‹ Des névroses menstruellesChapitre 116 sur 130 · Ianie · texte numérisé non relu

Ianie

(SÀirveT, Réflexions sur l'emploi des évacuât, sanguines, etc. Annales méd, psych.

t. XII, 1848, p. 178.)

Marguerite, 16 ans, tempérament sanguin, bien réglée pendant deux ans. Deux ans après, suspension de l'écoulement, et, aussitôt après, accès de Manie de trois ou quatre jours de durée, coïncidant avec l'époque menstruelle. Depuis ce moment, tous les mois, à la même époque, le délire éclate et disparait après une application de sangsues, que Ton fait tantôt aux régions supérieures des cuisses, tantôt aux malléoles.

Dans son Mémoire, l'auteur, quelques pages avant, a écrit : « L'on voit des femmes Maniaques, fortement constituées, plus réglées que d'habitude, éprouver un surcroît d'agitation au moment de leurs règles. Nul doute qu'il ne faille, alors, employer les évacuations sanguines. La pléthore est telle que la saignée devient un adjuvant des menstrues, paraît-il, insuffisant. » C'est ce qu'avait dit Guislain, d'une façon plus explicite. « Une menstruation copieuse invite parfois à l'emploi des saignées locales ; lorsqu'elle marche de front avec l'injection de la face, un état étincelant des yeux, une langue vermeille, de l'animation, de la gaieté, des chants, de la force dans le pouls. Alors, je fais parfois des déplétions au bord des os iliaques, là où sont les ovaires. Ainsi que je l'ai déjà dit, les femmes aliénées éprouvent souvent dans la région ovarienne des douleurs obtuses, profondes, qui simulent des douleurs rhumatismales. En employant alternativement les bains tièdes , et en faisant, à des intervalles plus ou moins rapprochés, une application de huit à dix sangsues au bas des lombes, on fait changer la Manie de face, et, dans certains cas, on parvient à rendre la malade à la santé » {Phrénopathies^ — XXXMeçon,p. 158).

lîiii DES NÉVROSES MENSTRUELLES.

fOO.— Manie.

(Baume. De la guérison des maladies ment. Thèse de Paris, 1854, p. 11.)

Marguerite, jeune religieuse, âgée de 24 ans, entrait à l'Asile le 27 octobre 1852, à la suite d'une lièvre typhoïde,

La menstruation était irrégulière. La première excitation Maniaque apaisée, Marguerite tomba dans un état de stupeur voisin de la stupidité, et, pendant un an, elle nous offrit quatre alternatives de Stupidité, avec un état de raison parfaite en apparence. Le passage de l'un à l'autre s'opérait brusquement. Mais, lors de la dernière atteinte, Marguerite était tombée dans un marasme inquiétant.

Le réveil de T intelligence se fit progressivement, et se fortifia par le retour régulier des menstrues.

Les auteurs, partisans des crises, Pinel, Esquirol, Leurel, Foderé entre autres, ont signalé les règles comme jugeant quelquefois l'aliénation. Dans ce cas, les règles ont-elles été une conséquence de l'amélioration générale? C'est probable. Toujours est-il que leur retour régulier a été le signal de la guérison, comme leur irrégularité avait annoncé le trouble mental. Donc, si les règles n'ont pas eu une action générale primaire, elles n'en ont pas moins participé au désordre général.

Nous prions le lecteur d'appliquer ici les remarques des Observations 137, 201, 217.

sot. — Manie.

E. Dauby, Considérations sur la menstruation dans ses rapports avce la folie. Thèse

de Paris, imo, p. 20.)

Anne éprouva, sans motifs connus, des douleurs de tête, des ctouffements, des épistaxis. Vers l'âge de 16 ans, on l'envoya comme infirmière à l'asile de Maréville, où elle ne tarda pas à se

singulariser par ses excentricités qui aboutirent à une Manie aiguë. On la guérit, et on la renvoya chez elle.

A peine de retour, la première menstruation se montra ; elle avait 17 ans. Aussitôt les symptômes douloureux habituels se dissipèrent , et, pendant six ans que les règles coulèrent bien, Fétat nerveux fut parfait. Malheureusement, Anne fut mariée contre son gré; elle rechuta, cette fois, sous la forme lypémaniaque. Mais, traitée de nouveau et par les mêmes procédés qu'auparavant, la malade vit ses règles se rétablir et son délire disparaître.

Deux fois le délire parut à la suite de l'absence des règles, deux fois le retour des règles fut le signal de la guérison. Si l'on objecte que celles-ci ont agi comme crises , je répondrai que la crise se présentant chaque fois de la même façon n'est plus un fait isolé, éventuel, spontané, — mais le résultat d'une provocation artificielle, où l'organisme n'a retrouvé son équilibre que grâce aux efforts de la thérapeutique.

sot. — Jllaiile.

(E. Dadby. Ibidem, p. 44.)

D. fut prise, après une suppression des règles, d'une céphalalgie très-violente, qui dura deux mois, au bout desquels la santé reparut avec les règles. Pendant 18 mois, tout alla bien. Mais, à la fin de l'été de 1857, les menstrues se supprimèrent de nouveau, la céphalalgie revint aussi intense, le sommeil disparut, l'anémie se forma, et un véritable accès Maniaque éclata; ce qui obligea de la conduire à Maréville. Elle avait 22 ans. .

On avait déjà obtenu une grande amélioration, à l'aide d'un traitement ayant pour but et de tempérer l'excitation et de rappeler les règles, lorsque survint un vaste phlegmon qui ajourna la guérison.

Pourtant, grâces aux toniques et aux bains sulfureux, une fois cet accident conjuré, on parvint à ranimer les forces, à remonter l'économie, et la menstruation se reproduisit. La jeune

200 DES NÉVROSES MENSTRUILLES.

fille partit guérie au mois de mai, à l'époque correspondante où d'ordinaire elles venaient.

Cette Manie durait deux jours pendant la pleine lune, et se compliquait d'un érysipèle, qui attaquait tantôt les bras, tantôt les cuisses.

La Manie menstruelle est trop clairement indiquée, pour que nous ayons à la commenter. Quant à l'influence attribuée à la lune, elle n'est pas discutable comme fait particulier. Mais les auteurs sont loin d'être d'accord sur la valeur de cette influence en général. Ont plaidé pour : Daquin, Toaldo, Koster ; ont plaidé contre : Esquirol, Leuret, Delasiauve; et, d'après les recherches que j'ai publiées, il y aurait peut-être lieu de m'inscrire à la suite de ces savants,

^03. — Manie.

(E. Dauby. Ibidem, p. 52.)

Marie, sanguine, bien constituée, âgée de 31 ans, tomba amoureuse d'un jeune homme au-dessus de sa position. Un jour, ayant ses règles, elle apprit la nouvelle qui détruisait brusquement ses espérances ; le sang cessa de couler, la folie surgit et dura quinze jours.

Le mois suivant, à la même époque, nouvel accès de Manie avec prédominance erotique.

On parvint à rappeler le cours normal des règles, et l'on obtint alors la guérison du trouble mental, quatre mois après l'entrée.'

Le sang a cessé de couler après une émotion vive, il a repris son cours à l'aide de l'intervention médicale, qui a obtenu la guérison par des moyens opposés à ceux qui avaient amené la maladie. On ne dira pas, après ce fait, que la Manie menstruelle soit invincible par l'emploi des agents physiques propres à rétablir la menstruation.

t04. — Manie.

