CHAPITRE IV. — NOMBRES INDÉTERMINÉS. 4l
On peut, crailleiiis, se servir de toutes les variétés d'un même alphabet et donner aux lettres choisies les dimensions et la vigueur qu'on préfère. On peut aussi incliner les lettres, les aflecter d'indices, les accentuer, les souligner, etc. On va jusqu'à les renverser.
Caractères simples et distincts.
109. En toute écriture, les lettres doivent être simples, nettes, faciles à tracer et à reconnaître. En Mathématiques, où la précision est indispensable, ces conditions évidemment doivent être toutes remplies. Elles le sont parfaitement par les lettres de l'alphabet latin; elles le sont aussi, bien qu'à nn degré moindre, par celles de 1 alphabet grec; elles ne le sont pour ainsi dire |)lus ])ar les minuscules, ni surtout parles majuscules, de l'alphabet allemand.
L'un des meilleurs moyens de rendre les caraclères simples et clairs, c'est d'en bannir tout ornement, tout élément parasite, tout trait dégingandé passant d'une ligne sur une autre. Peut-être même serait-il bon de supprimer les déliés et les pleins (20), et de donner à tous les traits droits ou courbes, qui composent les caractères, une largeur, une épaisseur constantes.
110. L'important, c'est rpie les lettres soient assez bien formées pour que l'on n'ait jamais, à les reconnaître, ni hésitation, ni peine. L'important surtout, c'est que deux lettres dillerentes, employées en même temps, ne puissent jamais être prises l'une pour l'autre. Cette règle est absolue; elle doit être appliquée rigoureusement : dans les sciences, pourrait-on dire, la meilleure écriture est celle où deux caractères différents ne risquent jamais d'être confondus.
Lettres que l'on confond.
111. En tout alphabet, les lettres imprimées, majuscules ou minuscules, sont bien supérieures aux lettres manuscrites : leurs formes sont immuables, et les différences qui les distinguent restent toujours ce que l'auteur de l'alphabet a voulu qu'elles fussent. Au contraire, soit négligence, soit maladresse de celui qui les trace, les
lettres maniiscriles ont des formes essentiellement rariables : leurs différences peuvent s'atténuer, même s'annihiler.
112. Dans les lettres im|)rimées de l'alphabet latin, comme dans celles de l'alphabet grec, ces différences sont toujours suflisantes. Les seules fautes d'impression imputables à l'alphabet sont celles qui résultent de ce que certaines lettres latines n et //. b et q, cl et p s'échangent entre elles lorsqu'on les retourne, comme- le faisaient déjà les chiffres 6 et 9.
1 13. Il s'en faut de beaucoup que ces qualités des lettres imprimées se retrouvent dans les lettres manuscrites. C'est donc en écrivant soit à la craie, soit à la plume, qu'il faut se garder, avec le plus grand soin, de faire naître entre les lettres des ressemblances trop grandes et par suite des confusions. De pareilles fautes se commettent à chaque instant.
Dans l'alplial)et grec, on confond ainsi, en écrivant, la lettre v soit avec la lettre j, soit avec la lettre-'. Dans lalphabet latin, on confond de même : parmi les majuscules, E et F; C et G; O et Q; U et V; parmi le^ minuscules, cete; /i et k\ m et w\ /'et ; ; ^, h elp'^ g, y, p et j^ ; n, ?/, v et x.
Quelques personnes ont imagine de barrer chacune des lettres z et X d'un petit trait horizontal, afin que ces lettres ne puissent être confondues avec d'autres. C'est ce qu'on faisait déjà pour le chiffre 7.
Menus détails.
114. Dans l'impression, non j)lus (jue dans l'écriture, il ne faut jamais rien oublier de ce qui peut aider à distinguer, à caractériser les lettres. En j)articulier, il ne faut jamais omettre ni les barres des /, ni les points des i et des /.
1 lo. Les circonstances se rapportant à la hauteur, soit des lettres imprimées, soit des lettres manuscrites, doivent toujours, pour la même raison, être parfaitement indiquées. A la vérité, dans les alphabets grec et latin, les majuscules ont toutes la même hauteur; mais, heureusement pour la clarté, il n'en est point de même des