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CHAPITRE VI. — MESURE DES QUANTITÉS

032. Que l'on ail, d'ailleurs, à indiquer une seule unité ou plusieurs, on j emploiera toujours les abréviations que nous avons fait connaître plus haut. Toutefois, il pourra se présenter des cas exceptiotinels (i21) où il conviendra de les modifier légèrement.

Supposons qu'une question nous offre en même temps des quantités de natures si différentes, que les abréviations se rapportant aux unités de deux d'entre elles se trouvent être les mêmes; que l'on ail. par exemple, à considérer à la fois des slères et des secondes de temps ; ou bien des minutes de temps et des mètres. Dans le premier cas, les stères et les secondes seraient représentés par la même lettre s; dans le second, les minutes et les mètres, par la même lettre m. Pour prévenir les confusions qui alors se pourraient produire, il suffirait d'avertir le lecteur qu'on ajoutera temporairement, dans chaque cas, une lettre à Tune ou à l'autre de ces abréviations; quon indiquera, par exemple, dans la notation des durées, la seconde par se ou se; la minute par mn ou mi.

033. Il est évident du reste que les deux cas que nous venons de considérer sont des cas tout à fait exceptionnels; et que, en dehors d'eux et de ceux qui leur ressemblent, nous pourrons toujours, comme nous le répétons à dessein, employer les abréviations que nous avons méthodiquement exposées (To) dans notre première Partie. Ces abréviations ne sont point de notre invention; elles forment un svstème régulier, simple, commode. On n'en pourrait dire autant de celles qu on a récemment proposé de leur substituer.

Erreurs courantes .

534. C'est une vérité d'observation que beaucoup de personnes, même instruites, ne se font pas une idée nette des superficies, ni des volumes exprimés à l'aide des unités métriques et de leurs sousmultiples. Pour ne parler que des aires, ne rencontre-t-on pas des prospectus de grands magasins où Ion parle de mouchoirs de poche de 2.5'^""'? Dans son remarquable Ouvrage sur les unités ('), M. Guiliaunie ne cite-t-il [jas un règlement de douanes, rèi;leinent

(') L'nités et étalons, i vol. in-12, Isatis, i8y3, p. 59 (noie).

officiel, OÙ il est question de vitres de So*^""!? Les rédacteurs de ces prospectus, comme ceux de ce règlement, ont sans doute voulu parler de deux carrés ajant le premier 25*^™ de côté, et le second 5o''". Il semble que beaucoup de personnes ignorent ce qu'est cette petite aire, grande à peu près comme une face d'un dé à jouer, qui constitue le centimètre carré. Dans une locution telle que 82 centimètres carrés, elles regardent le mot final carrés comme une sorte d'adverbe, qui s'ajouterait à la locution 32'"', la(|uelle représenterait simplement une longueur.

535. D'où peut provenir une pareille erreur? De deux causes au moins, le langage et l'écriture. Il semble que la locution centimètre carré, composée de deux mots, représente mal un objet unique; et que ^abréviation officielle cm- le représente encoie plus mal. L'exposant étant un signe d'opération, il est naturel qu'on lisant l'expression 32""', on soit conduit à la regarder comme l'équivalent de (32*^"')', et à se figurer qu'elle représente un carré de 32*^"' de côté. Encore cette dernière expression serait-elle incorrecte, puisqu'elle signifierait 32'^™ x 32*^'", et indiquerait une multiplication dont le multiplicateur serait un nombre concret! On ne saurait trop le redire, la locution mètre carré, en abrégé inij. doit être regardée comme un tout insécable; il est absolument mauvais d'en sé|)arer les deux parties en la représentant par m^. Il en est de même de la notation m'' employée pour représenter la locution mètre cube, en abrégé me.

536. Dans notre souci inconscient de la logique et de la régularité, nous ré|)ugnons à considérer un couple de mots, tel que centimètre carré, comme étant la représentation d'un objet unicpie. par exemple, une certaine petite surface. C'est le même souci (|ui nous fait attribuer un nom simple à certaines pièces de monnaies, qui nous fait dire un sou au lieu d'une pièce de 5 centimes, un louis au lieu d'une pièce de 20 francs.

Signes comparables.

537. C'est une règle générale que les signes de même nature, employés en même temps, doivent toujours être comparables, il

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