(P. Bertiiier. Asile Sainte-Madeleine de Bourg, 18C3.J

Madame Jacquier présente à son entrée l'état suivant : agitation, mobilité, loquacité, hallucinations, demi-conscience. Elle peut parfois fixer son attention et répondre avec justesse. Il y a des insomnies fréquentes, de l'inappétence, de la soif, de la constipation. — Avant le retour de la menstruation, qui a lieu vers le 4 novembre courant, la malade était inquiète, dormait peu et pleurait beaucoup; pendant la menstruation, quia duré cinq jours, le calme s'est rétabli. — Le 6, retour des règles et du sommeil. — Le 7 septembre, la menstruation a reparu une troisième fois ; un gramme d'ergotine arrête la menstruation : légère amélioration normale, -r- 1864, janvier 14, la menstruation vient d'avoir lieu, elle a duré cinq jours, elle s'est faite cette fois d'une manière très-naturelle. Mieux réel. — Février 22, les époques ont duré trois jours; calme et raison. — Sortie guérie le 9 avril .

L'accès Maniaque a constamment accompagné l'époquo menstruelle. L'écoulement abondant ou trop long ayant été modéré, l'état mental s'est amendé progressivement. Ce mode de traitement, qui nous a souvent réussi, sera reproduit ailleurs.

Je puis assurer que la cure ne s'est pas démentie.

S05. — Manie.

(P. Bertiiieb. Asiles d'aliénés de Bourg, 1860.)

Hacour Hirma, âgéedelS ans,entréen l'Asile Ie26avrill864. C'est un esprit peu développé, une nature peu impressionnable.

Incohérence dans les propos, troubles hallucinatoires de l'ouïe et de la vue. La malade peut, cependant, fixer légèrement son attention. 11 paraîtrait que le délire est survenu à l'époque de la menstruation.

Mai : la menstruation a duré deux jours, assez abondante. Pondant tout ce temps, Tagitation, le délire et la mobilité n'ont pas cessé. Ils ont disparu avec Tépoque cataméniale. Évidemment l'état mental est sous la dépendance immédiate de l'état physiologique. — 27 juin : la menstruation ne paraissant pas, nous cherchons à la provoquer par une infusion de mélisse, d'àimoise, et par des bains de siège. — Le 9 juin, application de sangsues sur les cuisses. — Au 10 du mois, apparition de la menstruation qui a duré trois ou quatre jours abondam* ment : absence d'agitation. — Au 20, retour dans son quartier : très-calme.

Depuis, les époques ont reparu régulièrement, et sans aC' cidents.

Une fille de 16 ans, non menstruée encore, était, d'après Jacobi, atteinte d'une manie aiguë à son dixième jour. L'éruption sanguine conjura immédiatement le désordre intellectuel. Dira-t-on qu'elle fut une simple crise? — Mais rétablissement d'une fonction ou son retour à l'état normal ne peut être considéré ainsi, et il faudrait donner ce nom à toutes les gucrisons. Du reste, admît-on celte interprétation, nous ne serions pas moins autorisés à conserver notre opinion dans un cas surtout où les règles étaient en retard sans causes connues, chez une jeune fille peu intelligente, ayant perdu le peu de raison qu'elle possédait, dans les conditions morales les plus favorables.

S06. — manie.

(Observation communiquée par le D' Chiara.)

Laurence, femme de 38 ans, d'un tempérament nerveux, d'une constitution chétive, sujette à la sensation de la boule hystérique, est intacte de précédents héréditaires. Menstruation régulière, quoique peu abondante. Dans le courant de l'année 1857, elle subit j)lusieurs affronts, éprouve de vives contrariétés, ressent un profond chagrin, et, un jour, après une scène, voit ses

MÂNIii:. «iOS

règles supprimées. Aussitôt : agitation extrême, menaces, cris, objurgations, loquacités, céphalalgies, insomnies, incohérence des idées, hallucinations ; sinapismes, potion antispasmodique. Le lendemain : application aux cuisses de six sangsues qui déterminent uneexacerbation. Mais les règles reparaissent, et il se manifeste bientôt une grande amélioration qui progresse jusqu'au retour de la raison . Cette femme est restée longtemps encore dans un état intermédiaire à la maladie et à la santé, toujours un peu hystérique, puis a fini par recouvrer la santé, et a repris de l'embonpoint.

Ceux qui nient la part d'action exercée par les émotions sur l'utérus, seront convertis à la lecture de cette Observation. Généralement, la frayeur, la crainte, la douleur, une impression atmosphérique agissent de concert pour troubler la menstruation. Ici, le chagrin seul a suffi pour opérer ce résultat. Or, comme le retour seul provoqué des règles a ramené la raison, il est évident que l'action seule de l'aménorrhée en avait troublé le calme.

SOV.— manie.

(Communiquée au D' Berthier par M. Salesse, ex-étudiant.)

Mesdemoiselles Goumard et Basset se marièrent le même jour. Deux mois après leur mariage, elles prirent toutes deux un bain de rivière, ayant leurs règles. L'écoulement menstruel s'arrêta subitement ; des accidents graves du côté des centres nerveux se déclarèrent presque immédiatement, et mirent en danger la vie de ces deux jeunes imprudentes.

Grâce à une médication rationnelle et énergique, la première guérit promptement.

La seconde éprouva, pendant de longues années, des crises périodiques d'aliénation mentale, qui ne se calmèrent peu à peu qu'au moyen de fréquents voyages sur mer ; ce qui était d'autant plus facile, que son mari était capitaine de marine marchande.

Qu'ajouterai-je à cette brève et concise description? Ne

parle-t-elle pas d'elle-même ? Même cause, même effet, avec une disposition personnelle qui retarde le succès du traitement chez l'une des malades. Quelle différence avec le sujet de l'observation 90, mort à la suite d'une même imprudence et frappé d'apoplexie ?

S08. — manie.

(Communiquée au D' Berthier par le directeur de la prison de Bourg, en juin 1860

Une fille, détenue à la prison de Bourg, donne tout à coup des signes d'aliénation mentale. Elle devient agitée, loquace, puis finit par être prise de délire général. — Ces symptômes coïncidaient avec la cessation des menstrues, arrêtées par une imprudence.

Le médecin ordonne une médication, dans le but de rappeler récoulement. Au moment où cette fille allait être envoyée à l'asile de la Madeleine, au compte du département, le médecin s'informe de Tétat de ses menstrues : celles-ci recommençaient à couler, et le délire cessait. Peu a peu le calme est revenu avec l'écoulement normal.

Avertissement donné aux geôliers et aux magistrats. Que de pauvres femmes, dans les niêmes circonstances, ont subi des condamnations afflictives ou infamantes pour des sévices, des délits ou des crimes dont elles n'étaient nullement responsables, les ayant commis sous l'influence d'une excitation menstruelle qui avait dominé leur volonté ! A ce sujet, Marc, Esquirol et Brierre ont rendu de grands services à la cause de ces malheureuses, en élevant une voix autorisée et puissante en leur faveur. Car ce sont eux qui ont le plus fait valoir le rôle de la menstruation dans la genèse psychopathique, et l'influence qu'elle exerce sur les déterminations des femmes aliénées ou saines d'eéprit.

MANIE. ii05

S09. — Manie.

