CHAPITRE VI. — MESURE DES QUANTITES
o4T. Il semble qu'on ait créé, pour chaque unité principale, trop de multiples et sous-multiples. Ils sont de dix en dix fois plus grands ou plus petits. Peut-être eût-il suffi cprils le fussent de cent en cent? Pour les monnaies, ne passons-nous j)as du franc au centime sans jamais prononcer le mot de décime qui possède cejiendant une existence officielle?
Peut-être même eût-il été prélérable de prendre les multiples et sous-multiples de mille en mille fois plus grands ou plus petits? Ce dernier mode eût été en parfait accord avec notre numération soit parlée, soit écrite. Il sest d'ailleurs introduit, pour ainsi dire spontanément, dans le commerce, l'industrie et la science. Les unités les plus emplovées v sont, en elYet : pour les longueurs, le micron, le millimètre, le mètre, le kilomètre; pour les volumes ou capacités, le microlitre, le millilitre, le litre, le kilolitre ou mètre cube; pour les poids, le niicrogramme, le milligramme, le gramme, le kilogramme, la tonne.
oi8. Nous nous formons, en général, une idée assez nette des nombres entiers inférieurs à mille, c'est-à-dire des nombres qui ne sont ni trop grands ni trop petits, des nombres modérés. Nous avons vu déjà comment on peut, à l'aide d'une multiplication par une puissance convenable de lo, ramener un nombre quelconque à nous présenter, dans l'écriture, une partie entière comprise, par exemple, entre i et looo. \ oilà un premier moyen de ramener tout aux nombres modérés. Un autre consiste à bien choisir Vunité de mesure. C'est la nécessité d'obtenir des nomh/-es modérés, comme résultiits des mesurages, qui domine toute la question du choix de r unité.
549. Plus l'unité employée esl petite, plus le nombre est grand et réciproquement. Une somme de loooo*^, par exemple, s'évalue en Angleterre, à l'aide de la livre sterling, par un nombre relativement petit; en Portugal, à l'aide du reis, par un nombre très grand. En France, quand nous |)arlons d'une fortune modeste, nous prenons volontiers comme unité le millier de francs; quand nous parlons d'une grande fortune, le million. Pour obtenir des nombres modérés, nous devons donc mesurer les quantités très petites à l'aide d'unités très petites; les quantités très grandes à l'aide
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d'unités très grandes. Nous devons, en quelque manière, proportionner la grandeur de l'unité à celle de la cjuanlilé. C'est ce que l'on fait presque toujours.
On emploie le milligramme pour peser les médicaments qu'on n'ordonne qu'à très petites doses et les substances très rares, telles (jue les sels de radium. — On emploie le micron pour mesurer les longueurs extrêmement petites, les longueurs d'onde, par exemple, de la lumière etde l'électricité.
On évalue en tonnes les chargements des wagons et des navires; — en milliers ou millions d'habitants les populations des diderenles contrées; — en milliers de kilomètres carrés les superficies des Etats de l'Europe; — en millions de kilomètres carrés, celles des parties du monde et celles des Océans. On évalue la distance de la Terre à la Lune ou au Soleil en ravons terrestres; — et celle de la Terre aux étoiles les plus voisines, à l'aide du grand axe de l'ellipse que décrit la Terre dans son mouvement autour du Soleil.