulatoire se trouble, le pouls est plus précipité, les palpitations sont fréquentes, et il se produit ce qu'on a appelé Febris amatoria. Une chlorose en résulte, qui porte atteinte à l'intelligence et produit à la fois une sorte de mélancolie... puis cesse comme par un prodige, si un heureux changement satisfait aux désirs de la malade et réunit la patiente à l'objet aimé. Et ses fonctions déprimées se rétablissent avec la rapidité d'un corps élastique, qui reprend son premier volume lorsqu'on enlève le poids dont il était chargé.

Nous avons voulu savoir si notre pratique concordait avec ces idées, et nous nous sommes convaincu qu'elles avaient été exagérées. Après avoir habité plusieurs Établissements consacrés aux deux sexes, je dois déclarer que la mélancolie des pubères, dont mon collègue d'Auxerre, le docteur Rousseau, a parfaitement fait la description [De la folie à la puberté^ 1857, thèse de Paris), n'est pas très-commune, telle qu'on l'a dépeinte. D'après les Observations contenues dans notre ouvrage, deux jeunes filles seulement avaient 14 ans, l'une avait 18 ans, l'autre 19, et les autres plus de 20 : l'âge de quatre personnes n'est pas indiqué, mais on les désigne l'une par la qualification de jeune demoiselle, les autres par celle de dames, dont Tune à la ménopause. Et si nous nous reportons aux exemples de lypémanie, ou délire mélancolique proprementdit, nous ne voyons qu'une malade ayant moins de 20 ans; et parmi celles dont l'âge manque, on ne trouve qu'une fois le nom de jeune

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demoiselle. La même remarque s'applique à la nymphomanie ; folie extrêmement rare, quoi qu'on en dise, et que nous n'avons pas rencontrée une seule fois dans nos Asiles de femmes — même à la Madeleine de Bourg, qui en renfermait plus de cinq cents lorsque je l'ai quittée.

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