(P. BEHTuiEn. Asile de la Madeleine à Bourg, 1860.)

Une femme de 37 ans, d'un tempérament sanguin, d*une constitution assez forte, était sujette, depuis longtemps, à de violents maux de tête. Un jour, ayant ses règles, elle s'immergea dans Teau froide qui tout de suite les supprima : depuis cette époque, les idées se brouillèrent un peu, et la malade remarquait qu'il lui venait des absences. Un ou deux mois après cet accident, le délire se déclara, et au bout de trois semaines se dissipa peu à peu... Ce n'était qu'une rémission. A peine la malade étaitcUe rentrée chez elle, qu'à la suite d'une vive frayeur causée par un incendie, le délire redoubla, si i)ien qu'on se vit forcé de l'amener à TAsile ; malgré une grave variole, dont elle venait d'être prise. Le 28 avril! 860, elle entre donc, la figure couverte de pustules, portée sur un fauteuil, avec incohérence des idées, agitation, insomnies, hallucinations et illusions. Pendant plus de quinze jours, cette pauvre femme fut retenue au lit, et nous croyions qu'elle touchait à sa fin : il y avait de la fièvre, et les forces se perdaient. Heureusement, à mesure que la desquamation s'opéra, le calme arriva : vers la fin de mai elle se leva ; vers la fin de juin les règles reparurent, et la convalescence commença.

Il s'est passé plusieurs phénomènes remplis d'intérêt* Mais les plus dignes d'attention sont — la suppression, qui a été le signal des accidents intellectuels, et la coïncidence de la réapparition des menstrues avec la convalescence. Sans nul doute, celte femme était disposée par des céphalalgies très-intenses; sans nul doute, aussi, des querelles domestiques les avaient favorisées. Mais il est évident aussi que la variole a agi comme une crise, et a déterminé la réapparition des règles, qui ont été le signal du retour à la raison. On lit dans le Traité de Dom. Raymond qu'une demoiselle de 1 7 ans, alteinlc depuis trois ans d'épilepsie, en fut déli-

206 DES NÉVROSES MEiNSTRUELLES.

vrée par une variole hémorrliagique des plus graves. Nous n'avons pas été aussi heureux que le praticien de Marseille ; pendant tout un hiver, l'hiver à jamais néfaste de 1870-71 , où nous avons soigné des centaines de varioleux, et où, si nous n'avons pu assister à aucune manifestation délirante sérieuse, nous n'avons pu constater aucune révulsion bienfaisante de la petite vérole. Il est vrai qu'elle était épidémique.

SiO.— Manie.

(P. Berthier. Asiles d'aliénés de Bourg, 1860.)

Gournay, fille bien constituée, d'un tempérament sanguin, est entrée à la Salpêtrière, le 30 août 1847, en état de délire mélancolique. Le 9 août 1858, elle était transférée à Tasile de la iMadeleine. Tous les mois, elle fut atteinte de délire général avec agitation suivie de stupeur, pendant Tépoque menstruelle. Le reste du mois se passait dans le calme et la raison.

En 1859, la menstruation commença à devenir irrégulière; cependant, chaque fois qu'elle revenait, les accès de Manie reparaissaient. En 1860, il y avait six mois que rien n'avait paru, lorsque l'écoulement revint : aussitôt un accès éclate, et dure autant que les règles. Enfin la menstruation a cessé de paraître ; et jamais, depuis, la raison et le calme n'ont été troublés un instant. Mademoiselle, âgée de 49 ans, est lucide, laborieuse, dort bien, a de l'appétit ; mais ressent pourtant, parfois, quelques légers maux de tête.

Coïncidence parfaite de la menstruation avec la Manie, que nous verrons tant de fois signalée. Nous n'avons rien fait pour endiguer l'écoulement, en prévision de l'âge critique, qui devait lui=même, et en toute opportunité, faire pour le mieux. Getâge^ si souvent funeste dans les mêmes circonstances, a été, dans ce cas^ci, des plus favorables.

Les auteurs spéciaux reconnaissent que, souvent, l'âge critique agit favorablement dans la solution de la folie.

Folhergill, dans ses conseils aux femmes de 50 ans, a observé des dames faibles, délicates, affaiblies par des évacualions abondantes, qui reprenaient une nouvelle vie, et de maigres devenaient grasses. Son observation confirmerait l'opinion de M. Baillarger, qui voit dans la ménopause une époque d'anémie : cela expliquerait pourquoi celle-ci est favorable aux pléthoriques, défavorable aux personnes débilitées, et pourquoi, lorsque les pertes ont cessé, le sang se reconstitue au profit du système nerveux.

!S i t . — Manie.

(P. Berthieb. Clinique de la Madeleine de Bourg, 1861.)

Une des anciennes propriétaires de la maison y avait été conduite, bien des années après l'avoir quittée, par son mari qui ne pouvait plus la contenir. Cette femme semait le désordre partout où elle passait, et se livrait parfois à des actes de violence.

Vers l'âge de 50 ans, elle cessa d'être réglée : le délire, qui était continu, a pris la forme périodique ; et tous les mois, pendant quatre à cinq jours (temps que durait la menstruation, et à Tépoque correspondante), la malade est en proie à tous les symptômes de la Manie incohérente.

Nous avons vu le fait cité par Guislain, Belhomme et Loyscau. Ce genre de substitution, toutefois, est assez rare. Une de nos vieilles malades, dont la menstruation avait été remplacée par un œdème actif de la face accompagné d'idées de suicide, et une autre pensionnaire dont les règles étaient suppléées chaque mois par une fluxion dentaire qui ramenait l'agitation, habitaient le même Etablissement. — Nous avons lu, dans le Mémoire de M. Brierre de Boismont sur la folie puerpérale, qu'une demoiselle de 50 ans, dont les accès de délire furieux augmentaient aux époques des règles, devint alors très-calme, mais fut atteinte, en revanche, d'un rhumatisme articulaire qui l'empêchait souvent de

marcher. Que Ton veuille bien se reporter auxObscrvalionsG et 7 qui contiennent des faits de migraine alternant avec la menstruation ou lui succédant, et à la 2° Observation du n° 6, où une migraine qui s'était substituée à la menstruation a disparu et a été remplacée par un asthme convulsifr

tft. " manie.

[P. Berthicr. Glini'jue de Tasilc d'aliénés d'ÀuxcrrCi 1852.)

Geneviève est une femme de 25 ans, d'un tempérament sanguin, d'une constitution forte, d'un caractère assez gai. Elle est prise d'une affection nerveuse qui se dissipe spontanément, et qui passe inaperçue. Quelque temps après : troubles menstruels, pertes utérines, délire général qui la conduit à Auxerre, le 11 mars 1850. Règles très-abondantes, huit jours de durée. Pendant un an, mêmes phénomènes chaque fois. L'attention de M. Girard se porte sur l'exacerbation extraordinaire qui accompagne les règles, il prescrit du seigle ergoté pour modérer l'écoulement. Juin 1851 : 4 grammes de seigle ergoté après le quatrième jour, le sixième l'agitation est moins forte ; le seigle est continué.

Juillet : même manœuvre, même résujtat.

Août : même manœuvre. Les règles ne durent que six jours; Taccès de Manie est moins fort.

Septembre : l'accès devient presque nul ; on prescrit encof 3 le seigle, mais seulement le sixième jour.

Octobre : accès imperceptible.

Novembre : pas d'accès. On cesse le seigle.

