‹ Des névroses menstruellesChapitre 113 sur 130 · Maaie · texte numérisé non relu

Maaie

(Ph. Pinel. Traiié méd. philosoph., 1809, p. 51, note.)

Un auteur anglais rapporte un singulier exemple de l'influence physique de l'état de la matrice sur la production de la Manie.

Une jeune dame, après s'être échauffée par une longue promenade, eut l'imprudence de boire une grande quantité d'eau froide, et de rester assise en plein air sur un terrain humide. Le lendemain, douleurs de tête, puis perte de la mémoire, puis délire. A l'époque ordinaire de la menstruation, les symptômes se renouvelèrent avec aliénation déclarée, gestes insolites, babil intarissable, troubles de l'imagination. Le rétablissement de la menstruation fut bientôt suivi de la guérison de la Manie.

Avis aux femmes qui s'exposent à l'humidité pendant le temps des règles, et réponse péremptoire à nos adversaires'. Si le froid n'a pas produit l'aménorrhée, et si celle-ci n'a pas causé la folie, nous leur demanderons qui l'a causée. C'est le froid, répliquera-t-on. Pourquoi, alors, cet agent n'agit-il pas toujours ainsi, et qu'eût-il fait chez un homme? Il faut bien qu'il y ait motif à la suppressien menstruelle; mais il faut, aussi, que la fonction soit assez sympathique au cerveau pour que son trouble entraîne celle de cet organe. Entend-on dire que l'humidité, qui engendre les flux diarrhéiques, engendre souvent la folie ?

fl85.— Manie. '

(IIathet. Maladies de l'esprit, 1816, p. 307. D'après Perfect. Annals of insanity,]

• Une jeune dame, d'une constitution fort délicate, devint sujette à des attaques d'hystérie, qui dégénéraient en véritable Manie. Discours extravagants, propos indécents, actes désordonnés, voracité et pica ; puis rires immodérés suivis de pleurs et de rage. On lui administra successivement : de l'émétique, des pédiluves chauds, le castoréum, l'opium, le calomel. Pendant tout le traitement, il se fit, tous les deux ou trois jours, une éruption ortiée sur la poitrine et les membres. Les règles ne reparurent qu'au bout de trois mois. Peu de jours après, il y eut une amélioration sensible, les symptômes se dissipèrent graduellement; elle recouvra l'usage de la raison et fut, depuis, bien réglée.

Devons-nous voir dans cette éruption les conséquences, de l'administration de l'opium, ou une fluxion déplacée, telle qu'il s'en présente souvent en l'absence de la menstruation? Je pencherais volontiers pour la dernière supposition. Cette Observation, d'ailleurs, est consignée dans le Traité des maladies mentales de L. Ferrarcse, parmi les causes physiques sympathiques. (Napoli. 1841.)

190 DES NÉVROSKS MENSTRUELLES.

fl 86. — Manie.

[Mathet. Idem,, p. 310, d'après Perfect.)

]Qne demoiselle, névrosique et délicate, sujette à des menstruations douloureuses, donna des signes d'aliénation mentale au mois d'octobre 1776. Son esprit brilla tout à coup d'un éclat inaccoutumé : le talent de la poésie se développa chez elle, avec une remarquable facilité d'élocution.

On combattit la constipation aux approches des règles, et, pendant l'écoulement, on donna chaque jour vingt gouttes de teinture d'opium. Au mois d'août suivant^ la malade élait entièrement rétablie : la menstruation se passa sans efforts, et il n'y eut plus un retour d'aliénation mentale.

Nous verrons au numéro 191 une Observation où l'emploi de l'opium a été couronné de succès. L'opium a-t-il agi sm' le cerveau, ou sur l'appareil génital?

(pRÉTEAU. Traité élém, sur les émiss. sang., 1816. Chap. V, p. 108.)

Une jeune personne de 18 ans, d'un tempérament biliososanguin, fut prise, — à la suite de veilles prolongées et dïrrégularités de la menstruation, — d'une douleur périodique à Tocil droit, laquelle dégénéra en perte totale de la vue, suivie d'exaltation morale, puis de délire général.

Une saignée, pratiquée à l'œil droit, rend la vue du côté droit; une saignée, pratiquée à l'œil gauche, rend la vue du côté gauche : mais à peine la cécité a-t-elle disparu, que le délire s'aggrave et alterne avec celle-ci. On saigna aux deux bras, et Ton finit par se rendre maître des accidents, qui cessèrent complètement.

Déviation menstruelle accompagnée de Manie. Quelle que soit l'interprétation du fait, il existe, il n'est pas exceptionnel ; le traitement en prouve, de plus, la nature. Mais, j'avoue que, en face d'une pareille situation, j'aurais plutôt

soupçonné une névrose par anémie, et conseillé les toniques plutôt que l'émission sanguine, — en raison de Tâge de la malade et des causes de la maladie.

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