A PEER
Pour établir ce drainage, De Wecker se servait d'un fil d’or passé à travers la sclérotique, aussi près que possible de l’équateur de l’œil, de facon à constituer une anse dont les bouts réunis sont, avec quelques précautions, abandonnés sur le globe oculaire.
Cette opération n’a pas eu grand succès, et l’auteur lui-même l’a complètement abandonnée, car l'œil ne supporte pas très bien un corps étranger.
Trois fois, sur dix observations rapportées par Mme Ribard', et par Grizon ?, il fallut enlever l’anse à cause des accidents d’inflammation intra-oculaire qu'elle déterminait.
Paracentèses répétées avec fistule permanente. — Chibret5 a essayé de diminuer la tension « en faisant une plaie cornéenne et en metlant cette plaie dans l'impossibilité de se réunir, par un procédé tel que l'ouverture quotidienne de la plaie ».
Pour cela, il fait dans les lames de la cornée une incision de 7”, et à ? ou 3°° du limbe cornéen externe, avec le couteau à arrêt de De Wecker.
Traitement du glaucome par la Création d'une fistule conjonctivale. Motais (d'Angers)* a employé le procédé suivant dans les cas où «une attaque de glaucome grave survient après une atrophie préalable de l'iris qui rend l’iridectomie impossible ».
« Le globe oculaire étant attiré en bas et en dedans avec une pince, ou la pique de Pamard appliquée au-dessus de la cornée, j'enfonce dans l'intervalle des tendons des muscles droits supérieurs et externes un couteau de De Graefe, à 4 ou 5" en arrière de l'équateur de l'œil, à travers les membranes oculaires , Jusque
1 Mme Ribard ; Thèse, Paris, 1876, no 413.
2 Grizon ; Thèse, Paris, 1877, n° 9.
* Chibret ; Soc, fr. d’opht., février 1883,
* Motais ; Congrès d'opht. de Paris, 1887,
NES dans le vitré. Je pratique une incision de 6 à 8%" d’arrière en avant ».
«Une certaine quantité d'humeur vitrée s'écoule ; j’enlève la pince ou la pique. Le parallélisme entre la plaie conjonctivale et la plaie scléroticale cesse lorsque la conjonctive n’est plus tiraillée. La plaie devient donc sous-conjonctivale. Dans le cas où la tension du globe est très élevée, les bords de la plaie demeurent écartés et ne se réunissent pas ».
D'après Motais, ce qui différencierait ce procédé des autres ophtalmotomies postérieures, ce serait la formation d’une fistule sous -conjonctivale .
À la même séance de ce Congrès, De Wecker' proposa la dénomination plus exacte, dit-il, de Jistule sclérale pour remplacer celle de /istule sous-conjonctivale, donnée par Motais.
Drainage oculaire de Pflüger. — Au Congrès d’'Edimbourg (189%), Pflüger * (de Berne) proposa un drainage de l'œil réalisé au moyen d’un morceau de gutta-percha, découpé en forme de croix, dont une branche courbe serait introduite dans la chambre antérieure après paracentèse, les autres branches de ce drain étaient engagées et fixées sous la conjonetive.
Drainage oculaire de Walker. — Walker” dissèque un petit lambeau de conjonctive (3 millim. sur 6 environ) jusqu'au bord de la cornée environ, et introduit à sa base, dans la chambre antérieure, un fin couteau. Dans cette ouverture ainsi praliquée, on applique le lambeau conjonctival.
La surface épithéliale de la conjonctive étant en rapport avec les parties profondes de la cornée ou du limbe scléro-cornéen, la fusion des tissus ne peut se produire en ce point. D'où une fistule permanente.
Tous ces procédés de drainage sont peu employés et n’ontguère qu'un intérêt historique ; aussi nous n'insisterons pas davantage.
1 De Wecker ; Congrès d'opht, de Paris, 1887.
2 Pflüger ; Archiv. d'opht. de Palerme, 1894. 3 Walker ; Congrès d’'Edimbourg, 1894.