Décembre : les règles durent cinq jours, il ne reste plus qu'un peu de loquacité.

Le 21 avril 1852, Geneviève sortait guérie.

Il est aisé de se rendre compte de la marche de la maladie et des résultats du traitement. Ecoulement excessif qui détermine l'agitation. L'écoulement s'atténue : amendement. Les règles prennent l'habitude de couler modérément : guérison.

MâNIë. 209

SIS. — Manie.

(P. Berthier. Clinique de l'asile d'Auxerre, iSo^).

Virginie, d'un tempérament sanguin, d'une constitution moyenne, d'une imagination ardente, est née de parents bizarres et peu affectueux. C'est dire que son éducation première a été fort négligée. A l'âge de 16 ans survient une surexcitation nerveuse, qui devient Maniaque et coïncide avec chaque époque menstruelle. Peu à peu la surexcitation fait place à des accès de Manie , qui oblige de la placer en 1847 dans une maison de santé. Après être sortie comme guérie de cette maison, elle y est revenue; depuis, les accès n'ont eu aucune coïncidence avec la menstrualion. Ils ont une durée variable de un, deux, trois, quatre mois.

Les premiers renseignements ont été fournie par le certificat d'admission, transcrit sur le registre officiel. On ne pourra donc pas soupçonner Ja pureté des sources ; attendu que le médecin qui l'a rédigé ne savait nullement le parti qu'on en aurait pu tirer. Dans un numéro précédent, la stur peur a persisté, malgré le i^etour de la menstruation. Dans l'Observation présente, après une corrélation constante entre les époques et les accès, les règles se sont régulièrement établies ; mais la Manie n'en a pas moins persisté : fait qui se reproduit encore assez souvent, et qui a été signalé par presque tous les aliénistes.

Sli4. — Manie.

(P. Beiithieb. Asile d'aliénées de Bourg, 1859.)

Chimelle, 42 ans, tempérament sanguin nerveux, constitution moyenne, entre à la Madeleine, le 9 octobre 1853, en état de Manie. Elle perd souvent en rouge, et abondamment ; examinée au spéculum, la matrice ne laisse constater qu'une légère tuméfaction du museau de tanche, qui est rouge et recouvert d'une viscosité gluante. Chaque fois que surviennent ces pertes, l'agi-

BERTOIER. ** névA0S£8. 14

talion renaît avec intensité, ainsi que le délire qui devient trèsbruyant et s'accompagne ^i'hallucinations.

Exemples :

2 janvier : pertes. Seigle ergoté. Agitation excessive. — 8 janvier : pertes, seigle ergoté, agitation excessive. — 16 janvier : pertes, seigle ergoté, agitation excessive. — 19 janvier : pertes, seigle ecgoté, agitation excessive. — 28 janvier : pertes, seigle ergoté, agitation excessive.

1®' février : pertes, seigle ergoté, agitation excessive. — 6 février : pertes, seigle ergoté, agitation excessive, injections au sulfate de fer. — 11 février : pertes, seigle ergoté, agitation excessive, injections au sulfate de fer. — 15 février : pertes, seigle ergoté, agitation excessive, injections au sulfate de fer. — 30 février : pertes, seigle ergoté, agitation excessive, injections au sulfate de fer.

16 avril : pertes, 1 gramme d'ergotine, agitation excessive.

7 mai : pertes, injections.

Juin : pertes (le spéculum ne fait rien découvrir).

Septembre : l'écoulement diminue pendant deux jours, puis reprend avec vigueur ; toute médication est suspendue.

Enfin, le 17 avril 1859, la malade, après avoir perdu pendant quelques jours, voit le sang s'arrêter ; surviennent de la fièvre, de la dyspnée; et malgré tous les remèdes, elle meurt d'apoplexie pulmonaire.

Quoique la Manie ne soit point en relation constante et directe avec la menstruation, on n'en voit pas moins l'effet des pertes sur l'aliénation qui, si elle n'est pas produite par celle-ci, en est une des conséquences. Y avait-il une prédisposition? La fin tragique de la malade porterait à le croire. On voit également la tendance fluxionnaire qui se produit fatalement sur l'utérus, et qui, cessant de se porter vers ce dernier organe^ se jette sur les voies respiratoires 4ît cause la mort;

MAiSIE. 211

fis. — Manie.

(P. Berthier. Asile d'aliénées de Bourg, 1864.)

Gelin, âgée de 27 ans, d'un tempérament sanguin, rit et parle seule, tient des propos décousus, même en travaillant, — excepté pendant sept ou huit jours, avant^ pendant, après l'époque menstruelle. Pendant ces temps, il y a de la mélancolie : la malade est muette, ne mange plus, cesse ses occupations, et aime à rester couchée.

Nous avons noté cette Observation, qui s'écarte un peu de la règle, pour montrer que les menstrues ne produisent pas toujours le même effet chez les aliénées. Contrairement à ce qui se voit, c'est la stupeur qui a suivi la menstruation. Probablement n'est-ce qu'un coUapsus, exigé par la nature pour réparer les forces, perdues pendant l'écoulement autant que pendant l'agitation.

tflO.-^Bfaiile.

[P, Berthier. Asile d'aliénées de Bourg, [18G4.)

Clarisse, âgée de 29 ans, est agitée, verbeuse, déchire ses vêtements, parle sans suite, durant quatre à cinq jours; — avant, pendant et après la menstruation. Tout le reste du mois, elle est calme, docile, raisonnable, pleine de bons procédés pour ses camarades.

Cet exemple est le plus commun.

Une des compagnes de la même malade, — en état de démence, il est vrai, ^^ n'est calme que pendant les huit jours qui précèdent la menstruation*

212 DES NÉVROSES MENSTRIELLES.

(P. Berthcer. Asile d'aliénées de Bourg, 1864.)

Suzanne a 26 ans, et est entrée trois fois à la Madeleine. Chaque fois, il y a eu aménorrhée complète. Il y avait quatre ans, qu'elle y était revenue pour la dernière fois, lorsque les règles reparurent... Aussitôt revint la raison. Suzanne, dès lors, quitts^ l'Établissement.

La seule objection qu'on puisse apporter à la lecture de cette Observation, est celle-ci : le retour de la menstruation était-il la conséquence de la cessation du délire, ou la cessation du délire était-elle la conséquence du retour de la menstruation? Sub judice lis est. En tout cas, cette triple coïncidence est un argument sans réplique en faveur de l'influence réciproque du cerveau et de l'utérus.

IK i 8. — JManie.

(P Bertiiier. Asile d'aliénées de Bourg, 1859.)

Louise, âgée de 29 ans, d'un tempérament nervoso-sanguin, d'une constitution débile, est atteinte de délire qui roule sur tous les sujets. Les règles durent huit à neuf jours abondamment : pendant cette époque, l'agitation est extrême, la malade se livre à des voies de fait, et brise parfois les meubles. Le reste du mois, il est impossible d'en rien faire.

Mai 1858 : règles accompagnées d'actes de violence, morsures.

Juin : crgotine le cinquième jour.

Juillet : règles sept jours, agitation du i^^ au 6, ergotine.

Août : règles cinq jours, agitation du 1" au 4, ergotine.

Septembre : règles six jours, agitation du i*' au 3, ergotine.

Octobre : règles de cinq à six jours, agitation du 7 au 10, ergotine.

