‹ Des Obligations Littérales en Droit RomainChapitre 5 sur 77 · TUE · texte numérisé non relu

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Mais on peut aussi invoquer le Codex d’une personne non intéressée au procès pour faire la preuve de faits avancés par l’une des parties. Ainsi Cicéron, dans sa secoude action contre Verrès (I, $ 57), invoque les registres d’uncertain Rabonius, etdans son plaidoyer pour Roscius (I) il demande la communication des registres de P. Saturius.

DesAdversaria. — En même temps que du Codex, le père de famille se servait aussi des Adversaria: c'était une espèce d’agenda, une sorte d’aide-mémoire dans lequel on notait les opérations de chaque jour. A la fin du mois on reportait sur le Codex les notes prises sur les Adversaria ; il paraît même que c'était une règle, ou du moins, une habitude générale. Et Cicéron fait des reproches à Fannius Cherea de ce qu’il est resté longtemps sans reporter sur son Codex les dépenses inscrites sur ses Adversaria (1). Mais une fois le mois passé, les Adversaria étaient habituellement détruits. D'ailleurs leur valeurau point de vue de la preuve juridique, était à peu près nulle : aussi Cicéron s’écrie-t-ilen voyant Fanniusinvoquer ses notes journalières : « Suarum prescriptlionum et lituraruin adversaria proferre non amentiæ est ?(2)» Puis plus loin, il nous donne la raison de cette différence entre le Codex et les Adversaria : « Quia, dit-il, 4æc sunt menstruæ, illæ surt æœterne ; h@c delentur slatim, illæ servantur sanctæ, hœc paroi lemporis memoriam, ilæ perpeluæ existimalionis fidem el religionem amplectuntur ; lec sunt dejecta, illæ in ordinem confectæ ; itaque adversaria in judicium protulit nemo, codices protulit, tabulas recilavit. »

Calendarium, — Outre les adoversaria et le codex, les Romains avaient encore le Calendarium. C'était un livre dont se servaient les Argentarii; c'était un tableau mentionnant le jour de rentrée des capitaux ou de payement des intérêts. Son nom vient de ce que à

(1) Pro Roscio, S III.

(2) id, SIL.

Ml

Rome l'usage était de fixer ce payement aux calendes de chaque mois.

Quelquefois le mot sa/endarium est employé dans un autre sens: il signifie l’ensemble des créances qui y sont constatées; c’est ainsi qu'il est employé dans les lois 34, $ 1 et 64. D. liv. XX XII, 1. 6 et 27, $ 3. D. liv. RS TIDUE 71037.) 1v. 99 utit.90 Comme registre domestique. il se distinguait des adversaria parcequ'il faisait preuve en justice, (L. 88 pr. D, liv. XXXI)et du codez parce qu'il ne pouvait donner naissance au contrat /ifferis, n'étant qu'un simple instrument probatoire.

Le Codexétait donclelivre principal dont seservaient les Romains. Aussi est-il le seul que nous ayons à prendreen considération dans nos explications sur le contrat /éféeris.

Ces livres domestiques ont disparu peu à peu; et sous Justinien, à part le Calendarium àont il est question au Digeste, ils ont cessé d’être employés par les Romains. En usage au temps des guerres puniques d’après le témoignage de Tite-Live (1), ils sont tombés en désuétude au moment où vivait Ascouius Pédianus, le commentateurdes Verrines. D’après certains, Asconius aurait vécu à l’époque de Virgile, mais aujourd’hui on admet généralement que les commentaires des Verrines sont d’une époque postérieure.

Si l’on demande à quelles causes on doit attribuer cet abandon d’une coutune si romaine, deux réponses sont données. L’une par Asconius (2), qui rapporte que dans les procès criminels on interrogeait le Codex de l'accusé pour y trouver contre lui des preuves fournies par lui-même. Mais ce serait supposer que les honnêtes gens étaient devenus l'exception a Rome.—M. Accarias propose une autre explication qui parait plus logique. « Etant donné, dit-il, (3) deux ou plusieurs personnes

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