‹ Des notations mathématiques; énumération, choix et usageChapitre 42 sur 280 · CHAPITRE VI. — SIGNES DE COORDINATION · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — SIGNES DE COORDINATION

209. On connaît ce trait courbe, plus ou moins allongé, que les musiciens nomment cow/e et qu'ils placent au-dessus ou au-dessous de certains groupes de notes : c'est pour eux un signe de groupement. En Malliéniatiques, où on l'emploie assez souvent, c'est un signe de correspondance, une sorte d'accolade.

Supposons, |)ar exemple, que des {juantités, étant écrites sur une ligne, on en \euille indiquer le nombre. Au-dessus d'elles, on placera ce trait courbe; et au-dessus de ce trait, en son milieu, on marquera ce nombre, de cette sorte :

abc . . . j k l

Supposons encore qu'une variable x croissant de rt à 6 puis de b à c. une variable différente j'. qui dépend de x et qui s'annule lorsque x égale b, gardent le signe -h dans le premier de ces deux intervalles et le signe — dans le second; on résumera ces faits par celte sorte de Tableau

Ce trait courbe, on le voit, se place tantôt au-dessus, tantôt audessous du groupe ou de l'intervalle; il le comprend dans sa concavité, et il tourne sa convexité du côté de l'objet unique qu'il lui fait correspondre.

210. D'ailleurs, si Tobjel et le gioupe d'objets qui se correspondent étaient un peu éloignés liin de l'autre, on tracerait une ligne ponctuée allant de l'objet unique à la pointe de l'accolade ou au milieu du trait couibe qui enserre le groupe.

Si deux groupes quelconcpies d'objets se correspondaient, on les mettrait chacun dans une accolade, et Ton |)l?cerait ces deux accolades dos à dos, de façon que leurs pointes fussent en face l'une de l'autre. On pourrait évidemment remplacer les accolades par des traits courbes. Dans le cas où les deux groupes seraient un peu éloignés, on joindrait encore par une ligne ponctuée les pointes des accolades ou les milieux des traits.

211. Il est à remarquer que, présentement, on remplace souvent

76 PREMIÈRE PARTIE. — ÉNLMÉRATION.

pai' de simples Iraits droits les traits courbes dont nous venons de parler et même les accolades. Cet emploi du trait droit n'est pas toujours heureux.

Résumé.

212. Les signes de coordination servent encore à mettre en évidence, sur le papier comme sur le tableau noir, des modes de distribution, des classifications, des partages. Peut-être pourrait-on dire qu'ils servent surtout, et dans tous les cas, à la bonne disposition, à la bonne ordonnance des calculs.

Si l'on tire un trait, en eflet, sous les données d'un calcul, c'est pour leur faire une place à part. Si l'on partage la surface où l'on écrit en plusieurs cases ou compartiments, c'est pour séparer les unes des autres les portions ou, comme nous l'avons dit, les phases successives du calcul. Si l'on encadre les résultats, c'est pour les bien mettre en évidence, en relief.

On sait toute l'importance du rôle que jouent, dans l'écriture ordinaire, les signes de ponctuation; la division en alinéas, en chapitres, en livres. Dans l'écriture des Mathématiques, les signes de coordination jouent un rôle analogue, plus important encore. Ce n'est qu'en les employant constamment qu'on peut rendre les calcals clairs ; qu'on peut y introduire V ordre, et Vy montrer.

Page 1