Novembre : règles sept jours, agitation du 2 au 20, ergotine.

Décembre : règles abondantes deux jours, agitation le 4, ergotine.

Janvier 1859 : règles six jours, agitée du 4 au 6, ergotine.

Février 1859 : règles abon4antes quatre jours, agitée le 7, crgotine (recours à la camisole).

Mars : règles abondantes six jours, calme, ergot.

Avril : règles abondantes, agitée une nuit, castoréum.

Mai : règles abondantes six jours, une nuit d'agitation, castoréum.

Juin : règles abondantes quatre jours, calme, castoréum.

Juillet : règles quatre jours, suffisantes, agitation légère dans Ja nuit du dernier jour.

Août : règles ordinaires pendant quatre jours, calme.

Septembre : règles ordinaires pendant quatre jours, calme.

Depuis, la menstruation se passe sans orage, et la malade â'occupe, s'habille seule, suit tous les exercices de l'Établisse* ment.

Par cet exemple, on voit qu'il faut être persévérant dans les moyens employés, et ne pas se laisser décourager par les insuccès, quand le sujet est jeune. L'hémorrhagie était trop forte, il fallait arriver à la rendre moins abondante, et l'état mental est demeuré stationnaire tant que ce résultat n'a pas été obtenu.

tt9. — Manie.

(DocKWORTii. Journal of mental science. Octobre, 1864.)

Madame B..,, âgée de 37 ans, a déjà passé deux ans à l'Asile, pour Manie consécutive à l'aménorrhée. •

Retour des mêmes causes et accidents. Pétulance, loquacité, rires, excitations intermittentes. Sulfate de quinine : retour des menstrues, diminution graduelle des accidents, qui finissent de se dissiper pendant un voyage.

D'après le docteur Monteverdi, le sulfate de quinine serait un succédané du seigle ergoté, et aurait sur celui-ci de grands avantages. Il aurait de commun avec lui la rapidité d'action; mais celle-ci intermittente, comme la douleur

physiologique, est efficace dans le même espace de temps. {Presse médicale belge de 1873).

ttO.r- Manie.

(Tagdet. Opère citato,^ p. 37,)

La mort d'une amie avait très-sensiblement affecté une dame de 24 ans. A la lecture du testament, elle s'aperçoit qu'on l'a oubliée. Ses règles s'arrêtent brusquement, et elle est prise d'un accès de Manie. Une saignée abondante ne diminue en rien Fintensité des symptômes ; douches, injections morphinées ne réus^ sissent pas mieux.

Deux mois après, les règles reviennent, mais peu abondantes, etrirmélioration n'est qite légère. Trois mois après, la menstruation 6e fit normalement, et disparurent alors tous les accidents.

En présence d'une Observation de cette nature, toute remarque serait oiseuse. Le fait parle de lui-même,

tt t. — Manie.

(Bertqier. Clinique de Tasile d'aliénés d'Âuxerre, 1855.)

Une fille de 27 ans, d'un tempérament nervoso-sanguin, d'une constitution moyenne, donne à 15 ans les premiers signes de l'aliénation mentale : menstruation difficile, douloureuse, qui s'arrête au bout d'un an. Depuis, le caractère change, la jeune fille devient triste, rêveuse, molle, extravagante; elle fuit la société, "prend sa famille en grippe, et s'adonne à^ l'onanisme. Souvent, même, elle simule des tentatives de suicide.

Cet état dure douze années. Au mois de juillet 4854, Éléonore boit un litre d'eau-de-vie et est prise immédiatement d'un violent accès de délire. Ce ne fut que trois ans après qu'on la mit dans un Asile, où elle entra en traitement le 29 août suivant. Difficultés de fixer l'attention, air égaré, face rouge, pouls fréquent, constipation, mobilité.

1" septembre : violente attaque d'hystérie épileptiforme. 2 septembre : nouvelles attaques.

En octobre, lagitation s'apaise un peu, les attaques sont moins intenses. Il est survenu à la ^grande lèvre une tumeur phlegmoneuse.

En novembre, Tétat mental est meilleur, mais la malade maigrit, et les excrétions parfois deviennent involontaires.

Janvier 1855 : nouvel accès de Manie, convulsions, amaigrissement extrême.

Mar^: diminution des accès Maniaques et. hystériques; état physique meilleur ; bains de siège, aloès, armoise.

Avril : calme et tristesse, même traitement.

Mai : amélioration croissante ; même traitement.

Juin : voie de convalescence.

Novembre : les règles paraissent dans de bonnes conditions ; la malade se rétablit.

Cette Observation, citée dans la thèse de M. Ernest Rousseau, « De la folie à l'époque de la puberté, 1858, » ne prouve pas Tinfluence de la menstruation sur le cerveau, mais les corrélations permanentes entre l'utérus et le cerveau. Si, à 15 ans, Éléonore devient folle, c'est que la puberté ne peut évoluer, et, par conséquent, que les règles ne peuvent s'établir normalement; et si la puberté n'opère pas son évolution normale, c'est qu'elle est entravée par un état nerveux primordial, origine de tous les autres accidents. L'établissement du cours normal des règles a été le signal de la guérison, d'autant moins attendue que la maladie datait de treize ans. Signalons, en passant, ce nouvel exemple de déviation menstruelle sous forme de phlegmon.

2tt. — Mante choréiforme.

(Brierbe deBoismont. Annales méd, psychol. 1851, l. HT, p. 579.)

Va des faits les plus curieux que nous ayons observes des troubles de la motilitc sous la dépendance de la menstruation, est

celui d'une jeune fille de 15 ans, qui fut atteinte d'une affection choréiforme particulière. A chaque instant, elle exécutait des culbutes. On eut recours sans succès aux médications les plus diverses. La raison de cette jeune personne s'altéra ; elle répondait d'une manière bizarre, incohérente, ou gardait un silence complet. On fut obligé de l'enfermer dans une chambre, qu'on fit entièrement matelasser ; car on en compta jusqu'à 1800 par jour, et dans l'espace d'une heure elle en fit 120 devant nous.

Les bains la calmaient un peu ; mais elle ne fut débarrassée de cette bizarre maladie et de son désordre d'esprit, que lorsque les règles se furent établies régulièrement.

Cette Observation se passe de tout commentaire. On sait combien la choréeest suivie facilement de délire^ comme l'ont établi savamment Marcé et Thore dans les Annales médicO'psychologiques. Pourtant la folie choréique proprement dite est rare, et, quand elle existe, elle revêt le plus souvent la forme de l'imbécillité' ou de la démence. En revjanche, rien n'est plus commun que l'élément choréique associé aux folies secondaires, telles que la paralysie générale progressive.

Z%9. — Manie hystérique.

(MoRCAGxi. De sedibus et causis morb, 45" lettre, n» 21.)

Une fille publique, débauchée jeune encore, un peu grosse, adonnée au vin, eut un retard de quatre mois à la suite duquel survinrent des affections hystériques. Elle fut prise de Manie, et enfin de convulsions générales auxquelles elle succomba. La surface interne de la matrice, à son fond, était couverte d'un mucus sanguinolent, comme si les menstrues allaient avoir lieu ou avaient eu lieu' récemment : on y apercevait aussi des tubercules semblables à des verrues.

