CHAPITRE III
Ponction de la chambre antérieure. — Section du muscle ciliaire ou cyclotomie.— Sections et ligatures artérielles. — Élongation ou arrachement du nerf nasal externe. — Section du sympathique cervical, sympathectomie ou sympathicotomie. — Drainage oculaire.
Ponction de la chambre antérieure. — C'est là une très vieille
opération que Desmarres employait fréquemment, quoique la
‘ jugeant inférieure à la ponction équatoriale.
D'une exécution des plus simples, elle n’est indiquée que dans un cas pressé pour diminuer momentanément une tension exagérée, mais elle est incapable de donner des résultats durables, La cicatrisation est trop rapide.
Aussi Sperino, de Turin, a-t-il conseillé des paracenthèses répétées, si l’on veut aboutir à quelques résultats.
Cyclotomie ow section du muscle ciliaire.— Hancock", croyant que le glaucome était la conséquence de la contraction du muscle ciliaire, conseilla contre cette affection l’incision de ce muscle.
Voici comment il décrivait son opération :
«J'introduis un couteau à cataracte à la partie inférieure et externe du bord de la cornée, à l’union de cette membrane avec
1 Hancock ; The Lancet, 25 février 1860.
NOT eS la sclérotique ; la pointe du couteau est poussée d’avant en arrière et de haut en bas, jusqu’à ce que les fibres de la sclérotique soient divisées obliquement dans une étendue d'environ un huitième de pouce. On divise ainsi le muscle ciliaire et le sang s'écoule le long de la lame du couteau.»
D'après l’auteur, voici quels devaient être les avantages de la cyclotomie,
1° Elle ne présente pas les inconvénients de l’iridectomie (dif. formité, impossibilité de l'adaptation à la vision des objets rapprochés).
?° Elle supprime la douleur en diminuant la tension et la compression que subissaient les nerfs par la contraction exagérée du muscle ciliaire.
3° Par l'émission sanguine, elle facilite la circulation dans les vaisseaux choroïdiens.
4° Le siège et. la direction oblique de l’incision assurent l'écoulement du sang au dehors.
5° N’expose pas la blessure du cristallin.
C'est dans le glaucome aigu que Hancock la conseillait surtout.
Cette opération est actuellement abandonnée.
Notons que l'opération de Hancock à été répétée par Blum stead”", Vose Solomon?, Serres * (d’Alais). — D’autres auteurs, Knapp ‘, Rosebrugh*, Ricci *, ont à leur tour discuté cette inter vention.
À la même époque, Heiberg (de Christiania’) se vantait de pou-
! Blumstead ; Ann, med. Times, 14 avril 1861. ? Vose Salomon ; Med, Times and Gazette, janvier, février, mars 1861, Med. Times and Gaz., janvier 1862, British. med, journ., janvier Septembre, 1864. * Serres ; Bul, de thérap., 30 novembre, — Gaz. des hôp., n° 31, 1864. 4 Knapp; Heïdelb., Verhandi., tom. III, pag. 155, 1864. * Rosebrugh ; Ann. med. Times, juillet 1864.
6 Ricci ; Dub. med. journ., février, pag. 62, * Heïberg ; Lettre du professeur Heïberg ; Traité d'opht, de Wecker et Landoit, 1886, tom Il, pag. 697,
EE 571 Le voir sectionner les fibres circulaires sans les fibres radièes du
muscle ciliaire, en donnant, dans chaque cas, une direction parti
culière à son aiguille. Il exécutait la première opération, dans le traitement de la myopie, la deuxième pour combattre le glaucome et l’hydropisie de l'œil.
Sections artérielles. Ligatures artérielles. — L'idée des émissions sanguines n’est pas récente. Les anciens auteurs préconisaient, contre les douleurs orbitaires, l'ouverture des veines du front et des tempes, et même celle des «angles des yeux ».
A.-C.Heyl (de Philadelphie ‘) a recommandé ces sections artérielles dans les cas non guéris, ni par l’iridectomie, ni par la sclérotomie.
Voici comment il procède: Il lie l'artère frontale, puis il ouvre l'artère sous-orbitaire, qu’il lie quand une certaine quantité de sang s’est écoulée.
Sous *, dans quelques cas (glaucome hémorragique), a, paraitil, obtenu de bons résultats, en faisant sur la queue du sourcil une incision parallèle au rebord orbitaire, d’une étendue d'un demi-centim. On laisse écouler environ une cuillerée à café de sang et l’on suture.
Dans un journal de la Californie a paru, ii y a quelques années, un article dans lequel l’auteur recommandait, pour guérir le glaucome, de lier la carotide(!).
C’est pousser un peu trop loin l’audace chirurgicale.
Elongation ow arrachement du nerf nasal exierne. — L’opération que Badal* proposa en 1882 était originale par son manuel opératoire et surtout par l’idée directrice. Elle s’appuyait en effet sur un point nouveau : l'influence du système nerveux sur la production du glaucome.
1 A. C. Heyl; Transact., of the Americ. Ophtalm. soc., 1883, 2 Sous ; Soc. de méd. et de Chir. de Bordeaux, avril1893, . 3 Badal ; Ann. d'ocul,, 1882, tom. LXXX VIIL pag. 89.