Monomanle Innomée
(BoucHET. Études citées. Annales méd. psycholog. de 1844, t. IV, p. 542.)
Blanchineau, 33 ans. Suppression des règles, monomanie avec agitation, illusions, hallucinations, vertiges. Saignée de quatre palettes, tension, pesanteur des flancs ; et deux heures après, apparition de règles abondantes. Disparition de tout délire dans la journée même. Convalescence rapide.
Toute réflexion serait superflue après de pareils faits. Cette observation est la réponse la plus catégorique qu'on puisse offrir à ceux qui nient la folie consécutive à la seule aménorrhée. Quant à la nature du délire, elle nous est restée inconnue.
13 s* — Monomanle Inomée.
(G. BoucHET. P. 340.)
Tablier, 53 ans. Monomanie augmentée trois fois en trois époques différentes, sous Tinfluence d'une perte en rouge et blanc. Cette perte* paraissait être un dernier effort menstruel, et la maladie mentale s'accroissait à trois époques consécutives i^gulières. Quel était le genre de ce délire? Silence regrettable à cet égard.
[Jannet de Longrois. Conseils aux femmes de 40 ans, 1787. Gazelle de sanlé n» 45).
Une jeune demoiselle, sur le point d'épouser un officier, en fut tout à coup séparée pendant une guerre. Des marques de refroidissement, de la part de l'amant, plongèrent la jeune pcr^
BERTIIIEU. — NÉVROSES. 10
sonne dans la tristesse et bientôt dans une mélancolie profonde. A cet état se joignirent des symptômes de phthisie. La malade marchait au tombeau; on lui apprit le retour de son amant, qui pourrait s*unir à elle si elle recouvrait la santé... La joie rappelle ses forces, la tristesse se dissipe, les symptômes pulmonaires s'atténuent : dès que l'écoulement sexuel eut reparu, la santé se rétablit. Cette fille s'est mariée, est devenue mère, et s'est toujours bien portée.
La description de ce mal laisserait des doutes sur sa cause immédiate, si l'auteur n'avait eu soin de s'étendre longuement avant sur les dangers du refoulement des règles^ capable, selon lui, de déterminer l'apoplexie, la paralysie, la mélancolie. Sans doute, le chagrin, ici, a puissamment concouru; mais combien le chagrin frappe-t-il de femmes qu'il trouve invincibles ? Et le chagrin peut-il occasionner des symptômes de phthisie , d'une manière aussi rapide, lorsqu'il n'y a pas déviation sanguine ? La plupart des phthisies galopantes que j'ai vues comportaient cette disposition, qui se remarque surtout chez les religieuses, et les religieuses cloîtrées , dont les règles se suppriment toujours plus ou moins. Nous voyons, en outre, dans cette Observation, le pouvoir médicateur d'une émotion agréable, qui a relevé les forces et aidé à la guérison.
(W. C. Elus. Traité de l'aliénation mentale, Trad. d'Ârchambault, p. 122.)
Une jeune femme de 24 ans, très-estimée pour son caractère et sa conduite, devient apathique, triste, morose. Elle se plaint d'avoir perdu tout sentiment moral ; les objets les plus chers lui sont devenus indifférents, la religion n'a plus le pouvoir de la soutenir, tout est changé pour elle. Après quelques informations, j'appris que ses règles avaient disparu quelque temps avant le développement des symptômes précédemment indiqués. Les altérants, les cmraénagogues, les bains de siège furent employés
sans succès : une première application de sangsues aux grandes lèvres rétablit la santé ; les sécrétions reprirent leur cours naturel, et cette femme se porta parfaitement bien.
Le commentateur se demande si c'est bien là une folie sympathique. Dans la Monomanie, comme dans la Manie, dit-il, ne voit-on pas plus souvent la maladie mentale s'accompagner de constipation, de suppression des règles, etc., 1 et ces accidents disparaître avec le rétablissement de la S raison? Sans doute, et c'est même une des preuves de la 'r'' solidité de la cure que le retour à l'état normal des fonctions organiques troublées; c'est l'axiome mens sana in cor pore sano dans toute son application. Il y a même des sécrétions, des excrétions, des retours pathologiques qui servent de crise à l'aliénation, soit en imprimant à l'économie une secousse au milieu de laquelle se retrouve l'équilibre, soit en établissant une dérivation qui fait contrepoids à la fluxion cérébrale. Mais, lorsque l'aliénation survient après le trouble d'une fonction, sans qu'on puisse découvrir une autre cause, et que cette fonction se régularise en annonçant l'amélioration en dehors d'un traitement étranger à son rétablissement, on est en droit de supposer, d'admettre, de croire que le délire était lié au désordre organique primitif. Ârétée conseille d'agir localement dans la mélancolie causée par la rétention menstruelle. « Si a coercitis mulierum mensibus morbus crcatus est, irriiandi sunt loci. » {Morbor. chronic.y lib. I, Meiancholia) . On s'est bien trouvé, en ce cas, de suivre son conseil.
us DES NÉVROSES MENSTRUELLES.