Cet exemple rappelle l'opinion de Buchan, qui prétend que la suppression des règles peut occasionner la frénésie, — et cet autre de Borrichius, d'une femme atteinte d'une fièvre pétéchiale qui, s'étant fait saigner au moment de ses règles, fut prise de délire, refusa tous les remèdes, et mourut à la fleur de l'âge. Puisque, ainsi que nous l'avons vu, la méningite et l'encéphalite ont pu suivre immédiatement la suppression des règles, la Manie hystérique peut bien plus facilement en être la conséquence. Reste à savoir s'il s'agissait bien d'une affection de cette nature, ou d'un délire fébrile méconnu.

t94. — Rfanle hystérique.

(PoMuE. TraUé des affec. vap,, 2" édition, p. 430 et suiv.}

Une demoiselle, âgée de i8 ans, fort mélancolique, d'un tempérament sanguin, fut tout à coup affectée, à l'approche de ses règles, d'un assoupissement léthargique. Aux périodes suivantes, saignée : l'assoupissement reparut avec beaucoup plus de force ; nouvelle saignée, puis nouvelle saignée. Le mal augmenta toujours, et à cet assoupissement périodique succéda enfin le délire hystérique qui augmenta à son tour, à foutes les périodes ; jusqu'au point que cette demoiselle, délaissée de son médecin, devint tout à fait Maniaque, cum fur or e et audaciâ, refusant toute boisson et toute sorte d'aliments. Je finis par être appelé, et prescrivis les bains prolongés de huit heures ; je fis prendre un peu de nourriture. Deux mois après, les règles parurent, et notre demoiselle se vit entièrement rétablie.

On voit que l'application des bains prolongés, dans la Manie, n'est pas chose nouvelle. Nous n'en devons pas moins reconnaître les services rendus par MM. Turck et Brierre, qui en ont vulgarisé l'usage. D'un autre côté, si, d'après l'aphorisme, le traitement prouve la nature de la maladie, on ne peut s'empêcher de reconnaître que cette hysté-

rie, attribuée à la pléthore, était entretenue par une anémie, que les saignées ne pouvaient qu'aggraver,

9t5. -^ manie hyatéviqae,

(Jos. Radwn, Traité des affections vap. du sexe, 1758, chap. XII, p. 197 1)

Un scrupule de conscience causa une suppression à une âUe de bonne maison, et dont la vertu répondait à la naissance. Cette suppression fut suivie de convulsions générales si violentes, qu'il fallait plusieurs personnes pour contenir la malade pendant ces attaques qui étaient fréquentes. Les intervalles étaient marqués par un délire continuel. Mademoiselle resta deux mois dans cet état. Les secours se rétablirent, elle guérit, se maria, eut plu^ sieurs enfants, et n'eut plus la moindre incommodité.

Évidemment, il y avait depuis longtemps une lutte secrète entre les instincts et les principes, et le scrupule de conscience n'a été que le prétexte fortuit dont la maladie s'est servie pour éclater. La nature des préoccupations habituelles de la malade, celle de son affection, la cure opérée par le retour delà menstruation..., tout désigne l'utérus comme le point de départ des accidents et leur principal agent,

1Qt6. — manie hystérique.

(Vandermonde. Journal de méd, et de chirurg, 1759, t. X, p. 408.)

Une femme, s'étant mise dans une furieuse colère à l'approche de ses règles, vit celles-ci supprimées. On lui fit, mais vainement, une foule de remèdes. Bientôt son esprit se dérangea : on la crut possédée, et on l'exorcisa à différentes reprises... Le trouble intellectuel s'accrut ; elle ne pouvait faire un signe de croix, un acte de dévotion, entrer dans une église sans avoir un hoquet, un étouffement très-inquiétant. Le traitement fut couronné du plus heureux succès ; les règles se rétablirent, et la malade retourna chez elle très-bien guérie.

Cet exemple, dont on retrouve l'analogue dans les Commentaires de Boërrhave par Van Swiéten, et qui est cité 3par Brierre, nous montre une corrélation manifeste entre la suppression et le délire. Nous pouvons rester dans le doute, toutefois (puisque rien de positif ne l'indique), si le traitement a été général ou local ; nous bornant à constater la coïncidence du retour des règles et de la raison.

f tV. — Manie hystérique.

(J. RàVLm. Op, citato, p. 198,)

Une fille vertueuse avait un amant. Il se fit moine ; elle en eut un grand chagrin, ses secours cessèrent...

Aussitôt elle tomba dans le délire, dans des spasmes, des mouvements convulsifs qui devinrent fréquents.

Dans ce cas, comme dans le précédent, une cause toute morale a suspendu le cours des règles. On est en droit de se demander si la Manie a été la conséquence de la suspension, et si elle fût survenue sans elle. Nous avons vu rarement, exceptionnellement, la folie éclater à la suite d'un chagrin ; quand l'impression d'un froid vif a amené ce résultat, nous n'avons pas eu l'idée d'accuser ce froid d'avoir produit la folie.

Rapprochement avec l'Observation 205, de M. Dauby.

tt8. — Manie hystérique.

(J. B. Barthbz. ConmltatioM de médecine, 1807, t. !•', p. 266.)

Une demoiselle de 23 ans, bien réglée et bien portante, entre, après une promenade qui Ta mise en sueur, dans une église fraîche où elle s'endort. Les règles, qui coulaient depuis le matin, se dérangent. Cette irrégularité s'accompagne de douleurs dans la région hypogastrique, d'oppression très-considérable, de crampes dans l'extrémité inférieure gauche qui se paralyse. Cha-

que mois, à la même époque, les mêmes symptômes se produisent. La malade, améliorée, cessa le traitement pendant deux mois, et fut reprise des accidents signalés, auxquels s'ajouta un vrai délire hystérique.

Rapprochons cette histoire de celle que Ph. Pinel rapporte, d'après un auteur anglais, pour prouver l'action de l'aménorrhée subite et accidentelle dans la production de la Manie et celle du froid sur l'aménorrhée (observation 184), et demandons s'il n'y a pas eu là un obstacle mécanique,

tf 9. ~ Manie hystérique.

(Buisson. Considérât, méd. sur deux cas de méd. prat. Thèse de Montpellier, 1810.)

Deux jeunes filles, l'une de 12 ans et l'autre de 13, s'imaginent avoir été ensorcelées par des pommes de terre qu'une vieiBe femme, à qui elles avaient refusé la charité, leur a données. Elles sont prises de vomissements, de convulsions, de fureur, perdent la parole, et se livrent à mille extravagances. Après un fort purgatif, administré vraisemblablement dans Tintention de débarrasser l'intestin des substances crues vénéneuses, le délire redouble violemment, les règles paraissent; et aussitôt le calme revient avec la lucidité. Elles restèrent très-bien guéries.

Foderé, qui cite le cas, le fait suivre des réflexions suivantes : « Il est posaible que ces pommes de terre aient renfermé un principe vénéneux ; mais quelle que soit la cause de cette névrose compliquée, la guérison doit être attribuée au concours de trois événements : l'arrivée du printemps, un accès de délire plus fort, l'apparition des menstrues. » Les saisons peuvent-elles être pour quelque chose dans la guérison d'une folie? C'est fort douteux. Un accès de délire violent peut-il servir de crise à un délire de même nature ? C'est peu probable. Reste l'apparition des menstrues, pour expliquer la terminaison heureuse de tous accidents.

S30. — Manie hystérique.

