Mante
(Edme Couaot. Causes de Taliénation mentale. Thèse citée, 1824.)
Une jeune servante, un soir d'orage, fermant les volets de la chambre de son maitre, vit tomber la foudre à quelque distance. Elle en fut si effrayée que dès lors ses règles, qu'elle avait en ce moment, se supprimèrent et furent suivies de l'explosion de l'aliénation mentale, d'une Manie qui ne cessa que huit mois après, lorsque les règles reparurent.
Les règles ont reparu spontanément, et avec elles la raison, Donc, c'étaient bien, elles qui étaient la cause du mal. Des solutions aussi heureuses sont privilégiées : on y voit la nécessité de compter beaucoup sur la nature, — et une preuve décisive de l'influence du physique sur le moral, plus fréquente certainement que la réciproque, dans les folies secondaires.
(GoDROT. Ibidem.)
Une femme, ayant ses menstrues, est mouillée par une pluie abondante : suppression des règles, Manie pendant trois mois. Elle ne guérit que par le retour de l'état ordinaire.
La remarque précédente s'applique en entier à cette Observation. Avant donc d^administrer les médicaments, il est prudent, dans les cas de ce genre, de voir si la nature n'essayerait pas de ramener le flux disparu.
192 DES NËYROSES MENSTRUELLES.
tllO.— Manie.
(Marc. De la folie, etc., 1840, 1. 1*% p. 317.)
J'ai connu, dans une maison de santé, une cuisinière jeune, d'ailleurs bien portante, mais mal réglée. Son caractère était habituellement doux; mais à chaque approche de l'époque menstruelle, elle tombait dans un état de Manie furieuse, qui la rendait très-dangereuse, et pendant lequel il lui était arrivé plusieurs fois de poursuivre, un couteau à la main, les personnes qui lui déplaisaient ou lui avaient fait éprouver la plus légère contrainte.
Dès que les règles coulaient, toute exaltation maniaque cessait, et elle était la première à reconnaître l'extravagance de sa conduite.
D'après les statistiques de certains observateurs, Esquirol entre autres, le nombre des cuisinières aliénées occuperait un des premiers rangs. Pourtant, d'après les Observations rapportées ici , les femmes de cette catégorie sont des plus rares. Et cependant l'action combinée du feu, de l'acide carbonique, du défaut d'exercice en plein air, sembleraient devoir les prédisposer aux dérangements du cerveau. Nous avons nous-même remarqué combien cette action est puissante, et nous l'avons fait valoir dans un article intitulé: La névrose des cuisinières. Il est vrai que l'état, airisi indiqué, est plutôt la névropathie qu'une folie proprement dite {Tribune médicale du 17 mars 1872 et Observation du n"" 152).
tôt. — Manie.
(EsQciiROL. Des maladies mentales, 1838, t. l®', p. 364.)
Une dame de 29 ans, ayant eu des parents éloignés atteints d'aliénation mentale, éprouva de violents accès de jalousie après son mariage : ses règles se supprimèrent, et elle devint aliénée. Délire général, avec prédominance d'idées tristes cthallucina-
lions. Cet état resta stationnairc pendant six mois, que la malade suivit un traitement approprié. Un jour, c'était un lundi, les règles paraissent; elles coulent abondamment le mardi... Dès lors toutes les idées sont justes, les préventions se dissipent, les hallucinations se taisent, les excrétions se rétablissent.
Qu'ajouterions-nous, qui parlât plus haut que cette Observation ?
t9t. — manie.
(EsQUiROL. Des maladies mentales, t. I«', p. 366 )
Une demoiselle de 50 ans, d'un tempérament nerveux, d*une constitution délicate, d'une imagination très-exaltée, d'un caractère doux et sensible, est abandonnée par son amant qui Pavait rendue mère. Dysménorrhée, amaigrissement, coliques, constipation. Quelques mois après, on vole mademoiselle : les menstrues se suppriment, son enfant meurt. Dix jours après : délire général, agitation extrême, cris, menaces, constipation.
Le 18, les menslrues paraissent : ce jour-là, amélioration.
