PARALYSIE GÉNÉRALE
immédiatement à notre domaine. Car, la menstruation n'a été qu'une cause incidente. C'est pourquoi je ne cite pas d'autres observations, plus ou moins semblables, — entre autres la 71* de Calmeil S où une femme de 35,ans, effrayée par un incendie et ayant été déjà aliénée, vit ses règles se supprimer et devint maniaque, puis paralytique, Yoici, cependant, la remarque d'OUivier d'Angers, qui a emprunté celle-ci pour son traité : « Il est évident, d'après les symptômes offerts par cette malade, que la moelle épinière n'était pas encore sensiblement affectée, malgré l'existence antérieure de l'altération des os, — lorsqu'elle est devenue le centre d'une congestion active, aussitôt après la suppression des règles, La liaison de ces deux phénomènes s'explique trop jis^turellement pqur que j'y insiste dayantage, » (^Maladies de fa moelle épinière, 1837, t, ¥% p, 456.)
$08, •— Pfiralynie générale,
[Oluvier d'Angees, Traité cité, t, H, p. 803.)
Une demoiselle de 19 ans, d'un tempérament sanguin, quoique bien réglée depuis longtemps, éprouvait un retard de trois jours, sans autres incommodités que celles qui annoncent la menstruation. Le l®^ avril 1816, après s'être occupée toute la journée à laver un appartement à l'eau froide, elle se met à table : tout à coup, elle se sent défaillir et tombe de sa chaise, ayant entièrement perdu la sensibilité et le mouvement d^ tgut le corps, à l'exception de la tête et du cou,
Le 2, une saignée rend la sensibilité du côtéphlébotomisé.
Une nouvelle saignée n'empêche point Tétat de s'aggraver, Dyspnée, ballonnement du ventre. Mort,
Si cet exemple n'est pas aussi concluant que les précédents, il n'est point douteux que l'eau froide a déterminé une répercussion, — surtout puisque les règles éprouvaient
* Traité des maladies inflammatoires du cerveau, 1859, 1. 1, p. 447.
i08 DES NÉVROSES MENSTRUELLES.
depuis quelques temps trois jours de retard. L'auteur — qui n'a pu faire l'autopsie — attribue le mal à ce retard, considérant que les congestions rachidiennes sont d'autant plus graves qu'elles résultent d'un trouble apporté dans une évacuation sanguine habituelle. J'ai conservé à cette observation son titre, quoique celui-ci soit très-contestable; mais le changement de nom ne changerait en rien les réflexions qu'elle suggère.
t09. — Paralysie générale.
(LcNiER. Annales médico-psychoL de 1849, t. !•% p. 30.)
Peu de temps après son dernier écoulement menstruel, Chigné, qui a 50 ans, commença à s'apercevoir d'une faiblesse notable dans les membres inférieurs, puis dans les membres supérieurs; depuis la même époque, elle eut une paralysie de la vessie et du rectum assez marquée. Quelques semaines après, elle ressentit des maux de tête, des étourdissements qui prirent le caractère épileptique. Plus tard, elle hésita en parlant, et fit des faux pas. la sensibilité générale était notablement affaiblie, la mémoire récente était diminuée. On l'amena à l'hôpital.
Vingt mois ensuite, la malade offrait les mêmes symptômes, mais plus accentués.
L'âge critique, ajoute l'auteur, est sans doute une des causes qui prédisposent le plus activement la femme aux affections cérébrales. Il est assez fréquent de voir la paralysie générale survenir, presque immédiatement après la disparition définitive de l'écoulement menstruel. A cet égard, les opinions diffèrent. Des médecins croient, au contraire, que la ménopause tarit une source de malaises et de maux réels, que les femmes sujettes aux congestions cérébrales se portent mieux après qu'avant celte époque. Quant à nous, nous partageons l'opinion de M.Xunier, en ce sens que nous pensons, — d'après ce qu'il nous a été donné de voir dans