(Dejaèguére. Âni\ales médico-légales belges, 1843 )

Une fille de 55 ans, dont la mère était morte aliénée et dont plusieurs frères avaient été atteints de troubles intellectuels, ayant vu ses règles dérangées, fut prise d'accès hystériques avec conceptions délirantes. Elle resta pendant deux ans dans un état d'intelligence presque nulle, et incapable du moindre travail corporel ; des accès de rage frénétique interrompaient de temps en temps le calme le plus parfait.

Vers le commencement de la troisième année, elle offrit des signes d'altération organique du poumon, et à mesure que celte maladie faisait des progrès, les accès hystériques diminuaient d'intensité et l'intelligence devenait de plus en plus libre. Elle s'éteignit calme, tranquille et raisonnable.

Cette Observation, qui a été écrite dans le but de montrer Tinfluence des maladiess incidentes sur l'aliénation mentale, n'en porte pas moins ici un utile enseignement.

Evidemment, les troubles de l'utérus ont été le point de départ des troubles intellectuels, chez une fille toute préparée par l'hérédité. Mais, dans des circonstances organiques différentes , c'est-à-dire dégagées d'une maladie semblable, l'écoulement menstruel eût sans doute rétabli l'équilibre intellectuel ; car le poumon fluxionné a empêché toute déviation salutaire, et a fait ce qu'eût pu faire une fluxion utérine. Quand des actes physiologiques d'une certaine valeur s'exercent en même temps , le plus puissant atténue l'autre. C'est l'explication du célèbre aphorisme d'Hippocrate : Duobus laboribus simul aborlis , non in eodem loco^ vehementior obscurat alterum.

tSt. -— Manie hystérlqae.

(Marge. Gazette des hôpitaux, 11 novembre 1856, p. 526.]

Une dame de 26 ans offrait, après chaque accouchement, un délire bien caractérisé.

Neuf mois après le dernier, ayant souffert beaucoup de fatigues, et trois mois après le sevrage, à la suite d'une émotion vive, attaque d'hystérie. Quinze jours se passent, et les règles arrivent : excitation.

A la menstruation suivante, accès d'aliénation mentale qui se dissipe avec les règles. Pendant plusieurs mois, et malgré des toniques, retour périodique de l'aliénation constituée par de l'agitation, de la loquacité, des spasmes, de la violence dans les actes, du désordre dans les idées. On eut alors la pensée de pratiquer une saignée : dès lors les accès revinrent, quoique moindres, en même temps que les règles. Les mois suivants, le traitement fut continué ; chaque fois l'accès fut moindre, et la guérison s'acheva par la diète lactée, les évacuations sanguines ayant donné tout ce qu'on était en devoir d'attendre.

Cette Observation est intitulée : Manie hystérique^ suite de sevrage. Est-ce bien le sevrage qui a causé la folie? Celuici aurait pu agir de deux manières : en causant une réplétion, ou une métastase. Dans le premier cas, les déplétions sanguines étaient parfaitement indiquées ; dans le second cas, les attractifs révulsifs sont surtout de mise. Je me rappelle parfaitement que Rech guérit une Maniaque, en rappelant la sécrétion lactée au moyen d'un chien qui remplaçait son nourrisson, — et l'on sait l'importance, exagérée peut-être, que le public attribue aux purgatifs après la cessation de l'allaitement. Les Annales d'électricité et d'hydrologie médicales de ces dernières années renferment un cas très-intéressant de lypémanie causée par le sevrage, et guérie par le retour de la sécrétion lactée : le docteur Van Holsbeck l'avait obtenue au moyen de l'électricité appli-

quée sur les mamelles. Mais, ici, rien ne prouve que le sevrage doive être accusé. Le délire éclate après chaque accouchement, une émotion et les fatigues déterminent l'hystérie, et depuis, chaque menstruation produit le délire. Nous ne pouvons guère nous expliquer comment la guérison a pu résulter d'une thérapeutique, qui semble en contradiction avec la pratique et la scjence ; car il a dû y avoir anémie.

tSf . -^ Manie hystérlqae.

(Taguet. Opère citât., p. 24.)

Une institutrice de 29 ans, d'une constitution forte et pléthorique, éprouve des vapeurs depuis l'âge de 14 ans, à chaque époque menstruelle. Ces vapeurs se dissipent pendant une grossesse. Quatre mois après l'accouchement, première attaque d'hystérie avecconvulsions, qui se renouvelle et s'accompagne d'un vrai délire Maniaque. Elle a le don des langues, elle interprète la Bible, elle accuse les médecins de la faire souffrir, elle est agitée, turbulente, casse les vitres, etc.

Dans l'intervalle des époques, la jeune femme est calme, douce, aimable, affectueuse.

L'hystérie, née avec la nubilité, suit chaque période menstruelle; ici, la cause et l'effet restent attachés, et l'accouchement a opéré une diversion qui ajoute aux preuves des relations entre l'utérus et le cerveau. Le calme qui accompagne les intervalles met le sceau à la force de ces preuves. Notons, en terminant cette remarque, l'état pléthorique sous la dépendance duquel se trouvait la névrose ; parce qu'il devient de plus en plus rare, de nos jours.

1183. — Manie hystérique avec nymphomanie.

(Tagckt. Ibidem f p. 26.)

Mariée fort jeune à un instituteur qui n'a pas répondu à l'idéal de ses réves^ Cécile a eu, depuis la puberté jusqu'à 25 ans, des

crises hystériques, à chaque période menstruelle. A cette époque, jusqu'à l'âge de 36 ans, elle fut chaque mois prise d'accès d'agitation, d'excitations genésique^, commit des actes aussi erotiques qu'extravagants. Peu de temps après, elle devint enceinte ; la menstruation cessa en conséquence, et la raison se recouvra.

Notre confrère, ainsi que beaucoup de médecins, croient que la menstruation a une influence incontestable sur l'excitation vénérienne; et il cite à l'appui de son opinion celles de Tardieu et de Brierre. Jusque-là, nous sommes d'accord. Mais, où nous cessons de l'être, c'est lorsqu'il affirme que la menstruation produit très-souvent la nymphomanie. De l'excitation à la fureur utérine, il y a un abîme, et l'une ne conduit pas nécessairement à l'autre. En outre , il est urgent de combattre cette croyance vulgaire que l'hystérie s'accompagne presque fatalement de nymphomanie, et que ces deux maladies tendent à n'eu faire qu'une; et, en accordant une trop grande part a l'excitation genésique dans l'hystérie d'origine menstruelle, on fortifie une erreur dangereuse pour les cas de médecine légale. Laguérison a-t-elleeu lieu par suite de l'apaisement des organes génitaux, ou par la cessation d'une chlorose, source si fréquente de l'hystérie? Il faut, évidemment, adopter l'une ou l'autre de ces présomptions. Quant à la question du mariage, nous avons vu, en parlant de la nymphomanie, ce qu'en pensent certains auteurs, et la réserve dans laquelle nous nous sommes tenu. Voici l'opiniou de Dusourd, qui mérite d'être reproduite : « On pense, généralement, que le mariage fait cesser la chlorose. Cet effet a lieu quelquefois ; mais le plus souvent après, cette maladie augmente ou reste stationnaire. Sur soixante femmes mariées pendant qu'elles avaient la chlorose, sept ont guéri dans le cours de l'un des trois premiers mois qui ont suivi le mariage. Vingt-sept sont restées dans le même état, pendant au moins une année. Chez vingt-six, la chlorose a fait

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des progrès, dès le premier ou second mois. Parmi ces dernières, neuf étaient affectées de chlorose chronique, restée stationnaire depuis plusieurs années. Aussitôt après le mariage, ces maladies sont passées à l'état aigu, et se sont aggravées. » (0/)er^ citato, page 349).

tS4. — Manie hystérlforme.

