DENIS
son étendue jusqu'au point diamétralement opposé à celui de la pénétration. Ceci fait, on insinue la pointe de l'instrument dans le tissu de l’angle iridien, et on lui fait exécuter un léger mouvement de rotation autour de son axe, de telle sorte que le tranchant soit dirigé contre la sclérotique. « Puis, en retirant l'instrument, on incise le tissu de l’angle iridien dans toute son étendue comprise entre le point d'entrée ei celui de la contre-ponction, en épargnant toutefois un petit segment au voisinage du point de pénétration, afin de pouvoir retirer l'instrument plus facilement etempêcher, par un élargissement de la plaie, l'écoulement au dehors de l'humeur aqueuse ».
Opération de De Wecker (Sclérotomie interne). — De Wecker a apporté une modification au procédé de De Vincentiis.
Il exécute ainsi sa sclérotomie interne :
€ On pénètre à un bon millimètre du bord transparent de la. cornée, de facon que le dos du couteau soit dirigé exactement dans le sens du diamètre horizontal. Arrivé au point de contreponction, la pointe du couteau ayant disparu sous le bord opposé de la cornée, on incise les arcades du ligament pecliné, en faisant exécuter à la pointe du couteau, au moment du retrait de l'instrument, un mouvement d'évolution en demi-cercle. La pression sera proportionnée à la résistance que l'on suppose devoir rencontrer de la part de la sclérotique ; tandis qu’elle peut être assez accentuée chez des vieillards, elle devra être, au coniraire, d'autant plus modérée qu’il s agit de très jeunes ue afin d'éviter des hémorragies abondantes. Fe
Pour faire cette sclérotomie interne, De Wecker a conservé le fin couteau de De Grœæfe.
Valude se sert de l'aiguille de De Vincentiis en changeant la courbure pour la rendre plus maniable, D' après Valude, avec
1 De Wecker; Annales d'oculistique, 1895, tom, CXIV, pag. 95,
Le
la courbure de l'instrument italien, convexe en avant du côté du tranchant, l'exécution de l'incision est difficile à accomplir sans reprise ; avec la courbure concave en avant, l'instrument est mieux en main et l'incision s'exécute d’un seul coup et rapidement.
Quant au couteau de De Græfe, il rend les mêmes services que les aiguilles spéciales, mais seulement dans des mains bien exercées . | À
Eù 1882, Grossmann ‘ avait conseillé : Une opération pour la réouverture de l'angle iridien obstrué dans le glaucome
Avec une aiguille à paracentèse à arrêt, il ponctionne la cornée au milieu d’une ligne qui va du bord libre de l'iris au limbe cornéen, c’est-à-dire à ? millim. de ce dernier ; cette paracentèse se fait dans le secteur cornéen correspondant au point où
doit se faire la réouverture de l’angle. Après la sortie de l’hu-
meur aqueuse, Grossmann passe à travers la plaie cornéenne une sonde en argent, dont l’extrémité est renflée et conformée à la facon d’un crochet de boutons. Grossmann dirige la convexité du crochet vers la région ciliaire, et la pousse doucement entre la cornée et l'iris, dans la plus grande étendue possible, de façon
à pousser en arrière vers le cristallin la périphérie de l'iris.
Cette manœuvre est répétée plusieurs fois dans un même secteur, puis la même chose se fait dans un secteur voisin et ainsi de suite.
Sur trois cas opérés par l’auteur, un seul paraît avoir donné des résultats satisfaisants.
Donc, en 1882, Grossmann avait déjà tenté un premier essai de débridement de l’angle iridien.
Néanmoins, si cette opération est pleinement entrée en thérapeutique oculaire, le mérite en revient tout entier à De Vincentiis et personne ne lui contestera cette priorité.
! Grossmann ; The Ophtalmic Review, vol. I, octobre 1882, pag. 333. Annales d'oculistique, 1883, tom. LXXXIX, pag. 172.