Manie sans délire Terbal
(EsQDiROL. Maladies ment., t. II, p. 51.)
Une dame de 25 ans, d'un tempérament nervoso-sanguin, d'un caractère doux et enjoué, éprouve quelques contrariétés : elle devient irritable, acariâtre, négligente, sans ordre, malpropre, tient des propos inconsidérés, révèle certains secrets conjugaux, se fâche à la moindre observation.
Madame a des maux de tête, est constipée, ne dort pas; ses menstrues coulent mal et produisent de fortes coliques : elle présente des symptômes d'hystérie. On Tisole dans une maison de santé : dès que le premier effet de l'isolement a cessé, la malade reparait dans son état antérieur; elle met tout en désordre, se plaint de tout, n'est jamais contente, raconte mille calomnies, et sème partout la discorde... Lorsqu'elle se retrouve en société, elle se conduit sagement, et se disculpe avec une grande logique.
Lesbains tièdes prolongés, des laxatifs, et, peu avant les époques menstruelles, des bains de fauteuil, une infusion de camomille, quelques sangsues pour suppléer aux flux menstruels peu abondants, sont les remèdes administrés. Après trois mois de traitement, les menstrues coulent abondamment : le sommeil est meilleur, le calme renaît; et la guérison, aidée d'une répression sévère etrenouvelée^ arrive à la fin du sixième mois.
Nous venons de dire ce que pense Guislain de cette sorte de folie, qu'il a vue chez plusieurs jeunes filles. Elle est ôoniniune dans le monde ; on la prend pour de Vhumeur noire ^ ou un genre d'excentricité. Combien j'en ai connues qui ne pouvaient vivre en dehors des maisons de santé) sans risque de jeter le trouble sur leur passage 1 Celles qui en sont atteintes savent souvent se contenir, en présence du public; aussi, on le voit ici, l'isolement amène souvent une sédation temporaire.
itO. — IHaiiie sans délire Terbal.
(EsQumoL. Maladies mentales^ t. Il, p. 814.)
A l'âge de 14 ans, madame B. jouissait d'une très-bonne santé apparente ; elle avait de l'embonpoint, et tous les signes de la puberté très-prononcés. Mais elle n'était pas encore réglée : tous les mois, à chaque époque où elle aurait dû l'être, elle se plaignait de céphalalgie; elle était inquiète, irascible, sombre. Bientôtlaface s'injectait fortement ainsi que les yeux, tout était pour elle une contrariété, un motif d'irritation ; elle cherchait dispute à sa mère, l'injuriait, la menaçait, la maudissait, et se saisissant d'un couteau, se précipitait sur elle ou faisait des tentatives de suicide. Au plus haut période de l'accès, le sang s'échappait par la bouche, parle nez, quelquefois par les yeux : alors survenaient des pleurs, un tremblement général, des douleurs convulsives dans les membres, des regrets, suivis d'un long affaissement.
A l'âge de 16 ans, les accès de colère furent souvent remplacés par des convulsions hystériques, la maladie diminua progressivement, et ne cessa qu'à 17 ans, époque où les règles parurent, quoiqu'on très-petite quantité. Le mariage a fait disparaître tous les accidents nerveux.
Voilà une Observation remarquable à plusieurs titres. D'abord il y a coïncidence manifeste entre les accès de fureur maniaque et l'époque où les menstrues doivent paraître, jusqu'à ce que celles-ci aient paru ; puis coïncidence, également manifeste, entre l'apparition des règles et la cessation des accidents. Ensuite, nous voyons un exemple trèscurieux de ce qu'on a appelé la déviation des règles, et dont nous avons parlé dans nos prolégomènes (page 10).
itt. — iManie sans délire trerbal.
[Brierbe de BoisMONT. De la menstruation,^. 97.)
Michel est d'une constitution délicate, d'un tempérament lym* phatico-nerveux» Pendant plusieurs années, elle a été très-