[Nicolàu. Journal de médecine de Vandermonde, 1758, p. 114.)

Une fille vertueuse, âgée de 23 ans, d'un tempérament ardent, perdant beaucoup d'habitude, était sujette au mal de tête que soulageait le saignement par le nez, depuis que ses règles étaient dérangées. Ce saignement vint à manquer, et elle fut prise d'accidents nerveux qui ne tardèrent pas à se caractériser : par des accès de délire général, revenant tous les deux jours et s'accompagnant de spasmes, de contorsions, de soubresauts, de gêne dans la respiration, de douleurs dans toutes les parties du corps, — et par le resserrement des mâchoires, qui empêchait parfois la bouche de s'ouvrir pendant plusieurs jours de suite.

On entreprit un traitement qui fut mal exécuté, et traîna en longueur. Enfin on parvint à faire exécuter les prescriptions ; et, après bien des oscillations et des retours, le flux menstruel donna le signal d'une parfaite guérison.

Preuve éclatante des déviations menstruelles, que nous avons eu si souvent à constater. L'emploi des attractifs aux environs de l'utérus était formellement indiqué. Cette dérivation par le nez démontre que la suppression des règles était bien l'obstacle à la guérison, et que leur retour n'a pas été une crise éventuelle.

tS5. — Manie hystériforme.

(Girard. Considérât, physiolog,, etc. Observation 2.)

Une dévideuse, âgée de 12 ans, d'un tempérament nervososaoguin, éprouve des gastro-entéralgies, des oppressions, des

BERTHIER. — MÉVROSES. 15

crampes, la boule hystérique. La maladie progresse pendant deux ans, époque à laquelle on note les symptômes suivants : constipation, douleur à la pression abdominale, inégale distribution de la chaleur, fréquence du pouls, hypéresthésie générale. Entrée à l'Hôtel-Dieu de Lyon, le 10 février 1839 ; le 12, délire, hallucinations de la vue et de Todorat. Douleurs aux cuisses et aux lombes; forte saignée. Le 13, quelques gouttes d'un liquide rougeâtre séro-sanguinolent s'échappent de la vulve ; aussitôt amélioration : la contracture se dissipe, les symptômes diminuent progressivement d'intensité. Le 29, sortie par guérison.

Si l'hystérie a été regardée par la plupart des auteurs modernes^ comme une affection essentiellement nerveuse, et très-souvent indépendante de désordres utérins, très-souvent aussi les phénomènes hystériques prennent leur point de départ dans tous les organes générateurs, — comme le démontre avec justesse le livre de M. Girard, comme le prouve ce fait mieux que tout raisonnement, et comme le croyaient nos pères. Il n'a pas même fallu que la menstruation fût établie ; quelques gouttes d'un liquide rougeâtre ont été le signal de la guérison.

!S36. — Manie hystériforme.

(ViGLA. Gazette des hôpitaux, 1850, p. 432.)

Une jeune domestique de 19 ans, d'un tempérament lymphatique, éprouva en 1848, pendant l'époque de ses règles, une vive frayeur. — Les règles s'arrêtèrent brusquement, et, peu? dant une huitaine de jours, la raison fut égarée. Puis la malade ressentit une grande faiblesse dans les jambes, qui arriva au point qu'elle ne pouvait presque plus les mouvoir. — Une application de sangsues ramena le mouvement. Deux mois après la guérison, survinrent des crises hystériques qui finirent par déterminer une espèce de paralysie : cette dernière maladie fut combattue avantageusement et avec persévérance par le sulfate de strychnine, absorbé endermiquement.

Cette Observation montre que, si les attractifs dérivatifs, tels que les sangsues, réussissent à rappeler le cours des règles pour l'avantage de la santé, les émissions sanguines portent parfois préjudice au système entier, en jetant les sujets lymphatiques dans une sorte d'anémie qui provoque l'hystérie et la paralysie hystérique. Peut-être eût-il mieux valu employer les attractifs dérivatifs autres que les sangsues, et tenir compte, avant tout, du genre de tempérament.

tSy. — Manie éplleptlqne.

(Lalesque. Journal hebdomadaire, t. 4, p. 270.)

Une fille, d'une constitution assez forte, avait vu ses règles pour la première fois à Tâge de 13 ans. Cette évacuation se fit d'abord sans aucun trouble, et eut lieu régulièrement pendant quelques mois. Mais il survint bientôt du dérangement, sans cause appréciable. De régulier qu'il était, il devint irrégulier, peu abondant, susceptible de retard, puis de grande fréquence. Après une contrariété de la part de ses parents, un violent accès de colère éclata, et la malade fut prise de délire. On la mena à la Salpétrière. Elle avait 15 ans, et prenait subitement des convulsions avec perte de sentiment et de connaissance. A force de soins, les règles reprirent leur régularité, et depuis lors les symptômes énumérés disparurent insensiblement ; et elle sembla guérie.

Un an après, pendant une époque menstruelle, elle fut prise d'une Manie aiguë, et, quelques jours après, mourut strangulée involontairement sur son lit.

Je n'attache pas ici à la menstruation plus d'importance qu'elle ne mérite, et, d'après l'historique de la maladie, je crois même que les troubles menstruels ont été la consé-

quence d'une affection cérébrale évidemment de longue date. Mais tout montre les relations de l'utérus et du cerveau, jusqu'à l'accès de Manie survenu pendant l'écoulement : et j'ai pensé qu'il n'était pas inutile d'ajouter à notre liste cette Observation, dont la pathologie peut tirer le plus grand profit.

Quant au suicide, nous l'attribuons àl'épilepsie ; car, dans la Manie aiguë, les actes de cette nature ne se rencontrent jamais, tandis qu'ils sont fréquents dans le mal caduc, après les crises ou pendant les crises larvées. Nous ne nous chargerons pas d'expliquer les altérations cadavériques, à moins de supposer que les accès de délire ne fussent que des folies congestives, comme elles se présentent souvent dans la période initiale ou prodromique de la paralysie générale progressive.

t38. — manie paralyslfonne avec cécité.

(Vandermonde. Journal de médecine et de chirurgie, 1768, t. VHT, p. 350.)

Une jeune fille alla laver son linge pendant l'hiver. Elle mit les jambes à l'eau : ses menstrues se supprimèrent tout à coup ; ses membres se roidirent comme dans le tétanos, et elle perdit connaissance. Au bout de quarante jours de délire, elle revint à elle, mais elle ne voyait que de Toeil gauche : le bras droit fut paralysé pendant plusieurs mois. Quelques jours après, l'œil gauche se paralysa ; elle fut aveugle cinq jours. Une autre fois elle perdit la vue de l'œil droit, et resta cinq semaines aveugle. Elle avait des attaques très-fréquentes d'hystérie. Il y avait quatre ans que ses règles s'étaient supprimées, lorsque le docteur Maillot lui pratiqua une saignée, posa des vésicatoires aux jambes, administra quelques remèdes appropriés, et eut la satisfaction de voir reparaître les règles. A dater de ce temps, les règles

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