Le 19, la malade marche nu-pieds : les menstrues se suppriment; renouvellement du délire. Bains de pieds, retour des menstrues.
Les mois" suivants, les menstrues paraissent sans effort et sans orage. Quelques jours après l'époque, la malade est rendue à sa famille, hystérique mais non maniaque.
Extrême intérêt, à cause du parallélisme des phénomènes morbides, physiques et moraux. On ne peut rien trouver de plus probant.
(EsQUiROL. Maladies mentales, t. I*', p. 155.)
Une jeune fille, très-forte, devint Maniaque à la suite d'une frayeur qui supprima les règles.
Elle étaitwiliénéc depuis un mois, lorsqu'elle fut électrisée pen-
BERTHIER. -- NËVllOSES. 15
19i DES NÉVROSES MENSTRIELLES.
dant quinze jours : à l'époque menstruelle récoulement parut, et la guérison eut lieu aussitôt.
On objecte quelquefois que les émotions brusques sont plutôt la cause du délire que la suppression. Il faut se rendre à l'évidence: l'électricité est un agent physique, cet agent physique seul a ramené les règles, et les règles revenues ont ramené la raison. Pas l'ombre d'équivoque.
[Brierre. Menstruation j p. 531.]
Une dame est devenue Maniaque à la suite d'un violent chagrin d'amour, accompagné d'aménorrhée. On la conduisit chez le docteur Blanche. L'amélioration survint au bout de deux mois, après de petites saignées locales. On fit placer, au quatrième mois de la maladie, vingt sangsues aux parties génitales, et le lendemain soixante. Cette évacuation détermina des convulsions très-violentes; mais le lendemain, tous les accidents étaient calmés, et la raison était revenue. Les règles reparurent depuis avec régularité ; treize ans après, elle était en parfaite santé.
On sait que les pertes de sang déterminent, chez les gens nerveux, de fréquentes convulsions. Ce fait en est la preuve. Mais ce qu'il y a de plus curieux, c'est que la guérison de l'état mental soit survenu quand même. Il fallait donc, que la cause du mal fût bien localisée, pour avoir disparu à la suite d'un semblable traitement.
195i — Manier
(Brierre DD Boismoxt. Ibidcnt., p. 100.)
Une jeune fille, aux approches de ses règles, ne savait plus ni ce qu'elle disnit, ni ce qn'cl'e faisait. Cet égarement mental cessait avec rapparilion des menstrues. L'esprit était intact pendant le rosle du mois.
Les hommes de loi ne sauraient trop méditer les exemples de ce genre, qui démontrent que, chez certaines femmes, avant l'époque des règles, la sensibilité devient plus vive, la conception plus difficile, que le caractère prend quelque chose de bizarre et de capricieux. Il est peu de médecins qui l'ignorent, et qui ne constatent que ces défauts de la sensibilité peuvent aller jusqu'à déterminer des aberrations intellectuelles et la cécité de la volonté.
(Brierbe de Boisuont. Annales médic, psych,, 1851, t. UI, p. 602-603.)
Une demoiselle^ de 44 ans, bien constituée, intelligente, instruite, a toujours été d'un caractère impérieux , mais d'une grande force de volonté. Blessée dans son amour-propre, déçue dans son ambition, elle devient peu à peu exaltée et Maniaque à l'époque menstruelle, et recouvre ensuite rapidement la raison. Au bout de trois semaines, elle quitte l'Établissement. Mais aux approches de la période utérine suivante, les mêmes symptômes se reproduisent avec actes de violence. Conduite de nouveau dans mon Établissement, elle reste quatre jours dans cet état ; avec la cessation des règles, les phénomènes se dissipent. A chaque période menstruelle, des phénomènes semblables ont lieu. Voilà dix-huit mois que cela dure. Peut-être la raison reprendra-t-elle complètement le dessus, quand le flux menstruel aura complètement cessé.
Regrettons de no pouvoir connaître le terme de cette situation. C'eût été une leçon pleine d'intérêt, au point do vue de l'influence de la ménopause.